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Jusqu'à la fin

Jusqu'à la fin
Cette image animée ne m'appartient pas, provenant d'une autre source.

vendredi 11 août 2017

Mentalist Cœurs à Vif - Chapitre 5


Veste bleue ouverte à rayures, petit gilet assorti, cheveux blonds à boucle et d'or, tombant un tout petit peu sur le front et chemise d'un gris imprimé légèrement déboutonnée de deux boutons,à la coupe leste. Ce que ces adolescentes distinguent à cette minute, toute fofolle, s'exclamant.

-Waouh! C'est ça le nouveau prof?!

- Il a l'air super!

- Un peu classique à mon goût.

Grace sourit avec grande largesse à l'égard de Michell, lui faisant remarquer qu'elle est décidément difficile.

- Tu ne sais pas ce que tu veux.

- Ce qui porte c'est pas très jeune, je trouve.

- C'est un professeur. Tu veux qu'il s'habille comment?

Et à cet instant, après avoir sorti sa besace de taille qui se situe dans la bonne norme, en cuir marron, portée ensuite en bandoulière, sa tenue vestimentaire est dévoilée intégralement, miss Vega changeant alors d'avis en apercevant non un pantalon mais un jean bleu indigo à la coupe droite cette fois.

- Ça! J'aime. Tu as raison Grace. Il a l'air super.

Les jolis yeux noisettes en amande de Van Pelt, l'incarnation presque de la sagesse, sont à nouveau levés au ciel azur, sans commenter. Juste amusée encore tout comme Teresa qui observe seulement et Tamzin qui regarde, le comportement tout ce qu'il y a de plus sobre. Quant à Summer, la discrétion n'est pas son fort. Le Waouh! pour le nouvel enseignant, d'à peine quelques secondes, s'avère une mise en bouche. L'emballement est extériorisé davantage avec l'audace de d'autres filles.

-Eh! On est là! On vous attend!

Un signe de la main joint pour le saluer ainsi que pour attirer son attention en leur direction. Le comité d'accueil est chaleureux, très amical et principalement en surexcitation. La preuve par des semelles qui trépignent d'exultation.

-Eh! M'sieur! Bienvenue!

- Vous avez un super style! …

Très impatientes!

Cet accueil électrique le fait pleinement sourire, à son tour amusé aussi, le proviseur l'étant moins qui s'immobilise face à lui.

- Les élèves ne sont pas sauvages ici. On est bien reçu.

- Non en effet. On a déjà l'air d'apprécier votre venue.

- C'est sympathique.

Le bras du nouveau professeur se tend de suite, celui de Madeleine Hightower se présentant également avant qu'un serrage de la main ne se réalise.

- Bonjour. Je suis Patrick Jane.

- Et moi la directrice de Riverdale.

- Enchanté!

- Oui.

L'étirement de l'enseignant augmente sans souffrir d'une quelconque crampe subite tandis que les lèvres de la chef de l'établissement conservent leur sérieux.

- Comparé à vos élèves, vous ne semblez pas vous réjouir de mon arrivée.

- Ce n'est pas mon habitude de me réjouir de cette façon.

- C'est vrai, ça serait étrange. Mais ma foi, ça ne serait pas ordinaire. Ça motiverait tous les matins.

- En parlant de matin justement, vous deviez vous présenter à mon bureau afin que je vous briefe sur le fonctionnement du lycée.

-Son fonctionnement? Ça me donne l'impression qu'on voudrait m'expliquer la manière dont marchent les commandes d'une machine complexe ou d'un jouet. On appuie sur un bouton et le lycée se met en activité?

L'attitude désinvolte, l'insolence qui se repère à son ton, la nargue, cet ensemble de caractère déplaît fortement avant de le faire ressentir.

- Je vois que vous prenez ceci à la plaisanterie, monsieur Jane.

- Oui un peu, je l'admets.

Ce sourire empli de malice qui excelle, l'effronterie de ce professeur ne séduit pas, ne faisant toutefois pas transparaître la franche pensée du proviseur. Cependant, rien qu'au regard clairement jugeur ainsi qu'interrogateur, le nouvel enseignant le devine limpidement.

-Je sens que nous allons bien nous entendre. ironisant bien sûr.

- Qui sait?

- Bien! Nous parlerons de tout ça pendant l'interclasse. En attendant, je vais vous conduire jusqu'à votre classe.

-D'accord.

-Aussi.

- Oui.

-Je vous conseillerais d'arriver à l'heure pour la prochaine fois. Vous avez plus de dix minutes de retard. Vous devriez déjà avoir démarré le cours de cuisine.

-Je m'en excuse mais à ma décharge j'ai eu un problème avec une de mes roues qui était à plat. Ce léger retard a été contre ma volonté. En dehors de ça, ça ne se reproduira plus.

- Très bien. Vous êtes excusé pour cette fois-ci.

- Cela dit. Vous n'avez pas prévu une heure de colle au moins?

Un trait nerveux se souligne sur la bouche de Madeleine Hightower, décroise les bras, le trouvant réellement très insolent. Le sourire du non timide professeur s'agrandit, la pointe du doigt, révélant l'étendue de sa nature sociable, à la limite d'être familière.

-Ah! J'ai réussi à vous extirper un petit sourire même réservé soit-il. se glorifie t-il.

- Je sens que les élèves vont vraiment vous apprécier. ironisant de nouveau.

-Je l'espère!

- Encore une petite chose. Je suppose que pour ne pas vous mettre plus en retard vous avez opté pour vous garer directement là. désignant quant à la directrice, la DS.

- En quelque sorte.

- Vous penserez donc à la déplacer. Merci.

Un second soulignement avec un tout petit peu moins de modération s'exécute, croisant de nouveau les bras, une façon maline, intelligente, d'imposer son autorité afin de se faire comprendre. Parlant le même langage, Patrick Jane l'a bien entendu.

- Ça sera fait.

- Parfait! Suivez-moi maintenant.

Au moment où ils passent devant le groupe des débutantes en mécanique, la plupart l'interpelle, informant que le cours se déroule ici et de revenir, d'une manière polie. Alors que la directrice et le nouveau prof s'éloignent, regagnant l'intérieur du bâtiment, les filles nagent dans la confusion. C'était trop beau pour être vrai!

Pendant ce temps, les garçons se demandent à quoi peut ressembler l'expert(e) culinaire. Danny, certain que ce soit une femme, revenant dessus, pense que c'est logique et non machiste, puisque en général ce n'est jamais un homme qui l'enseigne.

- Faut souhaiter que ce soit pas une harpie doublée d'une vieille rombière. Avec le bol qu'on a, on va se retrouver avec un tyran de la cuisine, prénommée Gerda.

- Ou Henrich? C'est peut-être un homme.

- C'est ça! Moque-toi, Wayne.

Assis sur l'un des bureaux, celui-ci en sourit gaiement tandis qu'un des garçons de la classe, prénommé Clark, titille à son tour l'insurgé.

- Au fait, Danny! Il est passé où ton tablier? Tu l'as transformé en crêpe flambée?

- Ça se pourrait!

Son camarade en sourit également, le charriant.

- C'est dommage. Au bord de la plage, dans une fourgonnette, en train de faire des crêpes suzette. Avec ton tablier, t'en vendrai. Ou carrément toi en tutu et en divertirais en faisant payer plus.

- Ouais mais le temps qu'il aille les servir, il aurait tout cramé. Mais au moins, ton tablier brûlé, tu ne raterais pas ton coup malgré toi. A ta place même, ton ratage en cuisine te permettrait d'aller jusqu'au bout de ta protestation. A retardement mais mieux vaudrait tard que jamais, non?

-Vous êtes à crever de rire, les gars! Merci pour votre solidarité!

Clark et Kimball se tapent à leur tour dans la main, sourire étendu jusqu'au maxillaire, une manière de se détendre avant d'entamer le plus insurmontable.

-Vous allez voir si vous allez vous marrer! Si jamais on nous fait faire des crêpes, ça sera pas dans une poêle que je les ferais flamber. les pointant du doigt, ce qui les amuse encore.

A quelques minutes rapprochées, Cho abuse de bonne humeur. Après tout! Peut-être que la cuisine est son péché mignon uniquement dans la motivation de plaisanter un peu, beaucoup.

Soudainement, un détail attire l'attention de monsieur allergique aux travaux pratiques salissants. Un tissu blanc dépasse de la porte coulissante du bas du meuble de rangement, celui-ci aménagé au fond de la salle. Il s'en rapproche, ouvre ensuite, découvrant alors des tabliers blancs stockés avant d'en sortir un et l'exposer aux yeux de ses copains, l'expression rieuse due à la finition arrondie de l'extrémité de l'accessoire anti-tâches.

-Oooh! On va être mignons comme ça!

- Il y en a d'autres comme celui-ci? demande Clark, curieux et inquiet d'en être affublé.

- Attends.

Danny se met alors à fouiller, déclarant par la suite après ce bref inventaire qu'il n'en existe qu'un seul exemplaire. Il se relève peu après, le brandit, demandant à son tour, qui va le porter. Apparemment, personne ne veut ressembler à Mamie Nova.

- J'aurais dû garder mon tablier.

*********************

Madeleine Hightower, ayant laissé le nouveau professeur non loin de la salle de cours, remerciée, le proviseur retourne dans son bureau afin de se changer pour revêtir une blouse qui revient dans la cour où le cours de mécanique débute. De son côté, Patrick Jane fait son entrée ou il fait sensation par rapport à ses vêtements, un mélange chic, décontracte.

-Oh! Monsieur Henrich!

- Pardon?

L'enseignant étire un rictus amusé, faisant preuve aussi de déconcertation.

- Non. Faites pas attention. Une petite blague entre nous.

- Vous me rassurez. Vous vous appelez comment?

- Pourquoi?

- Ne craignez rien. Je veux juste connaître votre nom.

-Ah! Ok! soulagé. Daniel Ruskin. Mais tout le monde m'appelle Danny.

-Danny. D'accord.

-Et vous?

- Vous le saurez après.

-Ah! Un comique aussi.

- Je ne dois pas être le seul.

Patrick Jane le fixe du regard durant un minuscule instant, son allusion étant très parlante. Monsieur Ruskin s'avère être sagace.

- C'est malin!

- Je trouve également. Bien! Pour ne pas perdre davantage de temps, je sais je suis un peu en retard, je voudrais savoir vos noms.

Chacun donc à leur tour, pris un peu au dépourvu, se présente et cela sans que ça ne soit un brin trop longuet. Le nouveau prof à la tactique du vite fait bien fait avant que cette fois-ci Wayne ne revienne sur à quoi certains s'attendaient à propos du genre de la personne qui allait apprendre à mitonner, amuse l'instructeur clairvoyant.

- Vous pensiez que j'étais une femme?

Tous plus ou moins y vont d'un hochement de tête collectif pour y répondre ce qui enjoue plus encore la bouche de Monsieur Jane .

-Idée bien arrêtée, je dirais. Vous devez être au courant que maintenant il y a des hommes qui sont chefs dans des grands restaurants. Ce métier est unisex.

- Tu vois Danny.

Rigsby, sourire élargi, tourne la tête en direction du machiste par malentendu, juste pour le tarabuster malgré qu'il ait pris sa défense auprès de Summer en particulier. L'occasion de l'embêter sans vraiment vouloir l'asséner d'une fautif grimace tel un gosse tandis que Kimball enchaîne.

- Oui. On pensait que ça serait une Gretchen.

-Vous pensiez que la méthode serait rude à la limite nazifiée?

-Ouais.

-Je suppose que c'est plutôt vous qui l'avait imaginé, monsieur…. . Vous savez quoi. Autant que je vous appelle par votre prénom, si vous êtes d'accord.

La majorité se montre pour, le préférant. La politique du formel n'est pas la leur et concernant le professeur de cuisine, cette formule de respect est au goût personnel de son esprit, étriqué, le barbant prodigieusement. Néanmoins, le vouvoiement est conservé. N'allons pas trop loin dans la liberté. Le tu et à toi est prohibé dans ce contexte. La limite à ne pas enjamber!

-Si vous aviez eu affaire à un despote qui vous aurez mené à la baguette où le fouet, je vous aurais conseillé de décamper de suite. Moi à votre place, j'aurais dégagé aussi sec.

Rien qu'à ses paroles empathiques, compréhensives, la plupart le trouve instantanément sympathique, tiens!

-Mais vous avez de la chance. car je suis plutôt du genre; Faites de votre mieux et on verra si vous pouvez mieux faire.

- Et pourquoi pas, faites de votre mieux et on verra.

- Vous, vous devez être du genre à ne pas vouloir vous astreindre au travail. Je me trompe?

C'est bien sûr Danny qui est désigné par le lucide enseignant, flagrant de toute façon à le déduire dû à ces mots changés par cette expression personnelle respectivement.

- Ouais. Pour la cuisine surtout. et il ne s'en cache pas.

- Franchement, m'sieur! C'est pas utile. C'est juste pour nous contraindre à une besogne de plus. Moi, ça ne m'intéresse pas des masses de toute façon.

- Vous avez peur d'échouer, peut-être?

- Ben, non. C'est chiant, c'est tout.

- Je crois que vous avez omis de voir le côté positif.

-Ah! Bon? Quoi? Parce qu'il y en a un?

- Savoir cuisiner même si vous ne trouvez pas ça passionnant, ça plaît aux filles.

Ce point soulevé fait réfléchir le jeune homme, le réalisant d'un coup.

- J'y avais pas songé sous cet angle. Eh! C'est vrai! Ça plaît aux nanas. Ok! On s'y met quand?

Les garçons le conspuent alors, lui disant qu'il est gonflé de s'être tant plaint. Si les messieurs avaient eu n'importe quelle mixture gluante dans la main, cela aurait été jetée sur lui. Pour un premier contact dans la fosse aux lions, le dompteur amateur a su tirer son épingle du jeu pour intéresser un élève. Bel exploit et bonne tactique également! Peut-être un pas si novice que ça.

Juste avant de débuter, son nom complet est dévoilé, leur proposant soit de l'appeler monsieur Jane, m'sieur comme Danny qui a l'habitude de passer par des raccourcis, n'étant le seul, ou Patrick. A eux de choisir. Certains optent pour m'sieur et l'autre moitié pour monsieur Jane. Les règles de base de la politesse sont à présent posées, le prof de cuisine ayant donné la preuve qu'il peut s'en sortir avec ruse.

Après quelques minutes, concernant les filles, celles-ci se débrouillent pas mal dans la réparation du moteur de cette capricieuse voiture. Quelques-unes assises en hauteur, d'autres se tenant debout près du capot ouvert, la directrice les fait alors commencer par la carburation pour vidanger le filtre, une cause fréquente des pannes selon la maîtresse d'apprentissage. Entre Summer et Michell qui croyaient qu'elles allaient adorer la mécanique en voyant ce jeune professeur se diriger en leur direction apparemment, les miss vont devoir se faire une raison. Ou pas.

Et onze minutes plus tard, le joint de filtre à huile est ensuite passé par Grace, ayant fini par montrer de l'intérêt une fois qu'on se concentre dessus comme le reste des copines. Puis le joint est exhibé aux yeux des filles, démontrant l'exemple. Celui-ci est écrasé et forcément avec du jeu. Un bon exercice pour mémoriser si un jour elles s'y retrouvaient confrontées. Pas besoin de s'interroger à propos de la provenance de la panne.

-Vous vous y connaissez bien, madame.

Teresa en est épatée ainsi que ses consoeurs.

- C'est grâce à mon père. C'est lui qui m'a appris ceci. Lorsque j'ai eu ma première voiture d'occasion après avoir travaillé durant deux mois entier durant l'été, il m'a fait toute une leçon sur les causes des pannes diverses. Et confidence pour confidence, cet enseignement m'a été très utile le jour où je me suis retrouvée face à ce type de problème en pleine route. Je lui en suis très reconnaissante.

La jeune fille esquisse un doux, réservé, sourire à l'écoute de ce récit, pensant que leur proviseur a bien eu de la chance d'avoir ce type de rapport, de complicité, l'enviant. Si avec le sien ça pourrait être pareil! Toutes à ce moment, perçoivent Madeleine Hightower comme quelqu'un de finalement aimable, de plus détendue et davantage souriante, accostable et légèrement liante suivant avec qui, la situation. Finalement les demoiselles passent une heure plaisante. Plus du tout ennuyant et même récréatif bizarrement. La déception que ce ne fut pas ce charmant prof qui leur ait inculqué cette connaissance s'est atténuée mais une, résiste.

- Madame. C'est pas fait pour moi la mécanique. Vous savez je suis plus douée en cuisine et essentiellement en pâtisserie. Ça serait pas possible de changer?

La directrice la regarde, affichant un léger soulignage en coin de bouche, soupçonnant instamment le véritable motif de cette requête, y répondant sans avoir l'esprit mal tourné.

- C'est très bien, Summer. Mais ça ne fait pas partie du concept que de changer, hélas. l'ironie à bout de langue. Et est-ce réellement ce désir de cuisine qui vous donne envie de changer?

Miss Edgecombe sourit coupable, alors que Michell insiste.

- Il doit être bien quand même comme prof. Qu'est-ce que vous en pensez, madame?

- J'en pense que la réparation ne va pas se faire toute seule.

Bien répondu, provoquant un sourire général même par Tamzin malgré sa neutralité vis-à-vis de cette intérêt plein d'exaltation. A présent il faut remonter ce qui a été démonté.

***********************

Concernant l'augure en cours d'art culinaire, celle-ci s'annonce un peu mitigée malgré que leur premier exercice de pratique soit la fabrication du pain. Rien de plus facile normalement. Même un singe saurait. La main à la pâte devient dans l'imminence un sens propre. Ah! Ça leur plaît de malaxer, d'avoir les mains collées et d'en mettre partout. Jouer les imbéciles est plus simple. Comme quand ils ont revêtu leur tablier dans le ravissant, plus féminin que les autres modèles basiques. Et qui se l'est récolté? Daaannnyy! Il paye le prix fort de l'inconsidération et de l'impertinence. Le karma à la dent rancunière par contre et sévit rapidement à la mesure d'un ado qui a bien sûr eu droit aux rires moqueurs de ses camarades/potes. Et pour en rajouter, le nouveau maître d'apprentissage a su faire preuve d'intégration pour sa participation modérée toutefois.

- Ça vous va très bien. Vous pourriez travailler au Royal Ascot.

- C'est ça! Allez-y de bon cœur! Foutez-vous bien de ma gueule tous!

-Oh! Danny! T'es mignon comme tout comme ça.

- Merci Wayne! J'ai vraiment besoin de ce genre de flatterie.

Son pote justement en sourit à nouveau, d'une manière hilare ainsi que Kimball. C'est la journée de la très joyeuse humeur sauf pour le raillé. Son ultime défense qui soulagea ses nerfs fut alors d'envoyer une remarque assez juste dans les gencives de monsieur Jane qui acquiesça avec franchise.

-Eh! M'sieur! Vous êtes pas très sympa de vous moquer de la façon dont je suis fagoté. En tant que prof vous devriez leur faire la leçon.

- T'es devenu un fayot ou quoi?!

-Eh! Clark! Occupe-toi du bout de pâte que t'as sur le nez.

Cet autre garçon turbulent également à ces moments beaucoup moins perdus, vérifia la zone en tâtant et constata que son copain par intermittence, ne se fréquentant pas tellement, avait bien dit la vérité. Il se hâta de suite de le retirer tandis que le professeur apporta sa réponse.

-Vous avez raison, Danny. Mon rôle serait de faire le tampon. J'avoue que de vous voir porter ce tablier, j'ai trouvé ça amusant. Mais c'était sans aucune méchanceté et je suis sûr que vos camarades non plus.

- C'est certain, m'sieur. …. Monsieur Jane!

Et dit sincèrement.

- Vous voyez.

- Ouais.

Le moqué ne fut pas convaincu à cent pour cent cependant.

- Je promets à l'avenir de m'interposer.

- Y a intérêt!

-Eh! M'sieur! Si vous aviez vu son tablier qu'il avait ce matin, vous auriez aimé.

-Oh! La ferme Clark!

-Bon! Ok! Du calme maintenant. On va reprendre le pétrissage du pain.

Chacun se tut à cet instant avant que le relayeur ne renchérit.

- Tu l'as mis où au fait?

Excédé, Danny se retourna, ayant au préalable empoigné un minuscule morceau de pâte à pain puis le lança dans les cheveux de son harceleur éphémère, satisfait d'avoir bien visé. Et voilà que cette riposte physique engendra une fugitive, néanmoins, bataille de boules de pâte. L'enseignant ne tarda pas à voir de quoi les élèves étaient capables dans un cours de cuisine, ne suivant pas les instructions dans leur manuel. Ruskin sut une fois pour toute ce que l'on éprouve lorsque quelqu'un vous malmène sans relâche. Quant à Patrick Jane, il comprit qu'emprunter une attitude légèrement d'allié était une erreur. Par ailleurs, il ne fut pas le seul à trouver le port du tablier drôle. Kristina Frye en personne mais s'étant exprimée, ayant agi différemment. Chacun a reçu sa part de retour en mauvaise, négligeable action. Il fallait à présent imposer son autorité.

- Arrêtez ça!

Après trois sommations, la bataille de boule de pain cesse avant que le prof ne reçoit de la pâte distendue en plein visage. L'ennui s'est bien amoindri.

- Très bien.

Sa tempérance gardée, il propose une autre solution.

- Vous savez ce que l'on va faire. Vous allez jeter ses manuels à la poubelle et on va le faire à ma manière.

Le grand récipient métallique est déposé face à eux puis tous jettent le leur ainsi que la pâte molle extraite des boucles d'or de l'enseignant, celui-ci pris par le bout des doigts, le regardant brièvement. Il n'en tient pas du tout rigueur, au contraire. Il en critique la qualité avec une note d'humour.

- Ça ressemble à du chewing-gum tout flasque. Quelqu'un en veut?

Les yeux des garçons s'emplissent de dégoût, refusant automatiquement.

-Non? On balance alors.

Et…. Panier! Ça commence bien!

Quant aux filles, celles-ci allaient pouvoir lever le bras de la victoire car la réparation se révélait être un succès. Toutefois, rien ne peut être sans accident. Une petite giclée avait visé Teresa au moment de la vidange sur la combinaison, au milieu, l'uniforme de travail heureusement bien fermé. N'arrivant pas à supporter l'odeur sur le tissu, Madeleine Hightower lui permet d'aller se nettoyer. Pas du luxe!

- Merci, madame.

- Mais dépêchez-vous. Nous n'avons pas terminé.

- Oui.

La demoiselle qui s'en est sortie comme une princesse comme la plupart des copines, s'élance dans la cour en vitesse pour gagner le bâtiment et s'oriente ensuite sans détour vers le chemin des toilettes. A la même seconde, Patrick Jane décide de ne pas attendre le retentissement de la sonnerie où il faut encore patienter, et aller garer sa voiture à la place attitrée. Il n'a pas tellement le choix car le responsable de l'inspection des lieux extérieurs qui a frappé il y a peu de secondes à la porte, entrant après permission puis demander si sa voiture n'était pas la sienne, répondant oui, lui demandait là, expressément, d'aller la garer.

- Je vais le faire.

Pas le meilleur instant pour l'intervention d'un pète-sec. Mieux valait ne pas parlementer et s'y soumettre.

-Soyez sages, continuez à travailler votre pâte et enfournez-les dans le four dans quelques secondes après mon départ.

- Mais m'sieur. On allume le four comment? On s'en est jamais servi.

- Je crois que vous avez un bouton pour l'allumer, la prise est branchée et ensuite vous sélectionnez la température à environ 250°c degrés ou thermostat 8.

Conseil donné qui est aussi accompagné d'une pointe d'ironie.

- Vous saurez faire, non?

- Non, on est des crétins, m'sieur!

- Pas complètement quand même?

- Gros malin!

L'hostilité de Danny envers le prof transpire sans que celle-ci néanmoins ne soit trop intensifiée face à une ébauche malicieuse crayonnée sur la bouche de Patrick Jane qui ne s'attarde pas, filant.

- C'est un naze ce type!

- Ouais, ben qu'on mette notre pâte pour qu'on ne finisse pas collés. Je crois qu'il est surtout futé.

- Un roublard, ouais!

Un conseil supplémentaire avisé de Kimball qui souhaite en finir au plus vite avec ce cirque, tous le suivant.

Alors qu'ils courent dans le couloir, avec synchronisme, Teresa et le nouveau professeur tombent nez-à-nez, parvenant à éviter le télescopage. C'était moi une!

-Oh! Désolé.

- Il n'y a pas eu de mal donc ce n'est pas grave. Je plaisante.

Et un sourire espiègle s'étend ainsi qu'un lumineux de la part de la championne de cross country pratiqué comme loisir extra-scolaire à Chicago.

- Je vois que votre combinaison a un peu trinqué. Le cours de mécanique ne vous a pas trop malmené?

- Si. Un peu. Mais on s'en est dépêtrées très habilement, sans faire preuve de vantardise.

-Je ne pense pas que ce soit dans votre nature. A première vue, à mon humble avis.

La façon dont elle est cernée la gêne un tantinet causé par une soudaine timidité qui s'empare de sa personne, sans y répondre, face au caractère spontané, décontracte du nouveau venu du corps enseignant. Celui-ci à ce moment, détecte un léger rosissement qui apparaît sur les joues de la jeune fille, la taquine gentiment en restant cependant à sa place, sans trop enfreindre la familiarité.

- Vos pommettes sont bien misent en valeur avec ce rose.

-Ah! Bon?!

Sa réaction ravivée démontre alors sa stupéfaction, se sentant réellement embarrassée face au charismatique prof de cuisine qui en vient à se présenter par la suite en lui tendant la main avant de la rétracter.

- Je m'appelle Patrick Jane.

- Teresa Lisbon.

-Ah!

- Je n'avais pas fait attention.

- Mieux ne vaut pas faire preuve de trop de politesse. Je n'ai pas peur de me salir les mains mais là, en cours de cuisine, je manquerais de respect à l'hygiène.

- C'est sûr! Et vous risqueriez d'obtenir un blâme auprès de ceux qui découvrent comment cuisiner.

- De véritables petits génies!

- Ils vous mènent le premier jour à la dure?

- Disons qu'ils ont beaucoup de personnalité sans aucune fadeur.

-J'aime bien comme vous les décrivez. Vous avez les mots pour.

-L'originalité, il faut en user.

La demoiselle acquiesce, l'air méditatif, avant d'un sourire, abus qui apporte du bien-être à la santé morale et un beau tout comme son interlocuteur.

- Ils sont pas faciles, hein? Je ne vais pas dire le contraire. Je vous souhaite bonne chance.

- C'est gentil, merci. Si vous avez réussi à venir à bout de la mécanique du premier coup, il n'y a pas de raison que je n'y arrive pas non plus.

- Ouais.

Elle ne se montre pas totalement persuadée, sachant de quoi les garçons sont capables. Mais pas seulement par rapport à ce comportement d'agitateur. Le professeur l'impressionne si bien qu'une subite érubescence l'avertit de sa montée. La gêne s'accroît, ne pouvant la freiner.

- Bon! Je ne vais pas vous retenir plus longuement. D'autant plus que je suis pressé comme vous l'étiez juste à l'instant.

-Oui. En effet. C'est pour tenter de nettoyer ça.

La zone tâchée est pointée du doigt, désignant également ensuite ses paumes, l'enseignant les ayant déjà vu.

- Ne tardez pas. Et aussi,un peu plus mes habits auraient reçu vos empreintes comme sur le Rock Hall Fame sur Hollywood Boulevard. Encore, si j'étais une star… .

Teresa en rit furtivement, trouvant qu'il regorge d'humour, le talent de sa composition qui agrémente cette personnalisation remplie de fantaisie, la séduit. Miss Lisbon est sensible à la personnalité, là, de l'esprit et du sien en particulier pour ce premier contact verbal.

- Je ne vous retiens pas plus longtemps en otage. Bon nettoyage!

- Oui, merci.

- Et n'ayez pas honte. Le rose aux joues met joliment en valeur votre teint. Bonne continuation avec la mécanique.

Il se remet à courir à cette seconde tandis que la jeune fille lui crie à distance un autre merci, lui souhaitant pareillement pour la cuisine.

-Merci aussi! Je vais en avoir besoin!

Bras tendu à son attention, le sourire ne s'affadit pas, continuant de son côté, son chemin vers les toilettes. Lorsque la porte est enfin franchie peu après, des couches de papier sont déroulées rapidement, ouvre le robinet d'eau chaude, celles-ci sont passées ensuite sous un filet d'eau, l'adolescente se servant du savon avant de frotter sans mollesse ce qui provoque un léger déchirement des couches. La tâche s'atténue petitement mais au moins l'odeur a disparu sans oublier la crasse sur les paumes. Le papier en abondance est jeté en premier dans la poubelle, Teresa revient en direction du robinet où l'eau chaude continue de couler puis au moment de le fermer, son regard se lève vers la glace dans laquelle elle s'observe brièvement.

Ses lèvres s'élargissent de nouveau, pupilles scintillantes, l'expression égayée. Cette sensation de gaieté lui fait éprouver un effet étrange, gloussant nerveusement avant d'être avorté. Un sentiment de stupidité l'envahit, trouvant que ce gloussement inopiné est identique à celui des midinettes en fleur,son tempérament n'y étant pas adhérent. Le robinet est ensuite fermé, parvenant à définir rapidement la sensation. De l'euphorie. Ses yeux d'émeraude baissés à cet instant, se relèvent, fixent la glace avant que le regard ne dévie en coin et qu'apparaisse l'esquisse d'un demi soulignement qui se dessine sur sa bouche, mains posées sur le rebord du lavabo dans ces toilettes redécorées de quelques graffitis mesurés ainsi que d'inscriptions plus répandues sur les murs. Les rafraîchir est indispensable. Quant à cette première rencontre, presque une collision à laquelle ils y ont échappé de justesse, celle-ci n'a pas laissé indifférente, restant amusée.

Patrick Jane a fait très bonne impression à la lycéenne. Plus que sympa!

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