Jusqu'à la fin

Jusqu'à la fin
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dimanche 24 décembre 2017

Mentalist Cœurs Vif - Chapitre 22


Tandis que tous dansaient avant que la soirée ne se termine, la sensation de la cool attitude s'émoussa rapidement. Le regard de mister Jane se figea dans le néant après quelques secondes, le gobelet tenu encore dans la main. En fin de compte, le détachement qui avait préservé le confort de l'esprit de Patrick Zuko, celui-ci s'est très très vite dissous, évincé par une légère contrariété, le laissant pensif.

Toujours une emmerdeuse pour perturber! La soirée s'acheva un peu plus tard, les parents attendant à l'extérieur dans leur voiture. A part deux danses avec Tamzin partagées, Danny resta isolé, son balai qui allait l'attendre demain matin afin de remplir sa part du nettoyage, n'étant seul.

La directrice, Kristina Frye et deux autres professeurs dont monsieur Jane, feraient également partie du service du grand ménage, plus raisonnable de procéder au rangement le dimanche. Privé de grasse matinée pour l'ado, Summer enviait juste pour se retrouver seulement en la présence du joli enseignant.

Pour nettoyer …. Qui envirait cette corvée?

Michelle pourquoi pas, mais non pour jouer à son tour les cendrillon évidemment. Un jeune prof de 25 ans, très mignon, ça va s'en dire, reçoit bien souvent, immédiatement, l'attention de groupies, même si ça ne dure qu'un temps. Reluquer parfois sans posséder un esprit tordu, fait partie là, des loisirs des adolescentes. Concernant Dannyllon, il s'en serait bien passé de nouveau. Allez, ooops! Au balai!

En sortant tous du gymnase, l'air étant un peu frisquet, naturellement, Kimball, sa veste récupérée, la pose sur les épaules de Teresa par un geste attentionné, tendre, n'échappant à cet instant à l'œil de papa Lisbon qui a tourné la tête au mauvais moment pour son unique fille. Cette galanterie masculine pourtant décente, déplaît quant à elle. Heureusement qu'il n'a pas assisté au slow de la soirée au risque de faire valser plus loin. La demoiselle étant occupée, ne pouvant remarquer le mécontentement, la plus grande contrariété qui anime son père subitement, ne se doute de ce qu'il l'attend.

A son tour, il a deviné sur le tard, hélas. Et plus de doute lorsque le plus du tout présumé petit copain enroule son bras autour de sa fille. Différence ethnique qui gêne? Non. Parce que c'est un garçon. Et quand on sort avec un garçon, automatiquement on ne voit pas que le flirt. Sortir avec quelqu'un ne peut pas être platonique. Sinon personne ne serait en couple. Ça arrangerait bien le père de Teresa. Quant aux frères de l'ado, ils sont encore plongés dans le jeu du gameboy. A leur âge, les garçons s'en moquent.

-Merci. Mais tu vas avoir froid.

-Non, ça va aller.

Le jeune homme lui répond avec douceur, posément, un petit sourire étiré, ayant plaisir à se montrer prévenant dû également à l'esprit en fête. Le comportement des deux tourtereaux est éloquent aux yeux de monsieur Lisbon. Sa main resserre le gilet noir de sa fille, celui-ci laissé sur le siège passager, ayant jugé précédemment que ça gâcherait en le portant, avant de descendre lors de son arrivée. Le gymnase s'est vite réchauffé de toute façon par l'activité dansante. Vraiment pas content le papa!

Le groupe d'amis en vient ensuite à s'exclamer de bonheur vis-à-vis de la soirée, surtout les filles, Tamzin faisant preuve de davantage de modération. Il se pourrait bien que Danny soit difficile à être relégué dans un classeur sur lequel serait inscrit; Histoire Ancienne. Le virus de la contrariété est venu toquer chez certains en forçant l'entrée qui lui était interdite. Les adjectifs comme; Génial, super bien, extra(ordinaire), sont récurrents pour définir cette immersion dans ce retour dans le temps. 

Ce qui ne leur a pas échappé, sont les danses partagées entre Patrick Jane et le proviseur, trouvant bizarre, amusés vu le caractère dissocié entre ces deux-là, mais bon, et Kristina Frye, ou rien ne fut à redire, ne trouvant que ça clochait. Patrick Jane, Jane, Jane, plein la bouche, principalement dans celle de Summer, ne se gênant pour s'extérioriser ce qui amuse Wayne et Kimball en plus réservé.

-Moi aussi j'aurais bien voulu.

Les lèvres de Grace s'élargissent d'une manière juvénile puis spontanément, partage ce qu'elle a pu entrevoir. Une occasion de faire raler miss Edgecombe.

-Teresa a eu cette chance en tout cas.

Son amie est désignée du regard avant que Summer ne se tourne vers la principale privilégiée.

-Tu déconnes?! T'as dansé avec monsieur Jane?! Mais j'étais où moi pour avoir raté ça?!

-Top occupée à danser avec quelqu'un sans doute.

Ironiquement, Michelle dégaine sa réponse, le ton teinté de jovialité, taquinerie à l'égard de la copine qui s'exclame par un; Ha, ha, du même ton, revenant ensuite sur ce scoop sérieusement. Malgré leur réconciliation du début, lors de la rentrée de Summer à Riverdale, un genre de petits piques semble rester parfois comme si les filles continuaient à s'affronter, amicalement, sur un ring. C'est très curieux de le constater par moment. La compatibilité partielle domine, ne les empêchant pas à arriver à s'entendre toutefois.

-Non, mais sans blaguer. C'est vrai?

La chançarde hoche la tête pour confirmer, traitée alors de veinarde, lui demandant dans la foulée, quand. Lorsque le nom du slow est cité, miss été comprend pourquoi cette exclusivité en news a échappé à son champ de vision. Sur une telle chanson ou tous les faux-vrais couples sur la piste dansaient, impossible que le regard furte tant son pouvoir d'être transporté dans un univers parallèle est extrême.

-Ah! Ben ouais!

Les yeux de Summer s'écarquillent, n'en revenant pas du pot que son amie a eu. Ses propres mots. Pas de jalousie, l'enviant simplement.

-Mais c'est lui qui t'a invité?

-Tu crois que j'aurais été inviter un prof?

-Non. Tu sais ce que je veux dire.

-Oui, je sais. esquissant un sourire timoré. Oui, oui, c'est lui.

La demoiselle répond, le timbre légèrement gêné, réservée, dû par son caractère pudique mais également, surtout par rapport à Kimball qui pourtant ne dit rien, ne pensant pas à mal excepté ce sentiment étrange envers le prof. Invité une élève? C'est bizarre. La pensée ne s'aventure pas plus loin, rappelant à son souvenir que leur professeur de littérature en a fait de même. Le jeune homme observe juste l'échange entre les deux bonnes copines, remarquant sa petite amie une peu mal à l'aise. Il faut le mettre sur le compte du tempérament de la jeune fille. Pour quoi d'autre?

-T'as un de ces bol!

Puis à ce moment, Tamzin quitte le petit cercle afin de rentrer à nouveau dans le gymnase, interpellée par Michelle et Grace, qui lui demande si elle a oublié quelque chose. L'air légèrement embarrassé, la jolie sorcière répond évasivement avant que la serviable Van pelt n'insiste.

-Tu veux que l'on vienne avec toi au cas où tu aurais égaré …

-Non, non. Ça va aller.

Un minime sourire furtif s'étire sur la bouche de Tamzin, se hâtant à l'intérieur en même temps qu'une belle, grande jeune femme brune d'environ 24, 25 ans, aux cheveux un tantinet bouclés au carré, robe noire seyante, légèrement près du corps, l'allure élégante. Jamais vu auparavant.

A l'intérieur, le regard ciel bleuté de la jeune wiccane cherche hâtivement, de nouveau, repérant Danny en quelques secondes tandis que l'étrangère de l'établissement, n'y appartenant apparemment pas à moins d'avoir sauté un chapitre, cherche de son côté avant de trouver, le sourire resplendissant alors de satisfaction. Chacune s'approche en direction d'une personne en particulier mais une des deux se rétracte, stoppant l'initiative. 

Tamzin observe fugitivement Houdini puis décide de repartir sans se presser cette fois. Sage! Intérieurement, rien n'est réglé, la raison pour laquelle elle fait demi-tour. Oui, miss Dove y tient encore mais ne lui a pas totalement accordé son pardon. A quoi bon s'avancer en y réfléchissant?

Il n'en n'ai pas de même pour cette mystérieuse belle jeune femme qui vient à embrasser près du coin de la bouche, prenant directement la main de son petit ami, celui-ci contente de la voir. L'étrangère est instamment présentée à Kristina Frye qui lui sert l'autre main, toute souriante, le prof qui était juste avant en train de discuter. La ravissante brune mystérieuse n'a pas d'ailleurs manqué de demander si elle ne les dérangeait pas en pleine conversation, l'expression emplie d'amabilité ainsi qu'un brin enjôleuse. Bien sûr que non!

-Enchanté. Je suis Erica Flynn.

-Enchanté. Il m'a montré une photo de vous quand je l'ai interrogé sur sa vie privée.

-Ah! Il faut reconnaître que Patrick est assez secret à ce niveau. ne le prenant pas mal.

-En effet.

-Je ne suis pas du genre à parler comme une pie.

Chacune en sourit, le trio discutant par la suite brièvement avant que Frye ne parte, ayant inspiré de la sympathie auprès de la moitié du jeune enseignant qui en est ravie, acquiesçant.

-Elle a le don de le susciter.

-Je vois! son bien-aimé taquiné.

-Juste une collègue, bonne camarade que j'apprécie beaucoup, oui. J'avoue que le courant est passé de suite.

-Tu espères me faire enrager. plaisante-t-elle de nouveau.

-Il y a un peu de ça, ouais.

La jeune femme en sourit évidemment, lui adressant cette fois-ci un rapide baiser sur les lèvres. Trop beau pour l'avoir cru célibataire. Pile à côté!

Ils sortent cinq minutes après que Tamzin ait rejoint le groupe, répondant avec empressement que finalement rien n'avait été oublié, désirant filer avec Summer pour que sa tante les raccompagne ce qui est entrepris en la prenant par le bras sans brutalité.

-Eh! Attends un peu.

-Elle nous attend.

-Bon, ok.

Miss Edgecombe salue leurs amis par un signe de la main comme la jeune sorcière d'ailleurs, marchant toutes deux ensuite vers l'emplacement où la voiture a été garée. Grace en vient à ce moment à se questionner comme chacun, sur la conduite étrangement soudaine de leur amie. Rigsby en va alors sans méchanceté de son commentaire, en bon taquin aussi. Une occasion cependant perdue pour se taire.

-Plus bizarre que d'habitude? J'trouve pas.

-Oh! Wayne.

-Ben quoi?

Grace lève les yeux au ciel sans lui en vouloir, le trouvant seulement lourd vis-à-vis de la personnalité hors norme de Tamzin.

-Qui aime bien, châtie bien.

-Tu dois vraiment bien l'aimer.

Michelle en va de sa réplique, rendant le grand gaillard dans ses petits souliers. Miss Vega n'a fait que le taquiner à son tour sans trop nuancer toutefois le ton involontairement. Sa coloration naturelle qui peut déstabiliser. Pendant ce temps, Patrick Jane et sa petite amie s'avance quant à eux peu après vers le portillon de taille moyenne, laissé ouvert, saluant pareillement au passage, le groupe lui renvoyant de la main. Michelle et miss Van Pelt y vont bien sûr de leur commentaire, stupéfaites de voir de visu cette révélation à l'effet d'une bombe.

-Ben ça! Dommage que Summer ne le voit pas.

Un petit rictus réciproque s'affiche en coin de bouche, Craig présent, sans prendre partie, enroule son bras autour de l'épaule de la commentatrice, disposé à ouvrir le bec là.

A part pour cet autre scoop qui ferait la une du journal du lycée. ..

-Vous croyez quoi? Les profs ont une vie. le soulignant avec décontraction, détachement.

-Elle pensait que ça serait différent.

-Même moi. Michelle se solidarisant à Summer, posément, le pensant également bien sûr.

Pas indifférente non plus, tiens! Ça intéresse toujours les filles.

-De toute façon c'est un prof.

-Oh! Elle a dit ça de toute manière sans vraiment avoir l'oeil dessus.

-Elle aime bien quand même attirer l'attention et faire croire que.

-Euh! Un peu mais sans mal. On la connaît.

Grace revête un étirement de la bouche pour masquer sa contrariété à propos de la remarque considérée légèrement désobligeante dans celle de son petit copain, ce détachement qui se veut étudié, blessant. Et Wayne apprécie encore moins le monsieur parfait, le fusillant, le regard baissé sans que quiconque ne remarque à cet instant sauf Kimball dont l'attention s'est portée machinalement vers son pote. L'antipathie s'accroît.

"C'est réellement qu'un sale con ce type! Comment Grace peut sortir avec?"

Il n'est pas le seul. L'amour ne s'explique pas. Seules Michelle et Teresa gardent le regard fixé sur ce couple surprise avant que miss Vega ne détourne également sa curiosité, laissant son amie en mode observation. La jeune fille éprouve à cette seconde comme de la trahison, complètement idiote, étant bien consciente de ce sentiment absurdement ridicule. Néanmoins, la déception est plus redoutable, ne parvenant là à ne l'expliquer. Vraiment stupide!

"Ça va pas la tête! C'était une simple danse. Qu'est-ce qui te prend! Je divague sec. Allez, reprends-toi!"

Le regard de Kimball se dirige à cette seconde vers sa petite amie qui suit sa ligne de vision sans s'en mêler. Quoi penser? Étonné aussi, le prenant à la légère, ce sentiment étrange revenant à la charge sans véritablement le comprendre. C'est pas important. Summer aurait été déçue, pas de doute! Les filles qui craquent un peu le sont tout le temps.

****

Les amis se séparent deux minutes plus tard, ne pouvant trop faire patienter les parents. Teresa remet la veste à Kimball, l'embrassant sur la joue, le jeune homme comprenant qu'elle ne désire pas que son père ne sache quoi que ce soit, compréhensif. Mais la main posée au bas du dos ne trompe encore pas. Chacun s'engage à regagner la voiture parentale respective, Grace embrassant Graig sans gêne, un baiser chaste cependant qui n'aurait pas de conséquence de la part de monsieur Amos Van Pelt, jusqu'à bien sûr une certaine limite aussi. 

Et en assistant à l'échange du baiser, Wayne gémit de nouveau à distance avant de monter dans la voiture de sa mère qui s'empresse de lui demander comment c'était. Et tout en contemplant la belle, il fournit une réponse brève mais néanmoins digne de tout importance.

-Super.

Mon dieu qu'il peut en être amoureux! Que s'en est attendrissant.

Lorsque Teresa rejoint à son tour le véhicule de son père, s'installe, enclenchant la ceinture de sécurité, celui-ci lui demande à son tour comment était la soirée, l'air neutre, voix monocorde contrairement aux autres parents, un tantinet renfrogné. L'adolescente en le décelant met ça sur le compte de l'agacement, ses frères étant à cet instant en train de se quereller à nouveau pour le jeu. 

Avec réactivité, d'une manière brusque, monsieur Lisbon arrache le gameboy des mains, les gamins se taisant d'un coup. Suivant le mouvement du bras de son père, l'adolescente formule quant à elle une réponse succincte, sa tonalité ne divulguant rien de son enchantement.

-C'était bien.

La voiture démarre, le trajet se faisant dans un silence pesant, inconfortable tout le long. Une nouvelle fois, personne ne bronche. Arrivés plus tard à la maison, il ordonne à Tommy, Stan, James sans hausser la voix, de monter, obéissant tout en jetant un œil groupé en direction de leur grande sœur, anxieux. Quand Teresa et son père se retrouvent seuls, celui-ci lui demande qui est ce garçon.

-Quel garçon?

-Celui qui t'a prêté la veste.

Le sang de l'adolescente se glace, prenant peur à son tour. Avec naturel, réussissant à reprendre la maîtrise d'elle-même, la réponse ne se fait pas attendre.

-Un copain, pourquoi?

-J'ai pas eu tellement l'impression que c'était un simple copain.

-Mais si, je te promets.

Son père la fixe durant trois secondes avant de la déstabiliser par sa perspicacité.

-Tu me mens.

-Mais non. C'est vraiment un copain.

-Fais bien attention à ce que tu me dis, Teresa.

La jeune fille ravale imperceptiblement face au papa qui couve une colère froide, celle-ci priant qu'elle n'éclate pas. Et droit dans les yeux, le mensonge est confirmé avec conviction comme si l'ado lui tenait tête pour sa propre protection légitime, justifiée.

-Je te certifie que c'est un copain.

-T'as tout intérêt, ma fille.

Le cœur de Teresa se met à palpiter, priant encore pour qu'il l'intime de regagner sa chambre à son tour, la prière s'exauçant.

-Monte.

Le gilet dans la main, sans lui remettre quant à lui, l'emprise du poing le resserre fermement, la jeune fille comprenant que son père se contient, les yeux vibrant d'une vive appréhension comme se recevoir une gifle par exemple. Cependant, le passage à l'acte n'est pas entrepris, le père ne se le permettant pas heureusement. Après cette soirée merveilleuse, un baffe abîmerait cet enchantement.

"Ne me bousille pas le plaisir que je vis."

Rien ne se gâte et Teresa regagne sa chambre sans heurt, le coeur affolé, se régularisant petit à petit.

Une heure après, dans son lit, le casque sur les oreilles, elle se met à écouter More Than Words, revisionnant la danse ainsi que tous les moments fabuleux de ce soir. Et son esprit échappe à toute cette fichue réalité, parfois merdique, se rappelant des mots de Summer, lorsque son amie est en colère contre l'existence, le monde, ayant bien raison. 

La demoiselle s'endort quelques minutes plus tard, le cœur heureux. Sensation plus forte qui remporte sur le comportement de papa. 

Invaincue contre toute crainte.

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