Chatbox

Laissez vos avis sur le blog, son contenu etc.

Jusqu'à la fin

Jusqu'à la fin
Cette image animée ne m'appartient pas, provenant d'une autre source.

dimanche 10 septembre 2017

Mentalist Cœurs à Vif - Chapitre 10



Les élèves à nouveau réunis dans le cours de maths, avant que celui-ci ne débute, qu'ils ne s'installent tous, Summer répète à ses copines ce que le nouveau prof lui a demandé de transmettre comme message, le faisant à ce moment plus ou moins propice.

-Oh! Au fait! J'ai oublié. Monsieur Jane m'a dit de vous remercier pour l'accueil qu'on lui a fait. Il s'est senti comme une rock star.

-Ah! Ouais!

Michell se montre béate, stupéfaite parce que sa copine leur rapporte.

-Hein, hein.

Toutes en sourient, n'en croyant pas leurs oreilles, du moins pour les principales responsables intéressées. Concernant Tamzin et Teresa, celle-ci faisant preuve de modération, principalement la douce sorcière, leur réaction se manifeste plus dans la réserve due à leur tempérament, ce qui n'empêche pas miss Lisbon d'être très réjouie intérieurement. Quant à Grace, ça l'amuse toujours autant.

A la fin des cours à 15h00, la sonnerie libérant tout le monde, les élèves sortant d'abord, les enseignants en dernier, dans le couloir, alors que Patrick Jane sort de sa salle de cours, Madeleine Hightower s'avance à sa rencontre afin de le prévenir d'une réunion des professeurs qui aura lieu mardi prochain.

-Oh! Très bien. J'y serai.

- Puisque je vous tiens. Vous pensez que les garçons de la terminale B pourraient essayer de nous faire bénéficier de leur talent de chefs pâtissiers?

-Vous êtes sérieuse?!

-Oui. répond le proviseur le ton là, détendu.

Sa légère naïveté ainsi qu'un abord confiant fait apparaître une ébauche narquoise sur la bouche du jeune prof.

- Parce qu'ils n'ont pas la fibre de chefs pâtissiers mais plutôt la capacité de transformer un aliment en charbon.

- Je suis sûre que vous exagérez.

-Ah, oui! employant un ton ironique le concernant. Vous devriez faire un tour pour voir.

- C'est dommage.

- Attendez. puis une idée lumineuse surgit. Vous accepteriez qu'une aide extérieure à cet univers uniquement masculin, participe?

-Euh? Oui.. Je ne suis pas contre. Vous avez quelqu'un en tête? demande-t-elle, bras croisés à nouveau.

- Il s'avère que oui. Summer Edgecombe. Alors elle, elle peut prétendre à ce titre!

-Ça a donc servi ce tour.

-Finalement, qu'on le voit ou non ainsi, par chance, oui.

-Bon. Je n'y vois pas d'inconvénient. Et je suis certaine qu'elle sera d'accord.

-Je pense aussi.

Leur perspicacité est réciproque. Toutefois….

- Si comme vous le dites, la réussite de réaliser correctement des petits gâteaux, enfin ce que vous voudrez, est très faible, vous allez avoir quand même du pain sur la planche.

-Pas faux!

-Peut-être qu'une autre personne ou plus d'une autre même, serait utile. Bien sûr s'y connaissant comme Summer Edgecombe.

- Bonne idée!

- Je verrai ça avec elle.

-Merci. C'est gentil. Dites.

-Oui.

- C'est un genre de test que vous voulez me faire passer?

- Ça se pourrait.

La directrice esquisse un demi soulignement des lèvres à son égard, ne sachant exactement définir si Hightower en plaisante. Plus ou moins.

- Des cupcakes, ça irait?

-Oui. Pas d'objection. La plupart des professeurs aiment, je crois.

- Tant mieux! C'est à quoi on a eu droit comme démonstration pâtissière de la part de la demoiselle.

- Parfait. Vous savez déjà ce que vous ferez. Très bien.

Nous sommes mercredi et cela représente un véritable challenge à relever. En si peu de temps?! Il fallait s'y mettre. Et pour cela, dès le vendredi, les ayant en cour, il faudrait les exercer à en réussir plus que quelques-uns.

Le lendemain, le proviseur appeler donc miss Edgecombe qui se demandait ce qu'elle avait bien pu faire. Mais lorsque la jeune demoiselle fut informée de la bonne nouvelle, ce qui avait été pressenti, elle l'acceptait, ne dissimulant en rien sa joie. Par ailleurs, la miss savait qui allait être sa partenaire. Sa future coéquipière avait reçu un enseignement en pratique il y a trois mois et demi, se débrouillant très bien.

-Vous connaissez quelqu'un, Summer, qui pourrait vous aider?

- Oui.

Malheureusement, aucune autre personne de leurs copines ne pouvaient se rajouter, ne sachant faire. Tant pis. Cependant, ça arrangeait bien la princesse des cupcakes. Profiter davantage d'être dans la même pièce que le joli monsieur. Concurrence réduite. Et en réaliser beaucoup ne lui fait pas peur au cas où les garçons rateraient la totalité de ces petites merveilles à déguster. Avec Teresa, tous s'en sortiront.

Au loft, elles avaient passé lors d'un mercredi après-midi, à en réaliser quelques-uns, principalement lorsqu'on ne les brûle pas. Michell,Grace et même Tamzin s' y étaient jointes, passant cette après-midi entre filles, leur permettant de se connaître bien mieux encore. Seule Teresa avait prouvé sa prédisposition à la bonne confection de ces célèbres petits gâteaux gourmands.

Pendant ce temps, la musique était en train de jouer, ne dépassant pas la limite des perces tympans. Grace avait demandé à la maîtresse du lieu, si vivre seule ici ne lui faisait pas peur et si la solitude ne lui pesait pas. N'ayant que 17 ans, ça veut tout dire.

- Ça m'arrive des fois. Après ça passe. je suis un peu solitaire dans le sang. Alors ça va.

Les filles sourirent simplement, trouvant leur nouvelle copine courageuse, compatissant néanmoins.

- À moins que l'une de vous en a marre de vivre dans le foyer familial. Dans ce cas, une colocataire…

- Je ne veux pas te vexer mais je préfère rester dans le foyer familial même si parfois les parents ça gonfle.

- Tu vois, Michell. C'est pour ça que je suis venue habiter ici. pointant alors avec un geste exagéré de diva.

Un élargissement collectif des lèvres, rendit clos le sujet avec légèreté. Il n'y avait rien de plus à rajouter.

Le vendredi alors, en cours de cuisine, en première heure de l'après-midi, le professeur les prévient de la nouvelle. A l'écoute attentive de celle-ci, des yeux s'exorbitent suite à, suivi de certaines bouches qui deviennent béantes. Et la réaction est imminente de vive voix.

-Eh!Monsieur! Jamais on y arrivera. On a réussi seulement quatre cupcakes avec le nombre que l'on est. Ça fait trop court.

- Ouais! Pourquoi vous avez dit oui?

- Je me doutais de votre réaction.

Les bras du prof se lèvent en signe de tempérance envers la classe, lèvres non crispées.

- Du calme! Ecoutez! Nous ne serons pas seuls à les faire. J'ai demandé à ce que l'on soit secondé. Et à ma décharge, la directrice m'a pris de court.

- Mais pourquoi vous n'avez pas refusé, m'sieur?

Danny Ruskin, le retour. Et question pertinente.

- C'est vrai, j'aurais pu. Mais vu que j'ai eu cette idée de nous aider, je n'ai pas dit non.

- Et ça vous fait rire, m'sieur? On va se planter, ouais!

- Mais non.

-Et c'est qui, qui va nous aider, monsieur? demande Wayne, la voix posée.

- Summer Edgecombe et Teresa Lisbon. Je l'ai su hier.

Les garçons se regardent sans apporter aucun reproche, n'étant contre. Néanmoins, uniquement deux aideront et comme le fait remarquer Kimball, ça fait pas lourd.

- Je suis d'accord. Mais ça sera mieux que personne. Non?

Beaucoup acquiescent et étant dans la panade, malgré qu'il y ait pire en dehors de l'univers du lycée, ça n'empêche pas de faire un peu paniquer. Une première pour eux de jouer les traiteurs pâtissiers.

-Bon! Avant de tenter de faire honneur à nous, chers professeurs, on va s'exercer aujourd'hui pour essayer de nettement s'améliorer. On ne va pas tout laisser sur les bras de ces gentilles bénévoles.

Les garçons hochent la tête, disposés à s'appliquer.

-Eh bien! C'est pas gagné! s'exclame plusieurs minutes après le professeur amateur en cuisine mais qui sait faire la différence entre un cupcake bon et un très mauvais voire dégueulasse, les propres mots critiqueurs de celui-ci.

- Vous feriez mieux que nous, peut-être,m'sieur!

- Danny. Je ne sais pas mais on va essayer.

Le regard de Patrick Jane s'écarquillent légèrement, l'expression amusée par cette remarque qui sonne comme un genre de défi. Il s'avance ensuite vers lui après avoir retiré son blazer ainsi que son petit gilet, ensemble à nouveau porté mais néanmoins déboutonnés, sans oublier sa chemise blanche imprimée de fleurs de couleur gris. Très frais. Le releveur de défis se met alors à la pratique en réalisant une autre préparation de pâte, issue de la même recette. Une fois fait, il la verse dans le moule, prévu à cet effet, celle-ci parfumée de sucre vanillé, l'établissement ayant les moyens pour les ingrédients de base.

En Angleterre, on appelle les cupcakes, les gâteaux de fée. Dans ce cas-ci, pas de nom à donner, étant laborieux et en moyenne générale désastreux. Le gâteau est toutefois cuit correctement, monsieur Jane plutôt ravi de la couleur doré après l'avoir sorti du four. Quant à chapeauter le gâteau, la maîtrise pour passer la crème à l'aide de la douille de fourrage, celle-ci gicle sur le bout du nez du jeune Houdini.

Dans le mil!

Kimball, Wayne, se tenant non très loin de la scène malencontreuse, en ricane ouvertement. Ça surprend toujours lorsqu'on voit le jeune Cho piquer un rire. Mais là. Comment se retenir? Pas tout le temps impassible non plus. Et à son âge, ça serait malheureux!

Le jeune enseignant s'en excuse quant à lui, en riant également, furtivement contrairement à la victime qui s'essuie par la suite le bout du nez sans pour autant avoir le visage trop fermé même s'il ne s'en réjouit pas.

-Ooops! Désolé.

- Fais un vœu, ça porte-bonheur il paraît.

Le conseil de Wayne accentue le ricanement de son ami pendant que Danny se retourne dans leur direction, le torchon dans les mains.

- Je suis mort de rire!

Quelques secondes plus tard, le professeur fait alors goûter à son élève favoris de ce début d'après-midi, le cupcake terminé.

- Je vous sers de cobaye, quoi!

- En quelque sorte, oui.

- Bon!

Malgré que l'enthousiasme ne soit pas au rendez-vous, celui-ci mord dans la crème à la vanille aussi, le morceau étant recraché de suite sous le regard un tantinet étonné.

- Ce n'est pas bon?

- C'est pas complètement cuit à l'intérieur.

-Ah! Bon? Pourtant c'est cuit comme il le faut à l'extérieur .

-Goûtez, vous verrez.

Le cupcake est tendu, un autre morceau arraché du bout des doigts qui est par la suite porté à la bouche. La grimace ne tarde pas à apparaître, crachant à son tour le morceau plus délicatement cependant.

-C'est vrai. C'est pas bon du tout.

- Vous l'avez bien réglé, le four?

- Oui, je crois.

Le prof va alors vérifier, constatant que les degrés sélectionnés sont justes.

- Je l'ai bien réglé.

- Monsieur! interpelle un élève qui le fait se retourner.

-Oui.

- Le four. Il est pas assez puissant. Il est vieux. Le mien aussi n'est pas totalement cuit.

-Intéressant. Tantôt ça crame, tantôt ça cuit à moitié. On va donc tout recommencer.

-Oh Non!

Les garçons râlent de nouveau, lassés de la pâtisserie, n'étant pas un loisir à leurs yeux mais une véritable punition.

-Je sais, je sais. Mais on n'a pas le choix. Allez! On va refaire une autre fournée.

- Comment ça se fait que Summer a réussi?

- Bonne question, Wayne. Elle a dû le laisser plus longtemps. C'est ce qu'on va tenter. Et autrement... On en fera de la pâte à modeler.

Les lèvres s'étirent, mini blague qui détend la classe entière avant de s'y remettre. Et cette tentative n'est pas trop mal. Mais alors qu'une certaine entente, atmosphère sympathique plane, le mot qui ne fallait pas prononcer fait tout retomber, fâchant. Le goût n'étant pas miraculeux….

- Encore un peu une bande de sous-mains pâtissiers, mais bon! On ne peut pas transformer des novices en experts de la sucrerie.

A cause de cette réflexion qui est prise passablement, Patrick Jane a signé la fin de toute possibilité pour les mettre dans la poche à ce moment et principalement un, dont son hostilité revient, le traitant dans sa tête de face de crétin, qu'il était en définitive un naze broc, un merdeux, un trouduc avant de marmonner, le regard bas.

~*~

- Tu vas voir tes gâteaux.

-Un coup il t'encourage, un coup il te rabaisse.

-C'est un prof. Faut dire, ce qu'on a fait est pas terrible. T'en mangerais toi?

-Ben….

-Goûte.

Wayne porte à son tour, à sa bouche un morceau de sa composition, grimaçant en le mâchant avant d'en recracher dans une feuille de sopalin.

- Non.

- Tu vois.

La lucidité de Kimball démontre à son copain que la réflexion de leur professeur s'avère quand même justifiée, Rigsby comprenant que son ami n'est pas vraiment en train de défendre le critique pâtissier amateur mais souligne simplement la vérité de ce fait. Depuis ce séjour dans ce camp de redressement militaire, Kimball a acquéri en maturité.

Le fameux mardi , les nouvelles recrues rejoignent pour ce jour spécial, le groupe, l'aide précieuse dont celui-ci a besoin. Summer et Teresa habillées de leur tablier blanc également, fourni par le lycée et enviées par Michell principalement mais aussi Grace, les deux demoiselles commencent à seconder les garçons. Apprendre les rudiments reste une partie de plaisir vu la façon de faire, surtout pour Cho, sa petite amie l'aidant. Joindre cette pratique forcée à l'agréable. Il n'y voit aucun rabaissement à cela. Au contraire, ça lui plaît. Quant à Wayne, il aurait bien voulu que Grace soit présente pour l'aider pareillement. Qu'est-ce qu'il aurait aimé! Toutefois, avec miss Edgecombe, c'est pas triste. Surtout quand elle le traite de godichon sans trop de brusquerie.

- Je fais mon possible.

-Ouais. Mais c'est pas sorcier d'appliquer la crème dessus, en spirale. Regarde. Comme ça.

La démonstration le fait légèrement soupirer, rendant son amie à cet instant, perspicace, qui en sourit.

- Ça te gonfle, je sais. Et si ça aurait été Grace? Je ne crois pas que tu en aurais marre, hein?

Elle se retourne en sa direction, pouce dans la bouche, aspirant une noisette de crème à la noix de coco dessus. Soudainement, Wayne en rougit un petit peu, bafouillant sous le regard amusé, pétillant d'espièglerie de sa camarade.

-Oh! T'en fais pas. Je ne le répéterai pas. Et puis, tout le monde est au courant.

-Ah, bon? Mais…. Comment?

- Franchement. Dès que tu poses tes yeux sur elle, c'est flagrant.

-Oh, merde. murmurant son léger embarras. Tu crois qu'elle a remarqué?

- Faudrait être aveugle. Elle doit s'en douter. Et puis avant qu'elle ne sorte avec Graig, on lui a fait quelques petites allusions à ce sujet.

-Ah! Bon?! Mais qu'est-ce qu'elle a dit?

- Ça te panique de le savoir?

-Euh? Non. Euh? Non, non. Enfin…. .

Tout en réalisant le cupcake très habilement, les lèvres de la demoiselle s'élargissent davantage en le regardant à nouveau, encore plus amusée.

- Grace était gênée. Elle a un peu rougi, en répondant que tu l'aimais bien, c'est tout.

-Ah, bon?

La manière dont le grand gaillard réagit, amuse deux fois plus encore son amie qui est en rit brièvement.

- T'as l'air déçu et contrarié qu'elle ait dit ça.

Bien sûr il s'en défend.

-Euh! Non. Pas du tout.

-Ne prends pas cette attitude, je m'en fiche, je suis détaché. Ça ne te va pas du tout. Et quand une fille répond quand on la questionne pour savoir ce qu'elle pense d'un garçon qui semble très bien l'aimer, ça gêne toujours.

-Pas toi en tout cas, je pense.

Summer prend un air réfléchi, répondant sans trop hésiter.

-Peut-être pas, non mais tout dépendrait. Ca pourrait m'arriver.

-Ah, ouais?

-Ouais. Ca, ça te fait sourire. Si tu continue, je vais te mettre de la crème pour que tu l'effaces. En plaisantant évidemment. Bon! Allez. Au lieu de parler de Grace, de moi, ça serait bien que tu puisses m'aider à réussir quelques cupcakes. Je ne vais pas avoir tout sur les bras.

-Ouais. T'as raison. On s'y met.

-Ouf!

Pendant ce temps, Teresa ayant fait du bon travail avec Kimball, enfin un, déjà pas mal se dit-elle, la jeune fille s'engage seule dans la confection de ce gâteau afin qu'il y en ait beaucoup plus que prévu au cas où des échecs dans la préparation se répéteraient. Patrick Jane passant entre les élèves à ce moment, épaté par les petit progrès grâce aux sauveuses, stoppe ses pas à côté de la jeune fille, la complimentant à voix basse, seule s'y attelant à cette minute.

- C'est très joli. Avec cette petite fleur.

- Merci. On s'est dit avec Summer que c'était une bonne idée d'investir dans la décoration. Mais pas trop chargé non plus.

- Ça donne envie de le manger.

L'adolescente sourit modestement, flattée néanmoins.

- Vous pourrez en manger demain.

A cet instant, son regard d'émeraude éclatant s'oriente vers celui du prof, un irrésistible bleu azur. Curieusement, s'attardant d'une façon même fugace, l'impression renvoyée si quelqu'un y assistait, ce serait deux personnes troublées l'une par l'autre. Et à quelques mètres, Wayne admire la fleur rose que Summer est en train de créer.

- C'est beau.

- Merci. Pour être franche, au début quand j'ai commencé, je me suis arrachée les cheveux tellement que ça me prenait la tête. J'ai réussi au bout d'un mois et demi. Et avec de l'entraînement, au fur et à mesure…. Voilà ce que ça donne. employant une petite voix joviale en fin d'explication.

-Ben, t'es douée.

- Tu veux essayer?

-Moi?!

Rigsby s'auto-désigne, n'y étant préparé, conscient de son inexpérience en matière de décoration florale pâtissière.

- J'ai jamais fait ça.

- Il est temps d'apprendre alors. Et si tu réussis, pour ce cupcake, Tu auras qu'à l'offrir à Grace.

- C'est drôle.

- Non, je suis sérieuse. Offre-lui comme un ami. Elle aimera.

Un clin d'œil lui est adressé tandis qu'un des élèves demande combien ils doivent en faire. L'échange de regard où l'on pourrait discerner ce léger trouble mutuel se rompt, le professeur répondant avec un naturel désarmant tout en se détachant du périmètre de Teresa comme si de rien n'était. Peut-être des idées que l'on pourrait se faire?

mardi 5 septembre 2017

Mentalist Cœurs à Vif - Chapitre 9



Lorsqu'il fait son entrée dans la salle de cours de cuisine, après avoir frappé deux coups, à vingt-six minutes de la fin, il faut bien le reconnaître, Il ne passe pas inaperçu, déclenchant l'hilarité, chambré par ses potes.

-Oh! T'es joli Danny!

-T'es libre après les cours?

Des petites voix efféminées sont prises par deux des élèves et quant à Wayne et Kimball, tous deux l'acclament, Risgby le sifflant ce qui fait sourire son ami Cho. Du côté de son prof pris en grippe, celui-ci ne peut s'empêcher d'élargir un sourire, très largement même, en voyant sa part de féminité, perruque à la main.

- Accueillez une nouvelle élève parmi nous! Ça vous va bien, Danny.

-Ha, ha, ha!

L'apprentie demoiselle s'esclaffe devant la classe entière, comme Summer l'a fait, avant de répondre plus posément à Patrick Jane, en impliquant de l'humour.

- J'ai voulu changer de sexe aujourd'hui comme vous l'avez fait. Je me suis mis en beauté.

Cette remarque dont il fait allusion est bien sûr en rapport avec ce qu'il pensait voir; Une fameuse Gretchen jouant à merveille du four. La comprenant très bien, le sous-chef des fourneaux continue à le cibler du regard, conservant cette largesse des lèvres néanmoins, d'autant plus dû à un compliment inattendu bien que désinvolte, qui provient de la bouche de miss Ruskin. Amusé plus que flatté.

- Elle est sympa votre tenue. Plus cool.

- Moi aussi j'ai voulu modifier mon style. Et c'est gentil de votre part. Je n'en attendais pas tant de vous.

-C'est mon côté femme je crois. imitant à ce moment une voix haut perchée de cantatrice.

Il reprend vite le dessus face à la moquerie, l'humiliation vécues. Le ridicule ne l'effondre pas. Force morale de sa nature. Ça sert certainement quand on nage dans l'univers des forains. Concernant l'appréciation vestimentaire émise vis-à-vis de l'enseignant, cette autre prise de liberté est causée par une remarque faite, après l'arrivée de celui-ci, lors d'un croisement dans le couloir entre ces deux-là. Danny ne se gêna pas alors pour lui dire qu'une tenue plus décontractée ne ferait pas de mal, admettant malgré tout que la veste plus le petit gilet convenait bien à sa personnalité extérieure. Patrick Jane le remercia, le timbre légèrement ironique, n'en tenant à ce moment pas vraiment compte.

- De rien, m'sieur.

Ah! Insolente jeunesse!

N'étant pas influençable, cela dit, se regardant ce matin dans le miroir rectangulaire situé dans l'entrée de l'appartement, accroché au mur, une envie de fantaisie se présenta. Il n'a pas tort. Ça m'irait bien, tiens! Il appliqua donc ce conseil en vitesse. Veste bleu foncé à rayures, t-shirt à manches longues de couleur sable, imprimé d'un graphisme un peu morbide qui représente une tête blessée au niveau du front, sang jaillissant en gros plan de là. Certains d'ailleurs, ont eu la même pensée en le voyant, celle de Danny n'étant pas restée en retenue dans sa tête.

- C'est plutôt macabre le dessin. C'est quoi? Un motard?

-Oui c'est vrai. Moi-même je ne suis pas sûr de ce que cet homme est. Une cible dû à un règlement de compte ? Qu'est-ce que vous en pensez?

-Un motard qui a été pris pour cible en fuyant.

-Pas mal comme supposition. Vous savez pourquoi j'aime ce tee-shirt?

-Non. Ou parce que vous avez des goûts bizarres?

-Pas du tout. Mais au moins je me démarquerais comme ça. Non. Parce que ce tee-shirt fait travailler l'imagination des gens qui se posent la question. Et ça marche!

-J'avoue c'est ingénieux. Ben au moins comme ça, vous provoquez aussi la parole chez les gens qui se questionnent.

-En effet.

Ils se regardèrent tous deux durant un petit instant jusqu'à ce que ça fasse cogiter mister Ruskin par rapport à la motivation du prof. Il a bien eu un nouveau!

De retour à ce moment présent, Patrick Jane continue de sourire, lui demandant aimablement qu'il aille à sa place.

- Bon! Nous avons encore un peu de temps pour réaliser un cupcake chacun.

- Monsieur! Pourquoi insister? C'est bientôt la fin du cours de toute façon.

-Ouais, c'est vrai!

Deux élèves qui réagissent à la suite sans que les autres ne les contrent, étant du même avis. Allez! Tous en chœur! Pas fou l'enseignant!

- Justement! Il n'est pas trop tard pour essayer d'en réussir un, au moins. Ils ne sont pas tous charbonneux malgré que beaucoup manquent de goût, immangeable.

-Merci, monsieur de nous encourager.

Wayne se manifeste à son tour, ironique évidemment, le timbre respectueux toutefois.

- Ce n'est pas pour vous démotiver. Au contraire! Allez! Au travail! La pâte est prête, il ne reste plus que la crème à préparer. Allez!

La majorité râle mais s'exécute, y compris miss Ruskin qui se fait taquiner par Cho.

- Tu nous aides pour le cupcake? Les femmes ont le coup de main pour ça.

Danny plonge alors ses doigts dans la pâte, en jetant un bout sur le tablier de son copain.

- Ça ira comme ça?

- T'as bien le coup de main. ne pouvant qu'en grandement sourire.

De l'autre côté, concernant les filles, le rire à l'unisson fut immédiat, Teresa, Michell, Grace, la complimentant par taquinerie également.

- Tu es mignon.

Tamzin en sourit seulement et largement comparé à plusieurs minutes auparavant lorsque sa création était parmi les demoiselles. dont un pouffement nerveux lui échappa dans son coin à la manière dont Danny s'était tenu, voulant s'imprégner de la posture d'une fille avec une légère exagération.

Durant l'interclasse, plus tard, Summer en vient à se vanter auprès de ses copines pour être restée au cours de cuisine, pâtisserie. Toutes se montrent alors toutes ouïe, le sujet étant le prof, le très joli monsieur dans l'intimité de leur langue de très jeunes adultes.

-Il a été super sympa. Même quand il a découvert le poteau rose, il ne m'a pas renvoyé du cours.

- Il avait besoin d'une présence féminine qui s'y connaisse en pâtisserie.

Michell assise sur le sommet du banc, comme toutes les filles, à la fois taquine et surtout envieuse, le dit toutefois avec espièglerie, lunettes de soleil ronde sur le nez, le soleil s'étant immiscé. Son amie l'été hausse les épaules, ne la contredisant pas, s'imposant tout de même en ripostant avec son assurance légendaire.

- Peut-être mais il aurait pu me virer. Et non !Il m'a gardé.

Toute fière, un tantinet crâneuse exprès.

- Jalouse? ajoute-elle avec le sourire, bon enfant.

-Oh! Oui! Je crève de jalousie.

Elles en ricanent ensemble, ne le prenant pas au sérieux évidemment tandis que Grace en sourit, racontant quant à elle comment Danny s'est fait prendre rapidement, trouvant encore drôle le déguisement de leur copain avant de lever le regard en direction de Tamzin, celle-ci assise à côté d'elle.

- En tout cas, t'as fait un super boulot sur lui.

- Merci. Il me le devait bien et j'avoue que je me suis amusée à être complice.

- Tu le feras pour moi aussi? vient à implorer miss Vega, moins mais audacieuse.

Bien sûr en plaisantant. Cependant, elle envie bien sa copine d'avoir osé.

La jeune sorcière relève les yeux à cette seconde, sourire à moitié étiré, cachant sa vue du visiteur solaire à l'aide de sa main placée sur son front.

- Là, non. Mais je te verrais bien avec une moustache.

- Une moustache?

- Ouais. T'aurais la garantie de rester jusqu'à la fin du cours de cuisine.

- Tu veux dire que je ressemblerais plus à un homme?

-C'est un compliment.

-Euh! Tu parles d'un compliment!

- Mais réfléchis. Tu profiterais plus que Summer, comme ça.

- Il y a des limites. Mais si c'est le prix à payer pour me ridiculiser… On se téléphone pour prendre rendez-vous. mimant le geste, bouche élargie, du sérieux non échangé également.

- Ça valait vraiment le coup pour s'attraper deux heures de colle? demande Grace alors.

Summer la fixe et d'un éclat des lèvres, hoche activement la tête.

- Mais je ne crois pas que je le referais. Non. Une fois suffit.

-Eh! Regardez, Danielle en train de jouer au basket en fille de 17 ans !

Toutes tournent leur attention vers lui dans l'imminence après que Michell ait titillé leur curiosité, l'amusement se dessinant sur leur bouche avant que celui-ci ne soit chahuté , là, par ses copains à qui il fout une bonne raclée, comme il le clame, victorieux, le criant, bras levés.

- Prosternez-vous! C'est moi le roi du ballon!

- Tu rêves!

Kimball reste égal à lui-même tandis que Wayne le pointe du doigt, mettant au défi une revanche.

- Quand tu veux!

A cette minute, juste la petite faiblesse de ces demoiselles traverse la cour afin de rejoindre la salle des professeurs, ne trouvant décidément rien à redire à propos de cette nouvelle décontraction. Mon dieu qu'il est craquant, à croquer! Sa tenue fait l'unanimité féminine. Et parmi, Teresa y est sagement non indifférente, le trouvant très charismatique et véritablement très joli garçon. Il n'a que…

Au fait! Quel âge a-t-il???

************

Dans la salle des profs, Patrick Jane fait la connaissance du professeur d'histoire, d'anglais, littérature celle-ci s'avançant en sa direction, sociable, souriante, amicale. Plusieurs diversités d'enseignement à son arc.

- Bonjour. Vous êtes le nouveau professeur de cuisine?

-Euh! Oui.

- Je suis Kristina Frye. J'enseigne l'histoire, l'anglais et la littérature.

- Vous devez vous en sortir mieux que moi. le disant avec décontraction, souriant mais franchement.

La main de l'enseignante se tend, serrée alors par son nouveau collègue.

-Oh! Pardon. Où sont mes bonnes manières.

- Ça n'est pas bien grave. Un réflexe.

- Mais la moindre des politesses. Enchanté!

- Moi de même.

-Alors. Comment s'est passé vos deux premiers jours? Il ne vous ont pas trop mené la vie dure?

- Disons que le premier contact est souvent comparable à un test de passage. Pas comme pour intégrer une confrérie mais ils y mettent de l'effort. Il y en a un surtout. Danny Ruskin.

-Ah! Danny. Oui. Il est connu pour faire tourner les profs en bourrique parfois. Voire très souvent. Mais quand on le connaît après, c'est un môme pas trop méchant. Il a des côtés attachants même.

- Il faut les découvrir alors! Ca me fait d'ailleurs penser à un rubicube. Un véritable casse-tête pour que les couleurs identiques s'assemblent et forment une harmonie générale. Pour l'instant il est à lui tout seul un cube à nuances anarchiques. C'est un perturbateur né!

- C'est assez bien vu comme figure métaphorique! Ça le définit bien. A sa décharge, il est à l'état sauvage. Il faut savoir comment l'apprivoiser.

- Vous y êtes parvenue?

-Avec la pratique, oui.

- A vous voir, je n'en doute pas.

Tout cet échange à propos de cette prise de température à propos des élèves s'établit à renvoi de sourire.

- Je suis sûre que vous réussirez à les acclimater.

- Je ferai du mieux que je pourrais en tout cas.

-Bon! Au pire, je viendrai à votre secours.

Les profs aussi ont l'esprit à plaisanter entre eux, non contre toutefois si jamais ça se produirait.

- D'accord. J'en prends bonne note et vous prends au mot.

- Sinon, si ils vous donneraient trop de fil à retordre vous avez la souveraine de Riverdale. Madeleine Hightower. Elle sera vous conseiller aussi et encore mieux.

- Oui, je n'en doute pas non plus. Nous avons fait d'ailleurs connaissance hier.

- Oui, je sais. Vous avez garé votre voiture à l'arrière de la cour ce qui a généré entre nous une conversation à ce sujet .Il se peut même que ça vous vaille une retenue sur votre salaire.

- Vous plaisantez, c'est ça?

Patrick Jane la pointe du doigt, le sourire malicieux, son interlocutrice l'avouant, très aimable, ouverte à ce genre de plaisanterie. A jamais des gamins!

- Je vous fais marcher, oui.

-Ah! Je ne sais pas mais je pense que nous allons bien nous entendre. Qu'en pensez-vous?

- Je le crois aussi.

- Contente de vous connaître enfin en tout cas.

- C'est réciproque.

- Tant mieux!

Un sourire éblouissant s'accompagne avant de demander si par hasard il aurait des questions par rapport, cette fois-ci, au fonctionnement de l'établissement, des problèmes rencontrés ou qui lui en causerait déjà, à part Danny Ruskin. C'est bon de plaisanter!

- Pour l'instant, non. Je fais connaissance avec les murs.

- Vous avez de l'humour.

- A double sens.

- J'ai compris. C'est un point positif. Ça va vous servir pour ici.

-C'est mon arme secrète. Et j'ai d'autres tours dans mon sac pour m'adapter et être accepté.

- J'en suis certaine. Un café, ça vous dit?

- Un thé plutôt.

Une fois servi quelques secondes plus tard, ils s'assoient tous les deux, Kristina Frye sur la banquette à deux places, Patrick Jane dans un fauteuil en tissu gris, confortable, sirotant leur boisson respective pour enfin, ainsi, faire davantage connaissance avant le retentissement de la sonnerie.

- Alors, Patrick. Où avez-vous enseignez auparavant?

- Au lycée Southside Charter.

- C'est un lycée pas mal.

- Vous connaissez?

- De nom et je connais aussi quelqu'un qui a enseigné également lors d'un remplacement. J'en ai eu des échos positifs.

-Pas comme ici, je présume.

- La réputation de Riverdale n'est pas à faire.

-Non. Ça serait davantage à refaire.

-Vous avez sans doute eu des échos négatifs.

- Quelques-uns, je ne vais pas le cacher.

- Alors pourquoi avoir accepté de venir ici? le questionne-t-elle avec amabilité sans le prendre mal.

Frye ne s'en est jamais aveuglée en mettant des oeillères car difficile d'occulter les problèmes de cet établissement.

- Disons que je n'ai pas eu le choix.

Le regard du professeur d'histoire et plus s'écarquille subitement, réaction spontanée qui fait deviner au perspicace monsieur Jane sa pensée personnelle.

- Vous êtes en train de vous interroger sur la raison pour laquelle je me retrouve là, n'est-ce pas?

- J'admets, oui.

- Je ne vais pas m'en cacher. Pour être franc, le motif de ma promotion, blaguant ce qui fait sourire avec largesse sa collègue, et assez embarrassant et non glorieux évidemment.

Puis il lui explique en résumant l'essentiel. Qu'il a été remercié, en terme de politesse, pour avoir fait une expérience avec un élève en l'enfermant dans cette caisse et que celui-ci a fait une crise de panique, d'asthme. Même histoire rapportée précédemment, en toute honnêteté. Le moins que l'on puisse dire c'est que cette fâcheuse mésaventure a le don de rendre Kristina Frye estomaquée par une telle audace inconsciente, ne se gênant pas pour lui en faire part, toujours d'un ton amical.

- Je le reconnais. Ça a été atroce pour adolescent.

- J'imagine. Les parents n'ont pas porté plainte?

- Non. Ils étaient furieux. Et un accord a été passé pour que je passe outre les sanctions. Accepter de démissionner. J'ai eu du bol dans cette malchance.

- C'est sûr! Eh bien! Vos élèves ne vont pas s'ennuyer avec vous.

- C'est possible. En tout cas, si je ne veux pas qu'un procès me soit fait, je n'ai pas intérêt à réitérer ce genre d'expérience. Ça m'a servi de leçon.

- Heureusement pour vous!

-Oh, oui!

-Au fait! Pourquoi Danny Ruskin et Summer Edgecombe, une blonde platine, mignonne, les deux sont copains, tout le temps dans le même groupe d'amis…. Ces détails sont apportés afin de bien faire mémoriser leur apparence. Mais le jeune enseignant n'a pas zappé cette image de son esprit. Sa mémoire est infaillible.

- Oui, je sais de qui vous voulez parler.

-Ah.

- Vous voulez faire allusion à leur style étrange, je suppose.

-Oui. hochant la tête.

- Ces deux petits malins ont voulu changer leur place en se transformant.

- C'est pas mal fait.

- Je trouve aussi.

- Échanger leur place?! C'est vrai que Danny a râlé pour les cours de cuisine. Il a même tenté de mettre le feu à un tablier qu'il portait il y a deux jours pour revendiquer son refus.

- Rien n'est commun chez lui.

-Non. Il surprend.

-Oh! Je m'en doute. Je suppose que je ne suis pas au bout de mes surprises avec lui.

- Je n'en révélerai pas plus.

- Ça me fera alors une surprise de plus.

Ils en sourient de nouveau tandis que la sonnerie met fin à cette nouvelle prise de contact prolongée malgré tout.

- Malheur!

Le professeur aux multi-matières maintient son sourire face à exclamation sciemment exagérée de son frais collègue masculin, avant de quitter ensemble la salle des professeurs quelques secondes plus tard, rejoignant leur classe respective après s'être souhaités mutuellement un bon cours.

- Je vais en avoir besoin. Merci.

Un signe de la main de la part de Patrick Jane, celui-ci ne s'en angoissant nullement toutefois, n'étant du tout de cette nature, en plaisantant simplement encore, pensant tout de même que enseigner n'est pas du tout cuit également, prêt à tomber dans le bec. Mais relever des défis le stimule. Il aime les challenges.

Cependant à cette heure, les nouveaux élèves qui franchissent la porte du cours peu après, vont lui accorder une heure de répit cette fois, un luxe. Mais curieusement, le trop de sérieux ne lui convient pas réellement. La fantaisie ça enjoue. Jamais le juste milieu. Bah! Il faut bien composé avec.




mardi 29 août 2017

Mentalist Cœurs à Vif - Chapitre 8



Leurs copains n'ont pas le temps de s'apercevoir de leur mascarade guignolesque, se questionnant quand même, que ce soit entre le groupe des filles et des garçons, pensant que quelque chose cloche. Ils ont une de ces touches côté fringues! Et l'allure?!


De nombreux sourcils se froncent d’interrogations, accompagnés de petits sourires en coin, amusés, spécialement chez les filles. Une sacrée, drôle de touche en y voyant de plus près, surtout une fois la combinaison revêtue quelques minutes après. L'observation de Madeleine Hightower, non dupe, démasque l'intrus moins de dix minutes après le début du cours de mécanique qui a lieu en première heure. On n'en n'a jamais terminé avec.




- Cette mèche dans les yeux, ça ne vous gêne pas trop, Summer?





-Euh? Non, non.



La petite voix aiguë, prise, qui ne fait pas vraiment illusion sonore, fait pouffer de rire les copines qui ont quand même deviné l’arnaque identitaire. La directrice s'approche alors, puis retire la casquette rose et blanche sur les côtés, accessoire prêté là, par miss Edgecombe afin de compléter la panoplie féminine. Malheureusement, pas de bol, la perruque suit, celle-ci ayant adhérée au fond de la casquette. Evidemment, le fou rire est général chez les apprenties mécaniciennes, contrairement au proviseur qui a quant à elle les bras croisés, casquette, perruque tenus quant à eux dans la main gauche de l'usurpateur.




- Je reconnais que c'est ingénieux mais pas très malin. La preuve! Vous ne serez pas étonné de venir me voir dans mon bureau, n'est-ce pas?




- Non, m’dame.




Le ton est modérément autoritaire mais la posture droite, l'expression peu ravie, s’avèrent suffisantes pour communiquer son mécontentement malgré son calme.




- C'est dommage madame. Ca lui allait bien.




Celui qui craignait d'être pris, lève les yeux vers une Michell plus qu'amusée.




-T’es bien maquillé en tout cas. insistant dans sa nature à chambrer.




Le groupe de filles s'exclame ensuite en le complimentant par un; Oooh! T’es canon! avant d'en rire.

Pendant ce temps, dans la salle de cours de cuisine, placée au fond, Summer continue de son côté à faire encore un peu illusion mais pas pour longtemps. Spécialement, lorsqu'on a affaire à un professeur perspicace, possédant également ce fameux don de l'observation très affûté. Et tout est occasion d'amusant. Patrick Jane est joueur. Il s'en délecte.




- Comme vous voyez, les accessoires de pâtisserie aujourd'hui va servir à quoi à votre avis? Vous pouvez tous répondre à la fois.

Malin!




La personne qui en vient à lever le doigt n’est autre que Sammy le transformiste, alias le faux Danny Houdini dont le tour de magie va avoir un effet éventé. Si l’un s'est fait démasquer, l'autre… . Summer déguise alors à son tour sa voix, regard de Wayne, Kimball rivé sur elle. Casquette portée également, celle-ci appartenant à son double féminin/ masculin, la visière fut davantage baissée sur ses yeux, à la dernière minute, avant de rentrer dans la salle, pour être certaine de ne pas se faire épingler, peu sûre en fin de compte par son visage auparavant découvert. Mais comme le port de casquette, chapeau est interdit…




- C'est pour faire des cupcakes.




- Exact. Vous m’étonnez. Je ne pensais pas que vous vous y connaissiez, Danny.




-Ben! Ma tante en fait. Je veux dire que j’ai juste reconnu le matériel.




- Vous en faites avec votre tante des fois?




-Euh? Non. C'est pas mon truc.




- Bien sûr! Vous êtes un garçon! ironise-t-il.




-Ben, oui.




- Vous pourriez retirer votre casquette, s'il vous plaît.




- J'ai pas vraiment envie. J'ai un cocard.




- Un cocard?! Vous vous êtes battu?




-Euh? Ouais. Je me suis pris avec un mec hier. Je suis passé dans un quartier chaud et je suis mal tombé.




- Mon pauvre!




L’ironie ne quitte pas la bouche du professeur, Summer jouant son rôle du mieux qu'elle peut, faisant l'impasse sur les soupçons assez éloquents de Patrick Jane par rapport à son attitude légèrement insolente.




- Ouais.




- Mais ôtez quand même votre casquette. Dark Vador!




- Dark Vador?




La mi-demoiselle fronce les sourcils sous sa visière, poursuivant son rôle en feintant l'innocence.




- Pourquoi? c'est ma voix.




- Oui, je vous crois. Avec des pixels en plus sur votre visage ça aurait été encore plus insoupçonnable. Veuillez enlever votre casquette, chère demoiselle. Et puisque vous nous faites la surprise d'être parmi nous pour ce cours, merci pour l'accueil. Je suis sûr que votre camarade vous l'a répété mais puisque vous êtes présente ici, autant vous le dire de vive voix.




Summer enlève alors la casquette, soupirant sous l'étonnement quand même de certains élèves, qui comprend Risgby, épaté par le déguisement malgré son questionnement vis-à-vis de l'allure mais sans plus contrairement à Kimball qui l’a vraiment trouvé bizarre, suspectant que ça ne ressemblait en rien à leur ami. Cependant, d'imaginer son amie dans cet accoutrement, transformée en garçon, c'est pas mal du tout, se dit-t-il, malgré que cette idée ne lui ait pas chatouillé l'esprit. Et pour le prof, l'identité de la rusée demoiselle, la jugeant ainsi à cette seconde, n'avait rien de précis non plus à son esprit.



L'enseignant s'appuie ensuite contre son bureau, décontracte, croise les bras, demandant sans tarder de décliner son identité.



-Summer Edgecombe.



-Summer..... Comme l'été. C'est joli.



-Mes parents ont voulu un prénom original.



-Ils ont eu raison. Vous êtes quelqu'un d'original dû par votre grande audace aussi. Vous devez ne pas avoir froid aux yeux.



Le prenant comme un compliment, l'adolescente y sourit, répondant affirmativement.



-Oui. Je suis pas vraiment frileuse.



-Courageuse, c'est bien. Si un jour il y a un défi de création, je serais curieux de voir de quoi vous seriez à nouveau capable.



-Ah! Ouais?



Il hoche la tête, l'attitude toutefois davantage taquine que réellement sincère malgré que monsieur Jane admire cette performance de métamorphose. Alors... .


-Mais pour l'heure, malheureusement, vous êtes hors sujet.




Certains garçons dans la salle de cours, applaudissent, lui criant; Il t'a bien eu! ce qui fait tourner miss toupet en leur direction, grimaçant d'une manière enfantine avant de s'esclaffer ironiquement.




-Ha, ha, ha!




- Mademoiselle Edgecombe.




La voix du professeur se hausse par-dessus ce léger, bref chahut afin de se faire entendre, faisant retourner la demoiselle à ce moment vers lui, dont celle-ci reçoit une offre de sa part qu’elle ne peut décliner.




- Puisque vous êtes là… Vous vous y connaissez en cupcake? Franchement?




- Oui. Je plaide coupable.




- En plus vous avez de l'humour. Parfait! ….
Et la cacophine récidive furtivement à nouveau.

-Silence s'il vous plaît!




Le jeune prof s'adresse ensuite au reste de la classe, obtenant gain de silence justement.




- Merci. Donc, j'étais en train de dire que mademoiselle Edgecombe…




- Monsieur! Je préfère Summer.




- D'accord. Summer. Comparé à vos camarades, vous optez pour le non formel. J'ai toujours pensé, et je ne suis pas le seul, que les filles étaient plus dégourdies que les garçons.




Patrick Jane est alors hué, souriant à son tour, l'air espiègle. Remarque exprimée sciemment bien sûr! Très malin!




-Ok, ok! mains levées. Je n'ai rien dit. Mais c'est quand même vrai.




Hué de plus belle, n'excédant trente secondes toutefois, il reprend la parole en s'adressant à l’intruse de ce cours.




- Summer. Accepteriez-vous de montrer à ces messieurs comment on procède pour réaliser des cupcakes?




- Je suis plus que partante, ouais! le ton très enthousiaste.




- Vous nous en croyez pas capable, monsieur? réagit un des messieurs, sans réellement l'avoir mal pris.




Et juste pour les embêter de nouveau….




- C'est ça.




Et tout le monde hue y compris Wayne et Kimball sans en prendre rigueur de toute manière. On s'amuse énormément en cours de cuisine! Par ailleurs, la demoiselle est aux anges. Comment en douter?




- Ça a quand même réussi. se dit-elle.



Faire de la pâtisserie, la miss s’en fout mais sachant faire ces mignons gâteaux à décorer, envie de s'appliquer et en mettre plein la vue aux garçons, celle-ci s’avère très motivée. Et elle en obtient le loisir, la démonstration débutant sans attendre après que Rigsby ait fait preuve d'audace, d’effronterie non méchamment sur un timbre taquin.




- Eh, Monsieur! Il n'y a peut-être pas qu'à nous.Vous aussi. Vous savez en faire?




-Je répondrais que heureusement, j'ai la recette et également que l'invitée surprise s’y connaît.




Summer se glorifie à cet instant, narguant. Décidément!




-Eh, oui! Les filles sont supérieures.




Une rafale de; Ouais bien sûr! bon enfant, rempli la salle, adressé à l'assistante du prof ainsi qu'à la pâtissière chef en herbe, la même, qui se débrouille très bien en réalisant un seul cependant avant l'arrivée de la directrice qui a permis à Danny néanmoins de montrer comment changer un joint de culasse. Contrairement aux garçons, les apprenties mécaniciennes se montrent malgré tout reconnaissantes, s'intéressant pour certaines passablement à la mécanique, il faut bien l'avouer. On ne peut pas forcer qui que ce soit à prendre du plaisir dans un domaine que l'on trouve trop masculin.

Quant aux apprentis cuisiniers, pâtissiers, ils en restèrent baba, ne pouvant que la féliciter ainsi que Patrick Jane qui la complimenta quelques menus minutes antérieurement.



- Bravo. Belle création!


-Faut-il encore que ce soit mangeable.




Le même précédent élève, n'étant que Clark, qui provoqua un regard interrogatif de la part des autres, pensant pareillement. Ce n'est pas parce que l'effet visuel est très agréable que le goût l’est aussi.




- T’as qu'a le goûter.




Summer lui tendit alors le cupcake, celui-ci fourré à la crème de vanille, nappé d'un tourbillon au citron et saupoudré de quelques vermicelles multicolores.

-Ben....

-C'est pas du poison. Goûte, tu verras.

Un morceau fut à cette seconde croqué avec un peu de prudence, trouvant finalement délicieux, les yeux qui en pétillèrent. C'est juste à cet instant que Madeleine Hightower frappa à la porte, le professeur donnant la permission d'entrer sans se douter que la directrice sévirait sans attendre.

Les regards se dirigent à ce moment présent, sans exception, vers l'apprentie caméléon, miss cupcake en herbe donc, devinant que la présence du proviseur est pour la demoiselle, en prévision d'une colle certainement.

-Excusez-moi d'intérrompre votre cours mais je voudrais voir Summer.

-Elle est là.

La façon dont il la désigne, le regard porté, le professeur se montre compatissant envers la jeune fille, désolé qu'elle se soit fait prendre au mauvais instant. Tous vont devoir se débrouiller sans. L'usurpatrice s'exécute, obéissante, déçue également, énormément même, de quitter le cours, traînant un peu mollement les pas. Quelques secondes plus tard, Danny et elle sont réunis dans le bureau de la directrice.

Durant ces trois minutes d'absence, les autres demoiselles ont comme défi de reproduire l'exercice de joint de culasse. L'assimilation technique ne suffit pas. Seule la pratique compte, étant la preuve d'une parfaite compréhension.

Madeleine Hightower aurait pu attendre la fin des cours mais les cueillir durant que le fer est encore brûlant a beaucoup plus de poids. Et dû à son humeur d'aujourd'hui, c'est propice au passage à l'action finement.
*********


Se tenant debout face à la directrice, maintenant n'en tenant plus large, têtes baissées, les deux comiques ont droit à des remontrances par la sermonneuse, le ton autoritaire sans vraiment élever la voix.




- Où vous croyez-vous? Qu'est-ce que c’est que ces enfantillages? Ce n'est pas un cirque ici.




- Ben…




-Danny. Je vous dispense de tout commentaire inutile.




- Oui madame.




Un regard sévère lancé à son égard lui fait vite passer l'envie de faire intervenir toute réflexion liée à de l'impertinence, sa marque de fabrique qui serait dans l'immédiat, si jamais il s’y serait aventuré, descendue en flamme, baissant de nouveau la tête. Le proviseur ayant du flair a anticipé au cas où.




- Je sais que votre motivation n’était pas d’amuser la galerie, quoique vos camarades l’ont été. la directrice ayant été témoin avec miss Ruskin. Vous vouliez échanger vos places et ça a plutôt marché au début. Vous n'êtes pas sans savoir que je ne tolère pas ce genre de tour. Vous ne voyez pas la gravité mais c'est comme si vous aviez échangé vos places pour passer l'examen de l'un de l'autre.




Trouvant cette comparaison grotesque, les deux complices pouffent de rire, ce qui déplaît fortement au proviseur.




- Vous trouvez ça marrant?




- Madame, c'est quand même pas la même chose. Et on n'irait pas jusque-là. se permet de répliquer Summer.




- Peut-être. Mais la façon dont vous avez agi est du pareil au même. C'est comme si vous aviez voulu obtenir une bonne note dans une matière que vous maîtrisez moyennement. Vous n'avez pas pensé aux conséquences, je veux bien vous croire. Sachez aussi que cette “amusement” pourrait vous conduire tout droit au conseil de discipline.




Tous deux relèvent subitement la tête, prenant peur, surtout la jeune intrépide, vu son passé proche de consommatrices de Marie-Jeanne, qui pourrait également lui porter tort, étant marqué dans son dossier. Dans son dernier lycée, elle avait été prise en flagrant délit dans les toilettes en train de fumer un joint non de culasse. Suite à ça, Summer avait écopé d'un renvoi d’un mois, avant le dernier dont celui-ci fut sans retour.




- On ne le refera plus, madame. s’empresse la demoiselle de promettre, se disant que ça valait néanmoins le coup, sans le regretter.




- J'espère bien. Toutefois, ça vous voudra deux heures de retenue.




Chacun acquiesce, pensant qu'ils s'en sortent bien cette fois.




- Retournez dans votre cours respectif.




Tout deux se regardent, les yeux écarquillés avant de se tourner vers le proviseur, Danny prenant la parole à son tour.




- Mais... Comme ça?!

-Oui. Ça vous servira de leçon. Après tout, vous avez eu le courage de vous présenter habillé ainsi pour tenter de tromper votre monde. Assumez jusqu'au bout.




Un petit sourire s’esquisse sur la bouche de Hightower, contentes de leur infliger cette punition.




- Vous y réfléchirez à deux fois à présent.




La directrice se lève ensuite, quittant tous ensemble le bureau, dirigeant Summer en direction de la porte qui donne sur la grande cour tandis que Danny traîne des pieds, se disant; La honte!


Il faut assumer. 
Smiley