mercredi 6 décembre 2017

Mentalist Cœurs à Vif - Chapitre 21



Teresa plongée dans cet état profond de bien-être, se laisse se prolonger jusqu'à l'arrêt total de ce slow avant de rouvrir les yeux se forçant à émerger de sa sensation de transe, qui s'est solidement cramponnée au corps et à l'âme. Difficile de s'y arracher. C'est très résistant.

Tous deux se détachent, la jeune fille revient à la réalité, sortie de sa bulle, son esprit se remettant de ce moment de grâce exceptionnel. Abrupt comme déconnexion, y étant obligée.

-Et bien merci pour cette danse. C'était un véritable plaisir.

-Oui. C'était sympa de m'avoir invité sur cette chanson.

-Ça aurait été dommage que vous n'en profitiez pas. Vu que vous aimez ce morceau. Même si vous auriez préféré danser avec quelqu'un d'autre. faisant bien allusion au petit ami.

Il est voyant. Non. Juste observateur.

L'adolescente étant encore sous l'effet de la béatitude intérieure, ses lèvres dessinant un sourire radieux sans hochement de la tête pour confirmer. Evidemment que sa première idée, son envie, était de danser avec Kimball mais ce changement impromptu a modifié la donne. Sans faire preuve d'infidélité. Qu'est-ce qu'elle a aimé! Ce qui s'est dégageait de cette danse fut magique, la chanson ayant été pour beaucoup. Une sensation d'extrême bien-être, oui, de joie. Certainement dû à l'aura du professeur ainsi qu'à une compatibilité qui s'est déclarée sur la piste, comme partenaire de danse. Ça se sent quand le courant passe en toute décence d'esprit.

Teresa a ensuite droit à une révérence purement fantaisiste qui la fait davantage sourire, l'amusant ainsi que d'autres élèves qui se tiennent non loin. Un clin d'œil complice, de nature amical s'ajoute, signe de son non sérieux qui est compris avant qu'il ne retourne à sa place de surveillant. Alors que la demoiselle le suit du regard brièvement, celui-ci s'oriente machinalement vers la droite, apercevant son amoureux en pleine discussion avec son entraîneur de base-ball tandis que Grace conserve son expression amusée due justement vis-à-vis de la posture élégante, prise par de mister Jane.

Son amie a bien vu, même à la dernière minute de la chanson, que Teresa avait dansé avec leur prof de sciences/ chimie, le percevant comme avec Danny ou Wayne encore, en compagnie de mademoiselle Frye. Quoi comprendre d'autre?

Le cavalier d'un seul morceau de miss Lisbon se dirige à ce moment en direction du buffet pour s'y servir boire, se versant quelques secondes après du coca dans un gobelet. Tandis, là, qu'il se verse le soda, Madeleine Hightower arrivée à pas sournois, sans bruit, couvert par la musique, celle-ci, d'une voix posée, lui demande avec politesse s'il pourrait lui en verser également. Le jeune prof se retourne, le sourire étiré, faisant preuve de serviabilité.

-Oui, bien sûr. Avec plaisir.

La boisson est ensuite versée dans un autre gobelet puis tendu à la directrice qui le remercie avec amabilité avant de se tourner en direction de la piste de danse pendant que l'enseignant revisse le bouchon sur la bouteille.

-Ça se passe bien vous ne trouvez pas.

-Oui. Très. Répond-t-il, se retournant à son tour, le gobelet également dans la main.

-La soirée est réussie et les élèves s'amusent.

Patrick Jane acquiesce, racontant que dans l'ancien lycée où il était, rien n'avait été aussi distrayant.

-A part le bal de promo ou la soirée pour Halloween qui avait eu lieu une fois et moins bien que celle-ci. Je ne m'attendais pas à une telle réussite, oui, pour cette soirée ici. Riverdale a moins de moyen comparé où j'ai enseigné, sans vouloir vous vexer …..

-Ne vous inquiétez pas. Ça ne me vexe pas car c'est la vérité.

-Tant mieux. Mais je voulais dire que finalement c'est plus ou moins une question d'argent. Quand on voit le gymnase, le désignant de la main, j'en reste encore stupéfait. C'est dingue.

-Lorsqu'on le voit avec un regard différent, ça épate, je suis d'accord. Et avec un budget limité, quand on a de l'idée, avec une somme moindre, on trouve toujours pour embellir un gymnase.

Le professeur hoche la tête, lèvres collées sur le rebord du gobelet, buvant quelques gorgées supplémentaires, enchaînant par la suite sur cette réflexion.

-C'est dommage qu'on ne puisse pas profiter autant qu'eux. Ça donne envie de s'amuser encore plus.

-Il faut bien les surveiller.

-C'est vrai.

-On ne peut pas danser à tout va. Un peu comme ça. Surtout avec des élèves.

Le proviseur oriente à cette seconde son regard vers la cible qui se trouve déjà dans son collimateur, la forme de la bouche qui dessine un soulignement, celui-ci ne ressemblant non vraiment à un sourire sans trop pouvoir le définir. Toutefois, son expression laisse bien deviner un sous-entendu que mister Jane déchiffre.

-N'est-ce pas, Patrick?

L'enseignant baisse furtivement la tête, souriant nerveusement, comprenant la raison de son approche. L'appeler par son prénom comme souhaité antérieurement par lui-même, articulation appuyée sur, n'est pas de bonne augure de nouveau.

-C'est futé comme entrée en matière.

-Merci. Je l'avoue, j'avais très peu soif.

La directrice repose le gobelet sur la table, celui-ci légèrement entamé avant de réapproprier immédiatement son sérieux.

-Je n'ai plus l'impression de m'avoir fait bien comprendre la dernière fois après ce que j'ai vu.

-Si, si. Vous vous êtes fait très clairement comprendre. Inviter une élève à danser était purement innocent comme Kristina Frye avec Danny Ruskin.

-Dois-je vous rappeler que vous avez raccompagné l'élève avec qui vous avez dansé?

-Non.

Hightower fronce alors les sourcils sans se montrer autoritaire mais plutôt interrogative, interloquée de le voir réagir avec une telle désinvolture, la dépassant. Il la fixe ensuite, répétant ce qui avait été répété dans le bureau.

-Je n'ai rien fait de mal.

-Non. Mais ça ne me plaît pas.

Un sourire nerveux en coin cette fois apparaît, yeux levés au ciel, l'expression là qui révèle que ceci est fichtrement ridicule. "Teresa Lisbon a bien raison."

-Très bien, Patrick.

Le regard du proviseur se tourne de nouveau en direction de la piste et d'un air assuré, celle-ci le convoque.

-Lundi matin dans mon bureau durant l'interclasse. Ça vous va?

Sa tête se redirige vers le professeur qui la regarde une nouvelle fois, lui souriant insolemment, l'expression malicieuse.

-Ça me va très bien.

-Parfait.

Hightower lui renvoie un sourire de même nature, le frondeur ne baissant sa garde. La directrice repart du buffet, laissant l'indiscipliné finir son gobelet de coca quant à lui, donnant l'impression de se soucier tellement de cette convocation à ne pas prendre à la légère. Coooool! Ça sert aussi à ça les années 60.

***

Apparemment, à part Grace, personne d'autre n'a fait attention à leur amie qui a obtenu l'honneur de partager une danse et non ordinairement sur une chanson personnellement iconique.

La plupart vont à nouveau se restaurer un peu ou plus comme le grand gourmand tandis que miss privilégiée qui aurait fait plus d'une envieuse, principalement une, surtout, va à la rencontre de son petit ami qui a terminé son entrevue avec le coach. Le voir autant sourire aurait presque pu aveugler ses camarades tant il est rare qu'une quelconque joie vienne étirée un très large sourire, faisant apparaître ses mignonnes petites fossettes comme le pense la demoiselle.

A ce point là, qu'est-ce qui le rend aussi heureux, question posée par Teresa qui a conservé sa mine réjouie, éclatante.

-Tu vas pas le croire.

-Quoi donc?

-Le coach m'a dit qu'il voyait du potentiel dans mon jeu et m'a suggéré de tenter ma chance pour passer professionnel lors des prochaines sélections avec des recruteurs.

-Oh! Mais … Mais c'est géniale.

-Ouais.

L'adolescente prend Kimball dans les bras, contente pour lui, le félicitant, décontenancée légèrement cependant, prise au dépourvu par la nouvelle. Pas par égoïsme, seulement la crainte de l'éloignement. Celle-ci est subitement prise aussi d'appréhension, se disant de suite que ça risque de l'accaparer davantage dû aux entraînements plus intensifs, prendre évidemment sur son temps.

Toutefois, la jeune fille n'est pas du tout le genre non plus à refroidir des élans de bonheur, de surexcitation pour contrecarrer les plans qui propulseraient vers un avenir prometteur. C'est le type à soutenir et encourager malgré cette pointe au coeur un tantinet contrariante qui ne parvient néanmoins pas à gâcher sa sensation de flottement, dominant bien.

L'enlacement se rompt, Teresa étant une nouvelle fois invitée ensuite, la déclinant. Après ce slow qui l'habite, l'invitation est reportée temporairement, acceptant un peu plus tard pour un morceau de rock qui balance pas mal, vous mettant la tête à l'envers, au sens figuré bien sûr.

Lorsque ce sont plus que des mots, on a peine à les oublier et passer facilement à d'autres. Tout importe pourtant.

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