jeudi 18 janvier 2018

Mentalist Coeurs à Vif - Chapitre 24


Et voilà! L'autre chapitre en ligne!
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Avant que l'interclasse ne prenne fin au bout de six minutes, pendant que Grace recoule en retrait avec Craig, Tamzin se retrouve par surprise confronté face à Danny qui purge encore sa peine de reclus. Toutefois, depuis ces deux danses partagées ensemble, ne pas pouvoir éclaircir cette zone d'ombre le tarabuste. Elle m'aime, elle m'aime plus? Il désire le savoir.

-Oh.

Un plat effet de surprise anime la frimousse de la jolie sorcière, tentant de contrôler ses émotions en tout état de cause excepté sa spontanéité qui n'a pas été bridée.

-Faut qu'on parle.

-Et de quoi? feintant les ignorantes, l'air indifférent, au bord du dédain.

Un comportement qui lui sert de protection.

-J'veux savoir. On est ensemble, on l'est plus?

-Respire. Tu sembles un peu excité.

Un conseil prodigué par un calme olympien et déroutant.

-Faut que je sache.

La jeune fille ne répond pas, recommençant à marcher d'un pas lent tandis que l'impatient de 17 ans se montre insistant, voulant à tout prix le savoir.

-Me laisse pas comme ça.

-Si j'ai dansé avec toi c'est parce que j'avais pitié. C'est tout.

-T'as eu pitié!?

Danny s'arrête, déconcerté par cette vérité mensongère qui le blesse, le surprenant par la même occasion. La croit-elle? Ses pas reprennent le rythme, rattrapant sa petite …. Amie? Il ne sait plus quoi.

-J'te crois pas une seconde. On a dansé deux danses. La pitié ça compte pour un. Mais deux. Tu te fous de moi, là!

-Crois ce que tu veux.

Tamzin presse alors le pas, interpellée immédiatement, ce qui fait briser à ce moment son attitude passive. Par ce bref éclat de voix, la plupart des élèves se retournent vers les deux ex-tourtereaux, jetant un froid qui ne dure pas très longtemps. Les ados passent vite à autre chose bien souvent.

-Sarah! l'appelant par son vrai prénom.

Cette identité étant morte pour celle-ci, tous le sachant, cette faute la met en rogne. Si posée, circonspecte, la colère dévaste ses qualités.

-Je t'interdis de m'appeler comme ça! Ce n'est pas moi! Je te l'interdis! Et fiche-moi la paix, c'est fini entre nous!

Face à cette réaction vive, à l'écoute de ces paroles qui l'enfoncent peu après davantage dans la déprime, Danny se retrouve à cette seconde désarçonné, complètement immobile dans la cour. Lui qui désirait obtenir des explications, elles ont été expulsées d'une manière douloureusement abrupte. Encore un très mauvais jour pour le jeune homme. 

De son côté, Teresa n'avait rien rapporté de l'air intimidant qu'avait pris son père à son égard, concernant Kimball par son comportement attentionné avec elle. Son petit ami protecteur n'aurait pas du tout apprécié. La demoiselle garde les secrets du foyer sans s'épancher. Endurer au lieu de se confier, se disant; "Qu'est-ce que ça changerait?"

-Eh! Les amoureux. Respirez un peu.

Grace esquisse un sourire spontané, les joues légèrement rosies, ne prenant du tout mal la réflexion taquine de Summer qui fait un crochet par là en compagnie de Michelle.

Tout en s'éloignant de leur amie, celle-ci restant enlacée dans les bras de Craig, le monsieur perfection les suit du regard, le sourire en coin, y allant à nouveau de son commentaire.

-Toujours quelque chose à redire. Le jour ou elle se mêlera de ses affaires, on sera en demi-finale.

-Oh! C'est pas méchant. C'était juste pour rigoler.

-Ouais. Mais je voudrais pouvoir t'embrasser tranquillement.

-Aah! s'exclame-t-elle à voix basse, élargissant son sourire de plus belle ainsi que O'Laughlin.

-Alors je te pardonne.

Un second baiser se pose sur la bouche de la gracieuse jeune fille sans que cela ne frôle la suffocation.

La sonnerie retentit deux minutes plus tard, les lycéens ne traînant dans la cour. Et après cette interclasse, nos chers terminales se dirigent par la suite en salle de chimie où les attend monsieur Jane. On peut dire que son entrevue avec l'adjudant chef de l'établissement a eu de son petit impact sur son esprit.

Les élèves s'installent dans un calme moyen, papotant tandis que Danny s'avance comme un poids mort jusqu'à sa chaise, dépité.

-Allez, pressez-vous un peu.

-Ouais, ouais.

-Ah! Vous avez réussi à vous dessouder.

Grace adresse une grimace à Summer qui en sourit très largement tout en ouvrant son sac à dos, le posant ensuite à terre.

Peu à peu, les élèves en viennent à se taire, se focalisant sur le prof, celui-ci prêt à débuter le cours. Au bout de quelques secondes alors qu'il est en train de parler, son regard dévie en direction de Houdini qui semble s'ennuyer, se morfondant surtout vu son expression flagrante. Un ado à la ramasse.

-Danny! …. Danny!

Le jeune homme ne répond pas, apparemment dans ses rêveries, zieutant vers Tamzin. Autant hausser le son qui est presque au point de faire trembler les murs en tapant sur son bureau. Très étonnant, ne faisant partie de son action comportementale. L'enseignant en fait sursauter plus d'un.

-Monsieur Ruskin!

Danny se tourne brusquement en direction du professeur, bien réveillé face au maître du cours, souriant avec malice. Là, on le reconnaît bien. Quoique …. .

-Allô, la terre, vous me recevez? Ah! Vous revenez parmi nous j'ai l'impression. Bien. Bon! Je comprends qu'il est plus intéressant pour vous de dériver vos yeux vers votre camarade, désignant la jeune wiccane, l'air espiègle, mais je vous conseille de vous montrer attentif si vous ne voulez pas vous sentir largué plus que vous ne l'êtes déjà.

A cette observation comprise à double sens par l'adolescent dû à ce qui vient de se produire antérieurement, le rêveur mal en point reprend du poil de la bête, engageant les hostilités. Rien qu'en ayant prononcé ces mots, les proches de Danny devine que l'enseignant a fait une grave erreur en se montrant audacieusement impertinent. Aïe, aïe, aïe!

Tamzin fixe alors son regard sur les deux rivaux, craignant du répondant de Houdini. Celui-ci aurait pu rester en totale léthargie, répondant juste; Je viens d'être largué justement. En temps normal, cela aurait fait rire toute la classe. Mais vu la conjoncture actuelle, rien n'aurait été moins sûr. Au lieu de ce type de réaction, le jeune prodige se rebiffe un tantinet. C'est pas le jour!

Vont-ils s'affronter à coup de magie ou comment démystifier ses secrets?

-J'ai pas besoin de conseil et de vous encore moins, m'sieur.

Son animosité se colore à travers son timbre de voix particulièrement très hostile à l'égard du prof. Ça risque de chauffer!

Patrick Jane s'appuie ensuite contre son bureau, mains croisées, en venant à lui faire une proposition surprenante. Les méthodes de l'enseignant ne sont pas du tout conventionnel, manipulant bien cependant.

-Bien. Comme vous voudrez. Si vous vous en moquez, la porte est là. Pointée du doigt. C'est à vous de voir. Vous n'avez pas envie d'apprendre, c'est votre choix. Si vous en avez envie, vous pouvez partir.

Cette offre est présentée calmement, posément à la surprise générale.

-Allez-y. Je ne dirais rien.

-C'est un piège, c'est ça?

-Non. Pas du tout. A vous de décider.

-Ouais, c'est ça. J'ai pas envie de me retrouver chez le proviseur. J'reste ici.

-D'accord. Alors essayez de suivre le cours.

L'ado lève alors les yeux au ciel, l'expression signalant son désintérêt envers les sciences ce qui ne passe pas inaperçu sous les yeux d'un clairvoyant.

-Cette matière est chiante, n'est-ce pas?

Certains élèves laissent échapper un gloussement, surpris par les façons de leur professeur. Par chance, la bouche de Wayne se décrispe, souriant nerveusement. Ah! Ça détend même si c'est juste pour une seconde. A prendre ou à laisser. Il prend. Toujours adossé contre le bureau, bras croisés, Patrick Jane décontenance légèrement l'audience dans son intégralité y compris bien sûr Danny qui ne sait, comment y répondre, subitement pris de court.

-Ben …

-Ben … le prof le singeant verbalement comme un nais.

-Vous voulez proposez autre chose. .. Des fois.

Le lycéen est à ce moment défié, galvanisé par, soudainement, avant de souligner un rictus narquois après quelques secondes.

-Ouais. J'en ai peut-être un.

L'enseignant le jauge, souriant malicieusement, donnant cette impression de vouloir jouer.

-On vous écoute.

mercredi 17 janvier 2018

Mentalist Coeurs à Vif - Chapitre 23

Hello,

Voici le chapitre annoncé. Il se peut qu'un deuxième le soit dans cette même semaine également pour rattraper un peu le retard. Pour ceux qui passent pour lire. En bonus, allez ici: Everybody Wants To Rule The World Morceau qui s'accompagne pour la scène avec les paroles dans ce chapitre.

Bonne lecture!😊

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Le nettoyage du dimanche aurait pu remplacer une activité de deux heures de sport selon Danny, par le maniement actif du balai. Tous n'avaient vraiment pas chômé jusqu'en début d'après-midi, leur tardant réciproquement d'en finir avec, comme Houdini était l'unique responsable du balayage ainsi que le lavage du parquet du gymnase. Il fut à trois reprises guidé dans des coins où il avait omis de passer un coup de balai. Ou bien par le ras-le-bol, un peu fatigué.

Etre présent à 9h00 du matin, ça fait lever tôt. Surtout quand on ne s'endort pas immédiatement, son esprit s'étant mis à ressasser dans son lit, allongé encore habillé, mains derrière la tête. Le regard rivé au plafond, Danny se sentit tout d'un coup, brutalement abandonné. Malgré l'affection portée envers sa tante, son oncle, reconnaissant de s'occuper de lui. Ses parents arrivait à lui manquer, surtout sa sœur, très proches tous deux.

Communiquer avec eux trois fois dans le mois, lui paraît peu d'autant que la communication ne dure que dix minutes à tout casser comme il se le dit une fois qu'il raccroche. Cependant, étant forains, le jeune homme en reste indulgent, sachant ce que c'est. Il en a eu l'expérience. Alors….

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Welcome to your life.
Bienvenue dans votre vie
There's no turning back.
Il n'y a aucun moyen de revenir en arrière.
Even while we sleep
Même pendant que nous dormons
We will find you
Nous vous trouverons
Acting on your best behaviour
En train de tenter de vous montrer sous votre meilleur jour
Turn your back on mother nature.
De tourner le dos à mère nature.
Everybody wants to rule the world.
Tout le monde veut gouverner le monde.
It's my own design.
Ceci est ma propre vision.
It's my own remorse.
Ceci est mon propre regret.
Help me to decide.
Aidez moi à décider.
Help me make the most of freedom and of pleasure
Aidez moi à profiter de la liberté et du plaisir
Nothing ever lasts forever.
Rien ne dure jamais éternellement.
Everybody wants to rule the world.
Tout le monde veut gouverner le monde.


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There's a room where the light won't find you.
Il y a une pièce où la lumière ne vous trouvera pas.
Holding hands while the walls come tumbling down.
Gardez espoir tandis que les murs s'effondrent sur eux même.
When they do I'll be right behind you.
Quand ils tombent, je serais bien à vos cotés.
So glad we've almost made it.
Si heureux nous l'avons presque fait.
So sad they had to fade it.
Si triste ils ont dû laisser tomber.
Everybody wants to rule the world.
Tout le monde veut gouverner le monde. ...

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Une chanson qui lui trottait à ce moment dans la tête en distillant sa musique, en live en reprise. D'où venait-elle? Ce n'était pas une manifestation musicale pour juste passer le temps dans son cerveau. Bien significatif. Lui, souhaitait reconquérir l'amitié de ses amis, se sentant comme un adolescent des années 80 délaissé, se disant que rien ne changeait lors d'une décennie suivante.

La tête dans un ciel bleu nuit étoilé se projetant sur le plafond de sa chambre, les petites astres de diamant s'était placés à une vitesse étourdissante. Le ciel fictif était devenu à cette seconde un tourniquet à vous donner la nausée. Même son imagination en était perturbée. Avoir cette image qui le rendait serein, avait perdu de son super pouvoir ce soir-là. Supervision n'était pas d'attaque.

Les deux fois, ce fut de la part du proviseur pour lui rappeler de chasser la saleté par ici, par là. Puis la seconde, fut monsieur Jane, ou bizarrement, l'ado ne marmonna pas derrière son dos pour le critiquer, obéissant. L'esprit amorphe, aucun risque pour que des piques soient dirigés contre le prof, qui fut lui-même étonné.

" Pour être puni, il est drôlement bien puni."

Rien n'avait échappé à sa vue d'observateur, voyant que ses amis dans l'ensemble n'était pas encore prêt à signer l'armistice.

A cet instant, en le regardant, Patrick Jane ressent une légère empathie à son égard, décidant toutefois de rester cette fois à sa place d'une manière déterminée. Vu que la véritable nature reprend toujours le dessus lorsque la forme morale redomine, l'enseignant juge que ce serait une erreur de faire preuve de trop de gentillesse.

Sa prudence lui conseille donc de rester neutre, son intuition ne l'ayant jamais trop éconduit. Alors chacun sa tâche et le gymnase sera, sans traîner, bien nettoyé, sol rutilant. Trop bon, trop …. Bon. Le nettoyage, rangement s'effectuèrent dans la tranquillité sans que Houdini ne sourcille. Lorsqu'il rentra, celui-ci rattrapa le peu de sommeil de la veille, s'accordant une bonne sieste durant deux heures au moins. Etre pro du balai fatigue.

Pendant le nettoyage le lieu du ménage avait été impavide mais au sein du lycée, le jeune enseignant en ce lundi matin se souvint que la convocation tenait toujours. Si un élève n'y échappait pas, un professeur encore moins. Si pour la première, Hightower s'était montrée légèrement compréhensive, indulgente, ayant récidivé, la directrice n'allait pas manqué à son devoir de bien lui faire comprendre en mettant de gros points sur les fameux i.

Durant l'interclasse, l'enseignant se représente alors au bureau, toque, entrant après que la permission ait été donnée. Il s'assoit directement, sentant immédiatement que le proviseur ne désire pas perdre de temps, allant droit au but.

-Bien.

-J'ai comme un air de déjà vu.

Ses yeux font le tour de la pièce après avoir pris la parole d'une manière légèrement insolente, ce ton désinvolte dont elle commence à avoir un peu l'habitude sans tellement le tolérer. Mains posées sur chaque accoudoir avant que son attitude décontracte ne soit subitement freinée par celle autoritaire de Hightower.

-Monsieur Jane, s'il vous plaît. Je suis sérieuse.

-Ah! Ce n'est plus Patrick. Vous n'avez pas tenu longtemps.

-Bon. Très bien! Dorénavant, je souhaiterais que vous gardiez vos distances en vous conduisant comme un simple professeur qui ne sympathise avec les élèves comme un copain.

-Pardon?

Celui-ci affiche alors un air de stupéfaction, trouvant l'accusation exagérée. Sa décontraction s'envole brusquement.

-Attendez. A vous entendre, on a l'impression que je ne me prends mon statut d'enseignant au sérieux. Et copain avec, c'est quand même enfler la vérité. Vous y allez fort, je trouve.

-Vous ne m'avez rien prouvé dans ce sens. Et ce n'est pas une impression.

La tête du prof dodeline, haussant brièvement les sourcils, le regard se détournant à ce moment sur le côté.

-Ça me vexe un peu.

-Monsieur Jane. Ne faites pas l'enfant.

Hightower esquisse à son égard un minime étirement des lèvres, percevant à travers, le petit simulateur qui est assis face à elle avant de reprendre la discussion sérieusement.

-J'aimerais réellement que vous preniez en compte cette requête.

-Ça ressemble à un ordre surtout.

-Aussi.

La directrice détourne furtivement son tour le regard, le fixe de nouveau et ce qui s'y lit s'avère plus qu'un conseil avisé en effet.

-Est-ce bien clair cette fois-ci?

-Euh! Oui. Je pense que oui. Très clair même.

La désinvolture perd davantage de son assurance avant que l'enseignant ne se lève et quitte le bureau sans n'avoir rien rajouté. Ça aurait pu être beaucoup plus sévère encore une fois. Cependant, rien qu'à l'expression emplie de détermination pour entreprendre n'importe quelle action en cas de dérogation aux règles, il avait perçu également que le proviseur n'était pas du genre à faire l'impasse sur quoi que ce soit. Se disant qu'il a intérêt à se tenir à carreau sans trop en être contrarié là, il repart en direction de la cour, croisant quelques secondes plus tard Summer qui sort des toilettes. L'extravertie jeune fille le salue, le sourire apparaissant très large à cet instant.

-Bonjour monsieur Jane. Vous allez bien?

-Oui, oui. répondant avec un salut de la main en même temps, à nouveau peu expansif. La miss s'en contente avec joie en voyant ce sourire s'ébaucher.

-Elle était super la soirée, hein, monsieur?

-Ah! Ça. C'est sûr.

L'enseignant affiche un air plus expressif en répondant à la remarque appréciative, la voix teintée d'égayement. Pas prêt d'oublier encore. Celui-ci ne s'attarde pas, ne s'arrêtant pas même une fraction de seconde, de crainte qu'un œil espion ne rapporte que sa conduite de copain continue de défier celle de la bienséance. Mais principalement dû à s'être senti un tantinet refroidi de nouveau sans que ne se détecte au premier radar. Elle le regarde poursuivre son chemin, maintenant la largesse de sa bouche en le détaillant de dos, le trouvant de plus en plus craquant.

De retour peu après auprès de ses camarades, situés aujourd'hui près de l'une des portes ouverte de l'établissement, assis par terre, Summer sautille, certains se demandant ce qui a augmenté sa bonne humeur. C'est l'effet qui subsiste depuis la soirée.

-J'ai croisé monsieur Jane.

-Ah! D'où ton immense sourire. T'as bien de la chance.

-T'es de mauvais poil ou quoi?

Le moral quant à lui en berne, Wayne se lève, répondant par un non, le regard fuyant avant d'aller voir ailleurs. La miss se montre un peu déconcertée à ce moment vis-à-vis du comportement de monsieur le géant, mettant cette humeur grincheuse sur le compte de son statut d'amoureux frustré.

-Eh! Bien! Ça l'arrange pas. Il devrait se déclarer. Ça le rendrait moins maussade à mon avis.

-C'est pas ça.

L'attention de chacun se tourne à cette seconde en direction de Kimball qui semble être bien informé.

-C'est quoi?

-C'est à cause de son père.

Connaissant l'essentiel le concernant, Summer rend sa gaiété plus sobre.

-D'après ce qu'il m'a raconté, ils ont reçu un coup de fil ce matin très tôt pour les avertir qu'il avait été relâché après le braquage qu'il a commis.

-Il a été en prison pendant combien de temps? questionne Michelle, le ton neutre, n'empêchant que ce genre d'histoire lui fasse peur, qui cause en général un malaise.

Fréquenté quelqu'un qui a un parent criminel peut défaire tout lien. Toutefois, Wayne n'a rien à craindre de ce côté. Si son père était présent au bercail, certainement que des distances auraient été prises, faisant fuir, ne pouvant trop en vouloir. Même si l'enfant n'y est pour rien, ça effraie que le papa soit une crapule. Les amis l'ont été également au début mais au fur et à mesure, apprenant à le connaître, sentant que Wayne était un bon gars, ne détenant ce type de chromosome. La confiance s'installa solidement par la suite.

Le jeune homme ne ferait jamais courir aucun danger à quiconque. Ses affaires sont les siennes, un point commun entre eux tous.

-Cinq ans.

-C'est pas beaucoup.

-Ouais mais il a eu des circonstances atténuantes paraît-il.

-Il a tiré sur personne alors?

-Non. Je crois que c'est pour ça.

-Je comprends. Le pauvre! C'est dur.

Michelle ainsi que les autres acquiescent face à l'empathie de Summer. Plus tellement égayée suite à cette nouvelle pour partager son agréable surprise d'avoir croiser le jeune prof. Néanmoins, juste après avoir demandé s'ils pouvaient faire quelque chose, Kimball répondit seulement de se comporter normalement ainsi que le laisser venir si il le voulait. Miss Vega enchaîne à ce moment, le ton encore neutre, s'adressant à sa meilleure ennemie.

-Qu'est-ce que tu voulais nous dire au fait?

-Oh! Non. Laissez tomber. C'est pas important.

-Dis-nous.

Un sourire nerveux s'esquisse sans remettre en premier plan sa joie, jugeant que ça serait mal placé, son élan pleine d'ardeur spontanée refroidi à son tour suite à cette confidence.

-J'ai juste croisé monsieur Jane tout à l'heure.

-Et?

-Non. Je lui ai seulement demandé s'il allait bien et que la soirée avait été super. Il m'a fait un salut de la main pour dire bonjour aussi et a trouvé la soirée super aussi.

-Echange banal, quoi!

-T'es pas rabat-joie des fois?!

-Oh! Peut-être.

Michelle fait évidemment preuve d'une ironie mesurée, se rattrapant, le timbre amical.

-Allez! Je vais pas refréner le plaisir que t'as eu.

-Ça serait hypocrite.

Kimball la pointe rapidement, élargissant un sourire fugitif à son égard, ne contredisant pas.

-Ouais. Ca serait très hypocrite. En parlant d'hypocrisie ….

Michelle se met alors à fixer Summer, petit sourire en coin avant de grimacer.

-Quoi?

-Si on te le dit pas, là tu vas pas apprécier.

-Quoi, qu'est-ce qu'il y a? Allez, crachez le morceau.

-Ok.

Miss Vega se lance sans s'être concertée avec Kimball ou Teresa qui lui laissent le champ libre.

-Quand vous êtes parties avec Tamzin, je dirais cinq, six minutes après peut-être, y réfléchissant en même temps sur la durée, monsieur Jane est sorti du gymnase …

-Et? la demoiselle impatiente de le savoir.

-Il était pas seul. Sa petite amie est venue le chercher.

L'expression du joli été transparaît sans se contenir de l'ahurissement à cet instant ainsi qu'une grande déception.

-Oh! Ben non! Merde! Il est pas célibataire?

-Hélas.

-J'aurais cru. Qu'est-ce je suis déçue!

-De toute façon ça change quoi qu'il le soit ou pas? C'est un prof. Faut arrêter de fantasmer.

Kimball le rappelle comme un sage moralisateur, l'adolescente n'étant pas une idiote.

-Mais je sais, mais ça gâche. Moi, ça me stimulait pour le cours de chimie. … Bon, d'accord! Maintenant ça va pas autant me passionner.

-C'est pas grave. T'as qu'à l'ignorer. Fais comme s'il était toujours. Et puis Kimball a raison. De toute manière c'est un prof. On en a conscience. Moi, je vois pas ou serait le mal après tout.

-Vous êtes pas un peu folles toutes les deux?!

Michelle se lève, l'admettant.

-Ouais. Ça se pourrait. Ça rend les cours moins barbants parfois. Laisses-nous rêver un peu. La réalité est tellement chiante.

-Ouais, c'est ça. Mais il y a des limites.

Le jeune homme leur adresse un bref sourire amusé, Miss Vega partant à son tour avec Summer, bras autour du cou, comme deux complices, rêveuse d'une image intacte conservée de l'enseignant. Si ça peut augmenter la note.

Tandis que les groupies s'éloignent, Kimball va de son commentaire en toute amitié.

-Tes copines sont dingues.

Teresa lui adresse alors quant à elle une insignifiante tape au bras, simulant son indignation.

-On ne critique pas mes copines. Et ce sont les tiennes aussi.

-Qui aime bien, châtie bien, non?

-Ouais, c'est ça!

Son bras s'enroule ensuite autour de son irréprochable petit ami, l'embrassant sagement sur la bouche à l'abri de regards familiers. Une fois les lèvres libérées, celui-ci reste encore amusé par ces réactions de lycéennes, orientant alors la tête vers la droite.

Les filles se comprennent. Quand on est ado, pourquoi se montré sérieux voire rigide? A quoi cela servirait d'être un adolescent? Oui, du rêve!

Miss Lisbon, de son côté, n'a pas cessé d'y repenser durant une partie du week-end. La déception de Summer la replonge momentanément dans ses pensées. Stupide, oui.

samedi 23 décembre 2017

Mentalist Cœurs Vif - Chapitre 22


Tandis que tous dansaient avant que la soirée ne se termine, la sensation de la cool attitude s'émoussa rapidement. Le regard de mister Jane se figea dans le néant après quelques secondes, le gobelet tenu encore dans la main. En fin de compte, le détachement qui avait préservé le confort de l'esprit de Patrick Zuko, celui-ci s'est très très vite dissous, évincé par une légère contrariété, le laissant pensif.

Toujours une emmerdeuse pour perturber! La soirée s'acheva un peu plus tard, les parents attendant à l'extérieur dans leur voiture. A part deux danses avec Tamzin partagées, Danny resta isolé, son balai qui allait l'attendre demain matin afin de remplir sa part du nettoyage, n'étant seul.

La directrice, Kristina Frye et deux autres professeurs dont monsieur Jane, feraient également partie du service du grand ménage, plus raisonnable de procéder au rangement le dimanche. Privé de grasse matinée pour l'ado, Summer enviait juste pour se retrouver seulement en la présence du joli enseignant.

Pour nettoyer …. Qui envirait cette corvée?

Michelle pourquoi pas, mais non pour jouer à son tour les cendrillon évidemment. Un jeune prof de 25 ans, très mignon, ça va s'en dire, reçoit bien souvent, immédiatement, l'attention de groupies, même si ça ne dure qu'un temps. Reluquer parfois sans posséder un esprit tordu, fait partie là, des loisirs des adolescentes. Concernant Dannyllon, il s'en serait bien passé de nouveau. Allez, ooops! Au balai!

En sortant tous du gymnase, l'air étant un peu frisquet, naturellement, Kimball, sa veste récupérée, la pose sur les épaules de Teresa par un geste attentionné, tendre, n'échappant à cet instant à l'œil de papa Lisbon qui a tourné la tête au mauvais moment pour son unique fille. Cette galanterie masculine pourtant décente, déplaît quant à elle. Heureusement qu'il n'a pas assisté au slow de la soirée au risque de faire valser plus loin. La demoiselle étant occupée, ne pouvant remarquer le mécontentement, la plus grande contrariété qui anime son père subitement, ne se doute de ce qu'il l'attend.

A son tour, il a deviné sur le tard, hélas. Et plus de doute lorsque le plus du tout présumé petit copain enroule son bras autour de sa fille. Différence ethnique qui gêne? Non. Parce que c'est un garçon. Et quand on sort avec un garçon, automatiquement on ne voit pas que le flirt. Sortir avec quelqu'un ne peut pas être platonique. Sinon personne ne serait en couple. Ça arrangerait bien le père de Teresa. Quant aux frères de l'ado, ils sont encore plongés dans le jeu du gameboy. A leur âge, les garçons s'en moquent.

-Merci. Mais tu vas avoir froid.

-Non, ça va aller.

Le jeune homme lui répond avec douceur, posément, un petit sourire étiré, ayant plaisir à se montrer prévenant dû également à l'esprit en fête. Le comportement des deux tourtereaux est éloquent aux yeux de monsieur Lisbon. Sa main resserre le gilet noir de sa fille, celui-ci laissé sur le siège passager, ayant jugé précédemment que ça gâcherait en le portant, avant de descendre lors de son arrivée. Le gymnase s'est vite réchauffé de toute façon par l'activité dansante. Vraiment pas content le papa!

Le groupe d'amis en vient ensuite à s'exclamer de bonheur vis-à-vis de la soirée, surtout les filles, Tamzin faisant preuve de davantage de modération. Il se pourrait bien que Danny soit difficile à être relégué dans un classeur sur lequel serait inscrit; Histoire Ancienne. Le virus de la contrariété est venu toquer chez certains en forçant l'entrée qui lui était interdite. Les adjectifs comme; Génial, super bien, extra(ordinaire), sont récurrents pour définir cette immersion dans ce retour dans le temps. 

Ce qui ne leur a pas échappé, sont les danses partagées entre Patrick Jane et le proviseur, trouvant bizarre, amusés vu le caractère dissocié entre ces deux-là, mais bon, et Kristina Frye, ou rien ne fut à redire, ne trouvant que ça clochait. Patrick Jane, Jane, Jane, plein la bouche, principalement dans celle de Summer, ne se gênant pour s'extérioriser ce qui amuse Wayne et Kimball en plus réservé.

-Moi aussi j'aurais bien voulu.

Les lèvres de Grace s'élargissent d'une manière juvénile puis spontanément, partage ce qu'elle a pu entrevoir. Une occasion de faire raler miss Edgecombe.

-Teresa a eu cette chance en tout cas.

Son amie est désignée du regard avant que Summer ne se tourne vers la principale privilégiée.

-Tu déconnes?! T'as dansé avec monsieur Jane?! Mais j'étais où moi pour avoir raté ça?!

-Top occupée à danser avec quelqu'un sans doute.

Ironiquement, Michelle dégaine sa réponse, le ton teinté de jovialité, taquinerie à l'égard de la copine qui s'exclame par un; Ha, ha, du même ton, revenant ensuite sur ce scoop sérieusement. Malgré leur réconciliation du début, lors de la rentrée de Summer à Riverdale, un genre de petits piques semble rester parfois comme si les filles continuaient à s'affronter, amicalement, sur un ring. C'est très curieux de le constater par moment. La compatibilité partielle domine, ne les empêchant pas à arriver à s'entendre toutefois.

-Non, mais sans blaguer. C'est vrai?

La chançarde hoche la tête pour confirmer, traitée alors de veinarde, lui demandant dans la foulée, quand. Lorsque le nom du slow est cité, miss été comprend pourquoi cette exclusivité en news a échappé à son champ de vision. Sur une telle chanson ou tous les faux-vrais couples sur la piste dansaient, impossible que le regard furte tant son pouvoir d'être transporté dans un univers parallèle est extrême.

-Ah! Ben ouais!

Les yeux de Summer s'écarquillent, n'en revenant pas du pot que son amie a eu. Ses propres mots. Pas de jalousie, l'enviant simplement.

-Mais c'est lui qui t'a invité?

-Tu crois que j'aurais été inviter un prof?

-Non. Tu sais ce que je veux dire.

-Oui, je sais. esquissant un sourire timoré. Oui, oui, c'est lui.

La demoiselle répond, le timbre légèrement gêné, réservée, dû par son caractère pudique mais également, surtout par rapport à Kimball qui pourtant ne dit rien, ne pensant pas à mal excepté ce sentiment étrange envers le prof. Invité une élève? C'est bizarre. La pensée ne s'aventure pas plus loin, rappelant à son souvenir que leur professeur de littérature en a fait de même. Le jeune homme observe juste l'échange entre les deux bonnes copines, remarquant sa petite amie une peu mal à l'aise. Il faut le mettre sur le compte du tempérament de la jeune fille. Pour quoi d'autre?

-T'as un de ces bol!

Puis à ce moment, Tamzin quitte le petit cercle afin de rentrer à nouveau dans le gymnase, interpellée par Michelle et Grace, qui lui demande si elle a oublié quelque chose. L'air légèrement embarrassé, la jolie sorcière répond évasivement avant que la serviable Van pelt n'insiste.

-Tu veux que l'on vienne avec toi au cas où tu aurais égaré …

-Non, non. Ça va aller.

Un minime sourire furtif s'étire sur la bouche de Tamzin, se hâtant à l'intérieur en même temps qu'une belle, grande jeune femme brune d'environ 24, 25 ans, aux cheveux un tantinet bouclés au carré, robe noire seyante, légèrement près du corps, l'allure élégante. Jamais vu auparavant.

A l'intérieur, le regard ciel bleuté de la jeune wiccane cherche hâtivement, de nouveau, repérant Danny en quelques secondes tandis que l'étrangère de l'établissement, n'y appartenant apparemment pas à moins d'avoir sauté un chapitre, cherche de son côté avant de trouver, le sourire resplendissant alors de satisfaction. Chacune s'approche en direction d'une personne en particulier mais une des deux se rétracte, stoppant l'initiative. 

Tamzin observe fugitivement Houdini puis décide de repartir sans se presser cette fois. Sage! Intérieurement, rien n'est réglé, la raison pour laquelle elle fait demi-tour. Oui, miss Dove y tient encore mais ne lui a pas totalement accordé son pardon. A quoi bon s'avancer en y réfléchissant?

Il n'en n'ai pas de même pour cette mystérieuse belle jeune femme qui vient à embrasser près du coin de la bouche, prenant directement la main de son petit ami, celui-ci contente de la voir. L'étrangère est instamment présentée à Kristina Frye qui lui sert l'autre main, toute souriante, le prof qui était juste avant en train de discuter. La ravissante brune mystérieuse n'a pas d'ailleurs manqué de demander si elle ne les dérangeait pas en pleine conversation, l'expression emplie d'amabilité ainsi qu'un brin enjôleuse. Bien sûr que non!

-Enchanté. Je suis Erica Flynn.

-Enchanté. Il m'a montré une photo de vous quand je l'ai interrogé sur sa vie privée.

-Ah! Il faut reconnaître que Patrick est assez secret à ce niveau. ne le prenant pas mal.

-En effet.

-Je ne suis pas du genre à parler comme une pie.

Chacune en sourit, le trio discutant par la suite brièvement avant que Frye ne parte, ayant inspiré de la sympathie auprès de la moitié du jeune enseignant qui en est ravie, acquiesçant.

-Elle a le don de le susciter.

-Je vois! son bien-aimé taquiné.

-Juste une collègue, bonne camarade que j'apprécie beaucoup, oui. J'avoue que le courant est passé de suite.

-Tu espères me faire enrager. plaisante-t-elle de nouveau.

-Il y a un peu de ça, ouais.

La jeune femme en sourit évidemment, lui adressant cette fois-ci un rapide baiser sur les lèvres. Trop beau pour l'avoir cru célibataire. Pile à côté!

Ils sortent cinq minutes après que Tamzin ait rejoint le groupe, répondant avec empressement que finalement rien n'avait été oublié, désirant filer avec Summer pour que sa tante les raccompagne ce qui est entrepris en la prenant par le bras sans brutalité.

-Eh! Attends un peu.

-Elle nous attend.

-Bon, ok.

Miss Edgecombe salue leurs amis par un signe de la main comme la jeune sorcière d'ailleurs, marchant toutes deux ensuite vers l'emplacement où la voiture a été garée. Grace en vient à ce moment à se questionner comme chacun, sur la conduite étrangement soudaine de leur amie. Rigsby en va alors sans méchanceté de son commentaire, en bon taquin aussi. Une occasion cependant perdue pour se taire.

-Plus bizarre que d'habitude? J'trouve pas.

-Oh! Wayne.

-Ben quoi?

Grace lève les yeux au ciel sans lui en vouloir, le trouvant seulement lourd vis-à-vis de la personnalité hors norme de Tamzin.

-Qui aime bien, châtie bien.

-Tu dois vraiment bien l'aimer.

Michelle en va de sa réplique, rendant le grand gaillard dans ses petits souliers. Miss Vega n'a fait que le taquiner à son tour sans trop nuancer toutefois le ton involontairement. Sa coloration naturelle qui peut déstabiliser. Pendant ce temps, Patrick Jane et sa petite amie s'avance quant à eux peu après vers le portillon de taille moyenne, laissé ouvert, saluant pareillement au passage, le groupe lui renvoyant de la main. Michelle et miss Van Pelt y vont bien sûr de leur commentaire, stupéfaites de voir de visu cette révélation à l'effet d'une bombe.

-Ben ça! Dommage que Summer ne le voit pas.

Un petit rictus réciproque s'affiche en coin de bouche, Craig présent, sans prendre partie, enroule son bras autour de l'épaule de la commentatrice, disposé à ouvrir le bec là.

A part pour cet autre scoop qui ferait la une du journal du lycée. ..

-Vous croyez quoi? Les profs ont une vie. le soulignant avec décontraction, détachement.

-Elle pensait que ça serait différent.

-Même moi. Michelle se solidarisant à Summer, posément, le pensant également bien sûr.

Pas indifférente non plus, tiens! Ça intéresse toujours les filles.

-De toute façon c'est un prof.

-Oh! Elle a dit ça de toute manière sans vraiment avoir l'oeil dessus.

-Elle aime bien quand même attirer l'attention et faire croire que.

-Euh! Un peu mais sans mal. On la connaît.

Grace revête un étirement de la bouche pour masquer sa contrariété à propos de la remarque considérée légèrement désobligeante dans celle de son petit copain, ce détachement qui se veut étudié, blessant. Et Wayne apprécie encore moins le monsieur parfait, le fusillant, le regard baissé sans que quiconque ne remarque à cet instant sauf Kimball dont l'attention s'est portée machinalement vers son pote. L'antipathie s'accroît.

"C'est réellement qu'un sale con ce type! Comment Grace peut sortir avec?"

Il n'est pas le seul. L'amour ne s'explique pas. Seules Michelle et Teresa gardent le regard fixé sur ce couple surprise avant que miss Vega ne détourne également sa curiosité, laissant son amie en mode observation. La jeune fille éprouve à cette seconde comme de la trahison, complètement idiote, étant bien consciente de ce sentiment absurdement ridicule. Néanmoins, la déception est plus redoutable, ne parvenant là à ne l'expliquer. Vraiment stupide!

"Ça va pas la tête! C'était une simple danse. Qu'est-ce qui te prend! Je divague sec. Allez, reprends-toi!"

Le regard de Kimball se dirige à cette seconde vers sa petite amie qui suit sa ligne de vision sans s'en mêler. Quoi penser? Étonné aussi, le prenant à la légère, ce sentiment étrange revenant à la charge sans véritablement le comprendre. C'est pas important. Summer aurait été déçue, pas de doute! Les filles qui craquent un peu le sont tout le temps.

****

Les amis se séparent deux minutes plus tard, ne pouvant trop faire patienter les parents. Teresa remet la veste à Kimball, l'embrassant sur la joue, le jeune homme comprenant qu'elle ne désire pas que son père ne sache quoi que ce soit, compréhensif. Mais la main posée au bas du dos ne trompe encore pas. Chacun s'engage à regagner la voiture parentale respective, Grace embrassant Graig sans gêne, un baiser chaste cependant qui n'aurait pas de conséquence de la part de monsieur Amos Van Pelt, jusqu'à bien sûr une certaine limite aussi. 

Et en assistant à l'échange du baiser, Wayne gémit de nouveau à distance avant de monter dans la voiture de sa mère qui s'empresse de lui demander comment c'était. Et tout en contemplant la belle, il fournit une réponse brève mais néanmoins digne de tout importance.

-Super.

Mon dieu qu'il peut en être amoureux! Que s'en est attendrissant.

Lorsque Teresa rejoint à son tour le véhicule de son père, s'installe, enclenchant la ceinture de sécurité, celui-ci lui demande à son tour comment était la soirée, l'air neutre, voix monocorde contrairement aux autres parents, un tantinet renfrogné. L'adolescente en le décelant met ça sur le compte de l'agacement, ses frères étant à cet instant en train de se quereller à nouveau pour le jeu. 

Avec réactivité, d'une manière brusque, monsieur Lisbon arrache le gameboy des mains, les gamins se taisant d'un coup. Suivant le mouvement du bras de son père, l'adolescente formule quant à elle une réponse succincte, sa tonalité ne divulguant rien de son enchantement.

-C'était bien.

La voiture démarre, le trajet se faisant dans un silence pesant, inconfortable tout le long. Une nouvelle fois, personne ne bronche. Arrivés plus tard à la maison, il ordonne à Tommy, Stan, James sans hausser la voix, de monter, obéissant tout en jetant un œil groupé en direction de leur grande sœur, anxieux. Quand Teresa et son père se retrouvent seuls, celui-ci lui demande qui est ce garçon.

-Quel garçon?

-Celui qui t'a prêté la veste.

Le sang de l'adolescente se glace, prenant peur à son tour. Avec naturel, réussissant à reprendre la maîtrise d'elle-même, la réponse ne se fait pas attendre.

-Un copain, pourquoi?

-J'ai pas eu tellement l'impression que c'était un simple copain.

-Mais si, je te promets.

Son père la fixe durant trois secondes avant de la déstabiliser par sa perspicacité.

-Tu me mens.

-Mais non. C'est vraiment un copain.

-Fais bien attention à ce que tu me dis, Teresa.

La jeune fille ravale imperceptiblement face au papa qui couve une colère froide, celle-ci priant qu'elle n'éclate pas. Et droit dans les yeux, le mensonge est confirmé avec conviction comme si l'ado lui tenait tête pour sa propre protection légitime, justifiée.

-Je te certifie que c'est un copain.

-T'as tout intérêt, ma fille.

Le cœur de Teresa se met à palpiter, priant encore pour qu'il l'intime de regagner sa chambre à son tour, la prière s'exauçant.

-Monte.

Le gilet dans la main, sans lui remettre quant à lui, l'emprise du poing le resserre fermement, la jeune fille comprenant que son père se contient, les yeux vibrant d'une vive appréhension comme se recevoir une gifle par exemple. Cependant, le passage à l'acte n'est pas entrepris, le père ne se le permettant pas heureusement. Après cette soirée merveilleuse, un baffe abîmerait cet enchantement.

"Ne me bousille pas le plaisir que je vis."

Rien ne se gâte et Teresa regagne sa chambre sans heurt, le coeur affolé, se régularisant petit à petit.

Une heure après, dans son lit, le casque sur les oreilles, elle se met à écouter More Than Words, revisionnant la danse ainsi que tous les moments fabuleux de ce soir. Et son esprit échappe à toute cette fichue réalité, parfois merdique, se rappelant des mots de Summer, lorsque son amie est en colère contre l'existence, le monde, ayant bien raison. 

La demoiselle s'endort quelques minutes plus tard, le cœur heureux. Sensation plus forte qui remporte sur le comportement de papa. 

Invaincue contre toute crainte.

mercredi 6 décembre 2017

Mentalist Cœurs à Vif - Chapitre 21



Teresa plongée dans cet état profond de bien-être, se laisse se prolonger jusqu'à l'arrêt total de ce slow avant de rouvrir les yeux se forçant à émerger de sa sensation de transe, qui s'est solidement cramponnée au corps et à l'âme. Difficile de s'y arracher. C'est très résistant.

Tous deux se détachent, la jeune fille revient à la réalité, sortie de sa bulle, son esprit se remettant de ce moment de grâce exceptionnel. Abrupt comme déconnexion, y étant obligée.

-Et bien merci pour cette danse. C'était un véritable plaisir.

-Oui. C'était sympa de m'avoir invité sur cette chanson.

-Ça aurait été dommage que vous n'en profitiez pas. Vu que vous aimez ce morceau. Même si vous auriez préféré danser avec quelqu'un d'autre. faisant bien allusion au petit ami.

Il est voyant. Non. Juste observateur.

L'adolescente étant encore sous l'effet de la béatitude intérieure, ses lèvres dessinant un sourire radieux sans hochement de la tête pour confirmer. Evidemment que sa première idée, son envie, était de danser avec Kimball mais ce changement impromptu a modifié la donne. Sans faire preuve d'infidélité. Qu'est-ce qu'elle a aimé! Ce qui s'est dégageait de cette danse fut magique, la chanson ayant été pour beaucoup. Une sensation d'extrême bien-être, oui, de joie. Certainement dû à l'aura du professeur ainsi qu'à une compatibilité qui s'est déclarée sur la piste, comme partenaire de danse. Ça se sent quand le courant passe en toute décence d'esprit.

Teresa a ensuite droit à une révérence purement fantaisiste qui la fait davantage sourire, l'amusant ainsi que d'autres élèves qui se tiennent non loin. Un clin d'œil complice, de nature amical s'ajoute, signe de son non sérieux qui est compris avant qu'il ne retourne à sa place de surveillant. Alors que la demoiselle le suit du regard brièvement, celui-ci s'oriente machinalement vers la droite, apercevant son amoureux en pleine discussion avec son entraîneur de base-ball tandis que Grace conserve son expression amusée due justement vis-à-vis de la posture élégante, prise par de mister Jane.

Son amie a bien vu, même à la dernière minute de la chanson, que Teresa avait dansé avec leur prof de sciences/ chimie, le percevant comme avec Danny ou Wayne encore, en compagnie de mademoiselle Frye. Quoi comprendre d'autre?

Le cavalier d'un seul morceau de miss Lisbon se dirige à ce moment en direction du buffet pour s'y servir boire, se versant quelques secondes après du coca dans un gobelet. Tandis, là, qu'il se verse le soda, Madeleine Hightower arrivée à pas sournois, sans bruit, couvert par la musique, celle-ci, d'une voix posée, lui demande avec politesse s'il pourrait lui en verser également. Le jeune prof se retourne, le sourire étiré, faisant preuve de serviabilité.

-Oui, bien sûr. Avec plaisir.

La boisson est ensuite versée dans un autre gobelet puis tendu à la directrice qui le remercie avec amabilité avant de se tourner en direction de la piste de danse pendant que l'enseignant revisse le bouchon sur la bouteille.

-Ça se passe bien vous ne trouvez pas.

-Oui. Très. Répond-t-il, se retournant à son tour, le gobelet également dans la main.

-La soirée est réussie et les élèves s'amusent.

Patrick Jane acquiesce, racontant que dans l'ancien lycée où il était, rien n'avait été aussi distrayant.

-A part le bal de promo ou la soirée pour Halloween qui avait eu lieu une fois et moins bien que celle-ci. Je ne m'attendais pas à une telle réussite, oui, pour cette soirée ici. Riverdale a moins de moyen comparé où j'ai enseigné, sans vouloir vous vexer …..

-Ne vous inquiétez pas. Ça ne me vexe pas car c'est la vérité.

-Tant mieux. Mais je voulais dire que finalement c'est plus ou moins une question d'argent. Quand on voit le gymnase, le désignant de la main, j'en reste encore stupéfait. C'est dingue.

-Lorsqu'on le voit avec un regard différent, ça épate, je suis d'accord. Et avec un budget limité, quand on a de l'idée, avec une somme moindre, on trouve toujours pour embellir un gymnase.

Le professeur hoche la tête, lèvres collées sur le rebord du gobelet, buvant quelques gorgées supplémentaires, enchaînant par la suite sur cette réflexion.

-C'est dommage qu'on ne puisse pas profiter autant qu'eux. Ça donne envie de s'amuser encore plus.

-Il faut bien les surveiller.

-C'est vrai.

-On ne peut pas danser à tout va. Un peu comme ça. Surtout avec des élèves.

Le proviseur oriente à cette seconde son regard vers la cible qui se trouve déjà dans son collimateur, la forme de la bouche qui dessine un soulignement, celui-ci ne ressemblant non vraiment à un sourire sans trop pouvoir le définir. Toutefois, son expression laisse bien deviner un sous-entendu que mister Jane déchiffre.

-N'est-ce pas, Patrick?

L'enseignant baisse furtivement la tête, souriant nerveusement, comprenant la raison de son approche. L'appeler par son prénom comme souhaité antérieurement par lui-même, articulation appuyée sur, n'est pas de bonne augure de nouveau.

-C'est futé comme entrée en matière.

-Merci. Je l'avoue, j'avais très peu soif.

La directrice repose le gobelet sur la table, celui-ci légèrement entamé avant de réapproprier immédiatement son sérieux.

-Je n'ai plus l'impression de m'avoir fait bien comprendre la dernière fois après ce que j'ai vu.

-Si, si. Vous vous êtes fait très clairement comprendre. Inviter une élève à danser était purement innocent comme Kristina Frye avec Danny Ruskin.

-Dois-je vous rappeler que vous avez raccompagné l'élève avec qui vous avez dansé?

-Non.

Hightower fronce alors les sourcils sans se montrer autoritaire mais plutôt interrogative, interloquée de le voir réagir avec une telle désinvolture, la dépassant. Il la fixe ensuite, répétant ce qui avait été répété dans le bureau.

-Je n'ai rien fait de mal.

-Non. Mais ça ne me plaît pas.

Un sourire nerveux en coin cette fois apparaît, yeux levés au ciel, l'expression là qui révèle que ceci est fichtrement ridicule. "Teresa Lisbon a bien raison."

-Très bien, Patrick.

Le regard du proviseur se tourne de nouveau en direction de la piste et d'un air assuré, celle-ci le convoque.

-Lundi matin dans mon bureau durant l'interclasse. Ça vous va?

Sa tête se redirige vers le professeur qui la regarde une nouvelle fois, lui souriant insolemment, l'expression malicieuse.

-Ça me va très bien.

-Parfait.

Hightower lui renvoie un sourire de même nature, le frondeur ne baissant sa garde. La directrice repart du buffet, laissant l'indiscipliné finir son gobelet de coca quant à lui, donnant l'impression de se soucier tellement de cette convocation à ne pas prendre à la légère. Coooool! Ça sert aussi à ça les années 60.

***

Apparemment, à part Grace, personne d'autre n'a fait attention à leur amie qui a obtenu l'honneur de partager une danse et non ordinairement sur une chanson personnellement iconique.

La plupart vont à nouveau se restaurer un peu ou plus comme le grand gourmand tandis que miss privilégiée qui aurait fait plus d'une envieuse, principalement une, surtout, va à la rencontre de son petit ami qui a terminé son entrevue avec le coach. Le voir autant sourire aurait presque pu aveugler ses camarades tant il est rare qu'une quelconque joie vienne étirée un très large sourire, faisant apparaître ses mignonnes petites fossettes comme le pense la demoiselle.

A ce point là, qu'est-ce qui le rend aussi heureux, question posée par Teresa qui a conservé sa mine réjouie, éclatante.

-Tu vas pas le croire.

-Quoi donc?

-Le coach m'a dit qu'il voyait du potentiel dans mon jeu et m'a suggéré de tenter ma chance pour passer professionnel lors des prochaines sélections avec des recruteurs.

-Oh! Mais … Mais c'est géniale.

-Ouais.

L'adolescente prend Kimball dans les bras, contente pour lui, le félicitant, décontenancée légèrement cependant, prise au dépourvu par la nouvelle. Pas par égoïsme, seulement la crainte de l'éloignement. Celle-ci est subitement prise aussi d'appréhension, se disant de suite que ça risque de l'accaparer davantage dû aux entraînements plus intensifs, prendre évidemment sur son temps.

Toutefois, la jeune fille n'est pas du tout le genre non plus à refroidir des élans de bonheur, de surexcitation pour contrecarrer les plans qui propulseraient vers un avenir prometteur. C'est le type à soutenir et encourager malgré cette pointe au coeur un tantinet contrariante qui ne parvient néanmoins pas à gâcher sa sensation de flottement, dominant bien.

L'enlacement se rompt, Teresa étant une nouvelle fois invitée ensuite, la déclinant. Après ce slow qui l'habite, l'invitation est reportée temporairement, acceptant un peu plus tard pour un morceau de rock qui balance pas mal, vous mettant la tête à l'envers, au sens figuré bien sûr.

Lorsque ce sont plus que des mots, on a peine à les oublier et passer facilement à d'autres. Tout importe pourtant.