Jusqu'à la fin

Jusqu'à la fin
Cette image animée ne m'appartient pas, provenant d'une autre source.

mardi 9 mai 2017

John Le Rouge - Chapitre 10



Route près du parc Malakoff Diggins, comté du Nevada, Californie.

Nous y sommes, arrivant dans une SUV noire avant de se garer à proximité du lieu de la scène du crime en compagnie d'Hannigan. Les agents Cho et Rigsby, ayant entendu précédemment leur nom, sont sur place. Je distingue ensuite à moyenne distance une voiture décapotable rouge cabossée à l'avant qui appartient sans aucun doute à la victime qui est contournée.

-Bonjour patron. salue poliment l'agent Cho.

Impassible, d'origine coréenne, devant être à première vue, due par son attitude, un très bon élément. Et en parlant d'agent, celui-ci semble, apparemment, ne pas être très heureux de voir Hannigan. Compréhensible ! Spontanément de mon côté, je vais alors me présenter auprès du flegmatique représentant des forces de l'ordre d'une manière cordiale.

-Patrick Jane. Enchanté.

-Cho.

On ne perd pas de temps à se montrer démonstratif. Concis. Je ne me suis pas trompé.

-Faites comme si je n'étais pas là.

-Très bien.

Puis topo sur la cible. Winston Dellinger, touché par trois balles, confirmant que c'est bien sa voiture. L'équipe de route a trouvé le corps aux alentours de 6h00 du matin, tué vers minuit. J'ai l'oreille au garde à vous. Je les suis ensuite en prenant le haut d'une pente terreuse, ne quittant des yeux le cadavre que j'aperçois au loin, m'en rapprochant après. C'est une vision d'horreur en plus, respirant plus fort. L'image d'Angela de Charlotte me revient en flashback . Je ne sais si Hannigan le fait exprès pour me retourner la monnaie de ma pièce mais en me racontant que parfois les corps retrouvés sont en décomposition, couverts de vers, que ça remue dans tous les sens, que ça fait des petites bulles, ca me rend nauséeux.

-Je ne vous raconte pas l'odeur.

Je me relève sans trop attendre, ayant envie de vomir une nouvelle fois non pour la même raison. Il l'a fait sciemment bien sûr. Teresa Lisbon me demande par la suite si je vais bien, répondant oui, ajoutant; J'ai la tête qui tourne, accroupi là tandis qu'ils échangent avant que la chef dise ce qui doit être fait comme elle l'ordonne peu après.Vérification des relevés bancaires etc. Je suggère sans me gêner à ce moment de trouver la femme.

-Quelle femme? me demande-t-elle.

-Celle avec qui il avait rendez-vous.

Hannigan ramène sa connerie, vite remis de toute à l'heure, très rancunier.

-Vous êtes un médium, vous avez vu ça dans votre boule de cristal ?

-Les médiums n'ont jamais existé. je précise, le ton cotonneux.

Et je poursuis, parvenant à être capable d'analyser.

-Il a une voiture de célibataire, des fringues de jeunes, de l'alcool, des bonbons à la menthe et il s'est aspergé d'eau de toilette.

Mon don court plus vite à cet instant, stimulation soudaine de l'esprit.

-Il avait un rencart.

-D'accord. Merci pour votre contribution.

Pas tant épatée mais davantage indifférente, me prenant certainement pour un fantaisiste qui veut attirer l'attention en exposant des théories amatrices. L'agent Cho informe quant à lui, officiellement, dans la foulée que la victime a dîner la veille dans un restaurant appelé le café Toscani, sa supérieure l'envoyant là-bas dans l'imminence suite à cet indice trouvé. Quant à elle, la patronne décide de se rendre au domicile du père de la victime qui est juge à la cour d'appel et on ne s'attarde pas face à quelqu'un d'influent et surtout quand le fils a été tué et en général. L'agent Lisbon s'engage alors à partir pour aller le rencontrer, me proposant de me déposer, revenant sur Sacramento. J' accepte de la suivre.

Plus tard, chez le juge, je demande comment marche ce genre d'interrogatoire, curieux.

-J'entre dans la maison, (Et quelle maison ! Un véritable domaine royal!) Et j'interroge les personnes qui s'y trouvent. Elles seront bouleversées et ne m'apprendront pas grand chose.

Je confirme, je l'ai vécu.

-C'est souvent un handicap quand on a quelqu'un avec soi dans ces cas-là.

J'ai compris.

-Vous voulez que je reste ici ?

-Oui. Je préférerais.

-D'accord. Aucun problème. Je ne veux surtout pas être une gêne.

Néanmoins, pas le temps de me laisser à l'écart. Le juge au visage émacié arrive soudainement à notre rencontre, préférant quant à lui que l'interrogatoire se déroule où nous nous trouvons. Devant la propriété. La raison? Sa femme est dans tous ses états. Il y a de quoi! Déjà au courant, ça va de soi. Très compréhensible comme requête. Je suis présenté ensuite par Teresa Lisbon, pas le choix, salué de la main par le père, le suivant tous les deux rapidement. Je m'y colle.

Nous nous assoyions, moi seul sur un banc et à proximité, l'agent chef et le juge assis sur un autre où les questions ne tardent pas à défiler jusqu'à ce que je me montre blessant avant qu'une phrase significative ne soit exprimée. C'est tellement vrai!

-Pourquoi ils s'en seraient pris à lui et pas à vous?

Quand on est juge, on se fait des ennemis, croyant que le coupable peut-être un de ces innombrables jugés. Classique ! Pour se venger...

-Si vous voulez faire du mal à quelqu'un ne le tuez pas. Tuez sa famille.

Évidemment, cette remarque juste, pénètre mon esprit, n'étant le seul, je pense à cette seconde. Et la mienne le fait réagir.

-L'alcoolisme. Quel terrible fléau.

-Kingston avait replongé dans l'alcool?

-Nous l'ignorons. s'empresse de rectifier Teresa Lisbon, ma réflexion soulevé devant la déranger face au juge. C'est embarrassant. Il faut attendre que le laboratoire nous remette son rapport.

Et le juge se lève alors, offensé par mon indélicatesse, s'insurgeant.

-Alors vous insultez ma mémoire de mon fils sans preuve?

-Ce n'était pas pour insulter. Je l'ai deviné à travers votre comportement.

L'agent Lisbon en est tout d'un coup crispée, contrariée.... Mais je ne me dérobe pas pour autant, droit dans les yeux du juge qui en vient à admettre sa culpabilité, me lançant toutefois par la suite un regard méprisant, jugeur en me posant une question sensible.

-Quel comportement ?

-Kingston vous décevez énormément.

-En ce qui concerne mon fils, monsieur Jane, je suis seul responsable. Et je vis avec cette douleur. Vous avez des enfants monsieur Jane?

-Non.

-Oh! Alors vous ne pouvez pas comprendre.

Oh! Si je le peux! Mais ma souffrance m'appartient.

-Si vous n'avez plus de questions...

-Non monsieur.

A cette réponse de Teresa Lisbon, celui-ci s'en va, retourné, vexé et offusqué avant que nous fassions de même. Inévitable, une fois en voiture, je me fais gronder plus ou moins pour ma conduite inacceptable.

-Dellinger est un juge très important de cour d'appel du pays. Vous savez ce que ça risque de me coûter de le mettre en colère et de le retourner contre moi?

-Non. Quoi? ne mesurant les conséquences.

-Je risque gros. le ton qui se hausse. Vous devez comprendre que si vous....

Le portable retentit à ce moment, me sauvant de rapports conflictuelles, par chance.

-Une seconde, Cho.

La voiture est alors garée par précaution, s'excusant avant de descendre tandis que je reste dedans durant un petit instant. Durant la brève prise d'informations rapportées au bout du portable, mon oreille se balade avant que la communication ne prenne fin et qu'une timide satisfaction ne pointe.

-Vous aviez raison. Notre victime était avec une femme. Bien joué.

L'annonce positive est faite quelque secondes après à l'extérieur sur un ton plus radouci, me montrant modeste.

-C'est de la lecture à froid.

-C'est-à-dire?

-Si j'exerce cette technique sur vous, je dirais que vous vous êtes occupé d'un parent à problème, sûrement votre père. C'est pour ça que vous supportez Hannigan.

-Je ne le supporte pas. se défend-t-elle assez convaincante.

-La tristesse qu'il fait tout pour cacher aux autres vous fait penser à votre père.

Je viens de toucher également une corde très sensible qui la fait replier sur elle-même, abrégeant ma pratique chevronnée d'observateur d'une manière sèche, esquivant. J'ai deviné.

-On n'en n'a fini pour aujourd'hui. Souhaitez-vous que je vous dépose quelque part en rentrant?

-Vous deviez me montrer les dossiers sur John Le Rouge.

-Monsieur Jane. Je suis sincèrement désolée pour ce qui vous est arrivé. J'imagine ce que vous devez ressentir. A votre place j'éprouverais la même chose. Mais vous lancer à la poursuite de cet homme ne vous apportera rien de bon. C'est le genre d'obsession qui détruit pas mal de monde. Vous devriez déménager et essayer de passer à autre chose.

-C'est exactement ce que m'a dit Hannigan.

-Repassez au bureau demain matin. Mais faites un brin de toilette. Vous faites peur à voir.

Je ne dirais pas le contraire. Et d'avoir dit que Hannigan m'avait conseillé la même chose l'a fait cogiter rapidement. Elle ne veut surtout pas y être comparée. Teresa Lisbon est une âme humaine. Ça a basculé en ma faveur sans que ce soit intentionnel de ma part.

Par la suite, je ne m'y serais pas attendu, je suis impliqué dans l'enquête.

Bien habillé, une peu mieux soigné, en costume, ce mignon bout de femme forte de son métier me demande d'entrer dans une pièce où les suspects de cette affaire ont été réunis. Je dois juste les regarder un par un et que je lui dise lequel est le menteur?

-Moi?!

J'en suis stupéfait qu'on veuille me faire confiance en fin de compte, misant le dénouement sur moi.

-Vous semblez avoir un don.

-Je ne suis pas médium. Je vous l'ai déjà dit. Je suis un vulgaire charlatant. Je ne suis qu'un imposteur.

-Je veux bien vous croire mais quoi que vous pensiez vous avez un don. C'est évident. Alors autant nous en servir.

Je jette un œil ensuite dans la pièce à travers les stores puis au moment d'y aller je me rétracte, refusant avant d'être encouragé.

-L'enquête est dans l'impasse. Allez!

Je souffle et entre. Le numéro commence.

Après avoir demandé qui avait tué d'entrée, tactique pour déstabiliser, mettre mal à l'aise, je me lance, croyant savoir qui a fait le coup. Les agents Cho et Rigsby sont dispensés d'interrogatoire pour l'instant, se tenant en retrait près de la porte, ce qui ne les empêche pas d'observer. Me concernant, je me mets à raconter mon ancienne profession de vendeur d'espoirs, précisant que le don d'observation existe contrairement aux voyants, médiums, avant de clamer que l'assassin est dans cette pièce. Les suspects se lèvent soudainement après avoir prévenu que j'allais me servir de mes (pseudos) pouvoirs, non craintifs que ça fonctionne mais de se sentir traiter comme des imbéciles, des instruments pour un jeu grotesque. Cependant, je réussis à les faire changer d'avis en les faisant se rasseoir grâce à un argument de choc qui les amène là à baliser.

-En général, le coupable est le premier à vouloir partir.

Mon numéro consiste donc, pour après, à dessiner ce qui s'apparente aux symboles des tarots, tour de magie que je maîtrise parfaitement, réalisé avec les moyens du bord, pris de court. Je gribouille alors ce qui se rapproche de la personnalité des suspects présents, demandant ensuite à Teresa Lisbon de mélanger les cartes confection maison, la sollicitant en tant qu'assistante bénévole, celle-ci me les remettant peu après. Je propose à chacun, dès retour dans mes mains de ma création, de piocher dans le tas posé sur la table précédemment, en pensant très fort à leur dernier cauchemar. Chacun prend alors une carte sans qu'elle ne soit retournée, consigne inchangée, qui est ramenée respectivement vers eux.

J'explique par la suite qu'ils croient tous avoir sélectionné une carte au hasard mais c'est leur subconscient qui a sélectionné une carte pour une raison bien précise; Grâce à ça, le tueur va être démasqué. Ce qui se produit magiquement Mumbo Jumbo. Incantation pour rituels afin de causer la confusion. Ça a marché, non?! Le meurtrier a tiré le pendu. Monsieur Nathaniel Kim, inspecteur, demande ce que ça veut dire. Je m’esclaffe, un tantinet glorieux intérieurement.

-Aaaah ! Que c'est vous qui avez tué Winston Dellinger.

L'homme est ensuite arrêté, emmené au C.B.I où il est interrogé par l'agent Cho, avouant tout.Quant à moi, plus tard, après l'arrestation, je reviens au bureau californien, vêtu impeccablement, un peu plus que l'effort fourni vestimentairement lors de mon intervention auprès du cercle des présumés innocents non disparus parmi blâmables. Costume bleu foncé à rayures, badge de consultant épinglé sur le devant de la poche de ma veste, fier, content. Je respire davantage, ayant un but.

-Alors Minelli a vraiment engagé ce Jane?

Rigsby en est estomaqué, voulant obtenir sans doute confirmation sur cette nouvelle recrue. Sa patronne atteste bien la rumeur.

-Il nous a permis d'arrêter un flic corrompu et de détrôner un juge. Ça nous fait une excellente publicité.

Monsieur Kim couvrait le mauvais fils de ses graves frasques sous le consentement du papa puissant. Winston Dellinger l'avait appelé cette nuit-là, apeuré, racontant qu'il avait renversé quelqu'un, encore. L'inspecteur avait refusé, lui suggérant d'appeler la police cette fois, d'assumer. Seulement, celui-ci sut comment lui faire changer d'avis en le menaçant de révéler l'accord passé entre lui et son père si il ne l'aidait pas. L'année d'avant, un type avait été tabassé dans le bar que Nathaniel Kim avait ouvert. Il allait perdre tout ce qu'il avait. C'est en enquêtant sur l'affaire Dellinger qu'il a découvert que le juge qui présiderait le procès en appel était le père de Winston.

Celui-ci était terrifié que sa mauvaise graine aille en prison et que l'un de ceux qu'il avait coffré au cous de sa carrière; dernièrement, ne fasse la peau au fiston. A partir de là, il s'est penché en faveur de l'affaire du flic, passant un accord. Il s'arrangeait pour cacher les preuves. Lorsque Nathaniel Kim découvrit que c'était un être vivant, un cerf, un (pauvre) animal, le fils indigne fut soulagé, croyant que c'était une autre espèce, un humain. Marre de continuer à le couvrir, se disant que c'en était trop, il le tua. Le pacte avec le diable avait été rompu. Tout est puni un jour ou l'autre. L'affaire était clos, classée, passant sur mon cas, ma situation présente évoluée précocement, mon statut liée au C.B.I d'une manière imprévisible. Ça ne pouvait qu'alimenter les questionnements à mon sujet.


*********************************


Lisbon, Rigsby s'assoient tandis que Cho reste debout.

-D'ailleurs pour Minelli, ajoute , l'agent chef, c'est un véritable héros.

-Euh....

Wayne semble perplexe à l'écoute de cette dénomination en jetant un œil vers le nouveau consultant à travers la cloison ouverte avant de demander si Hannigan est au courant. Surtout en imaginant les deux hommes collaborés. Complètement dissociés.

-Oui. Il refuse de bosser avec Jane. Il a fait une demande de mutation.

-Vous savez qui va le remplacer? Interroge Cho.

-Non. Pas encore. Des nouvelles recrues doivent arriver. On en aura peut-être une. Jetez donc un coup d’œil à leur dossier. soumet-elle.

Rigsby tombe par la suite, immédiatement sur celui d'une certaine Grace Van Pelt, le montrant à son coéquipier, ami. Il a l'air de la trouver à son goût.

-Elle est mignonne.

-Ouais. ... T'as aucune chance.

Celui-ci lui répond d'une façon directe, expéditive comme à son habitude, cette réflexion déconcertant Wayne.

De mon côté, Teresa Lisbon face à moi, me demande si je suis sûr de vouloir voir les dossiers que j'espère tant parcourir, étudier enfin.

-Oui, absolument.

-D'accord. J'aurais essayé.

-En effet.

Mon regard est empli de gratitude, d'une joie triste mais mon mental y est préparé. Cette immersion au sein de cette enquête m'a redonné une certaine poussée d'énergie. Autant m'en servir à bon profit, ayant du pain sur la planche qui m'attend.

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