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Jusqu'à la fin

Jusqu'à la fin
Cette image animée ne m'appartient pas, provenant d'une autre source.

mardi 23 mai 2017

John Le Rouge - Chapitre 11 (Fin)

 
-Merci.

-De rien.

Je sers alors dans mes bras l'agent Lisbon qui se laisse faire, me tapotant ensuite un peu le dos. Une très belle âme également. Désagréable avec moi au début. Mais s'étant améliorée au fil de l'enquête, tentant de me cerner tel que je suis.

-On y va ?

Elle me précède, je la suis dans la réserve où nous entrons quelques minutes après, une pièce qui renferme une atmosphère lugubre, légèrement poussiéreuse, sentant une odeur de carton. Normal.

Au milieu, une table sur laquelle huit gros larges cartons sont alignés, abritant tout ce qui a été archivé.

-Nous y voilà. Je rentre chez moi. Si vous avez des questions, vous pouvez me téléphoner.

Serviable, douce, dure en même temps mais une personne sûre. J'ai l'impression que je pourrais compter sur elle à l'avenir même si elle a dû se dire que l'unité des crimes majeurs couraient à la catastrophe quand j'ai signé le contrat, presque fataliste de se dire également qu'un jour ou l'autre elle se fera virer par ma faute. Je crois que je ne le permettrais pas, sentant que je pourrais être, qui sait, toujours là si elle devait avoir un problème même si on ne peut le jurer. En tout cas, l'agent Lisbon est de qualité, en valant la peine. Il se peut qu'on devienne ami comme avec L'agent Cho et Rigsby ? Ils me semblent sympathiques malgré qu'ils ne doivent pas me faire totalement confiance, se méfiant, surtout l'agent Cho. Avec le temps, on peut peut-être s'apprivoiser ?

J'observe par la suite les boîtes, hypnotisé, l'adrénaline qui commence à monter. J'en ouvre une pour débuter l'exploration, ouvre la première chemise qui se situe sur la pile des dossiers, sors une feuille et m'appuie contre un vieux canapé en cuir marron abîmé, rangé à l'envers contre le mur, placé à côté d'une étagère de rangement en fer. Il m'a l'air confortable. C'est dommage de ne pas s'en servir. Je pourrais m'allonger dessus, tiens! Faire des siestes, réfléchir. Il m'a l'air vraiment bon et moelleux. J'humidifie ensuite la pointe de mon index pour tourner la page et consulter le rapport.

Plus tard, seul Minelli sera au courant de mon séjour en hôpital psychiatrique, prévenu par une certaine Alex Shultz bien renseignée. Toutefois, curieusement, ça ne l'a pas dérangé, me considérant comme précieux pour les enquêtes qui seront à venir. Finalement, heureusement pour tous. Pour moi...

**************************************

-Par arrogance, par bêtise, j'ai provoqué la furie d'un homme maléfique qui les a tué pour se venger de moi. Pour me faire regretter ce que j'avais fait. Et j'ai bien regretté. Le remord est plus douloureux que la mort. Tout le monde meurt. Mais très peu de gens éprouvent du remord après avoir accompli une mauvaise action. C'est douloureux.

Tout en mangeant une glace, j'explique ce sentiment personnel à un gamin dont sa sœur a été tuée. J'en suis arrivé à ce stade, travaillant depuis quelques temps à présent au C.B.I. Je comprends le désir de vengeance de ce garçon qui à le voir a le même âge qu'aurait ma fille si je n'avais pas provoqué sa mort avec celle de ma femme. Précision que j'ai confessée juste avant.

Tigre, tigre, brûlant, brillant dans les forêts de la nuit. Quelle main, quel œil immortel ont fabriqué ton effroyable symétrie ? William Blake. Mon but ultime. La vengeance n'est pas fait pour les idiots. Elle est constructive pour moi. C'est mon seul loisir. Je nous le dois, je ne défaillirai pas à cette promesse. Angela, Charlotte....

Il m'arrive à présent de parler à ma femme ce qui me fait énormément de bien. Une sorte de thérapie de l'au-delà. C'est vrai. Je ne crois pas aux esprits mais m'adresser à Angela est plus un moyen de la maintenir toujours vivante. Je n'en n'ai pas honte. Et je l'ai même confié à un autre petit garçon prénommé Oscar lors d'une nouvelle enquête où la mère de cet enfant était la victime, celle-ci fréquentant un petit cercle entre amis très prisé où un petit business florissant a causé la mort de cette maman déclarée coupable par une autre mère qui avait perdu sa fille due à une consommation de pilules non recommandées, entraînant par la suite un accident mortel de la route à cause justement d'une prise de cette saleté de bonbons du genre à vous mettre la tête à l'envers.

Lors de l'interrogatoire, je lui ai demandé si ça changeait quelque chose. La mère a fondu en larmes me répondant que non. La douleur était toujours présente. Je ne pense pas qu'elle disparaît lorsque la vengeance s'accomplit. Elle l'apaise peut-être... Suivant pour qui. Je ne peux actuellement jurer de rien.

Il y a une enquête, là spéciale, qui ramène quelques mois auparavant, amenant l'équipe de Teresa Lisbon à Palm Springs dont j'avais été écarté suite à l'incitation indirecte sur une mère, encore, de tirer sur son mari incestueux envers leur fille adolescente avait été portée disparue, tuée en vérité par le père dû au refus de la jeune abusée sexuellement de poursuivre ce rapport ignoble. Pas de preuves tangibles mais je l'avais deviné suite à une rapide inspection d'une série de photos photomaton sur lesquelles les poses de la jeune fille prénommée Marcy, étaient éloquentes par sa gêne d'être sur les genoux de son père. Le regard de celle-ci fuyant, l'inconfort transparaissant voire de la honte.

Et un peu avant à l'extérieur de la maison où les parents se tenaient debout face aux médias pour un communiqué de presse, le père prenant la parole uniquement. La manière dont cette mère a réagi, l'expression à la fois bouleversée et dégoûtée, refusant de tenir la main de son époux.. Ça cachait quelque chose. Je me tenai quant à moi à quelques mètres de l'estrade, observateur, mon esprit qui fut éveillé par des soupçons qui se sont confirmés quand j'ai vu ces photos. J'ai juste fait prendre conscience à la mère éplorée, partageant son désarroi, ce qu'elle soupçonnait déjà. Pas de la meilleure façon du point de vue de l'agent Lisbon, furieuse et devenue plus que froide, sévère, rigide à mon égard suite à ce que j'avais provoqué. La raison pour laquelle on m'avait suspendu, me retrouvant en congé sans solde. Ça commençait bien, n'est-ce pas ?

Heureusement que Cho m'avait mis au parfum en m'informant que le meurtre pour lequel le C.B.I avait été envoyé du comté de Riverside dans le sud de la Californie, avait sans doute un lien avec le mode opératoire de John Le Rouge, rejoignant l'équipe en taxi, qui se trouvait devant le bâtiment de la morgue. L'agent Lisbon lui en a légèrement voulu, demandant auparavant lequel des deux bon à rien, entre Rigsby et Cho, me l'avait répété. Les traiter ainsi... Les pauvres ! Quand il s'agit de John Le Rouge on me le dit. Remarque que j'ai eue la franchise d'exprimer auprès de ma nouvelle chef.

Plus tard, ne pouvant me renvoyer dans un avion retour en partance pour Sacramento et après un détour par l'institut médico légal pour voir les corps de Gregory Tannen, médecin et ami proche de la victime féminine lacérée, celui-ci gay, élément important pour définir la nature de la relation entre eux, seulement, ce que j'avais deviné et confirmé peu après par le docteur Wagner, interrogé par l'agent Lisbon dans le couloir, nous arrivions après notre départ de là-bas, dans cette fameuse propriété dans laquelle la jeune femme prénommée quant à elle Allison Randolph, avait été retrouvée morte.

Crime apparemment donc signé John Le Rouge. Je me suis alors retrouvé à ce moment face à mes démons, me remémorant cette nuit assassine.

Dans la chambre de cette scène de crime, matelas tâchée par une auréole de sang étendue, j'avais observé les éléments sur la coiffeuse, aménagée face au lit, sur laquelle une carte était accrochée sur la glace du milieu. Le message écrit dessus avait retenu mon attention ; Aujourd'hui est le premier jour du reste de ta vie. Significatif. Son existence écourtée pour elle et une sorte de renaissance pour moi curieusement.

La manière dont avait été mis maladroitement en évidence le smiley, une incohérence grossière du célèbre mode opératoire qui me sauta aux yeux, je sus immédiatement que ce n'était pas l’œuvre de John Le Rouge. Cette figure sinistre n'avait pas été mis en valeur comme d'habitude, ne voyant pas celle-ci dès qu'on était entré comme on le remarque généralement. Là, ce fut le contraire. On n'avait vu la victime en premier lieu. Grosse erreur ! A partir de là, je m'étais montré odieux avec Brett Partridge, le légiste, dû à notre désaccord. Il m'avait contrarié, étant contrariant. Ces propres mots qui suivirent. Une goule qui prenait trop son pied au travail.

« -Si le gore ça vous fait pas bander, moi j'suis Britney Spears. »

Du tout délicat, j'en avais convenu. Ma grossièreté fut la plus forte et fit sourire Rigsby et Cho.

« -C'est ça votre technique pour vous faire pardonner ?! » réagit Teresa Lisbon ne cautionnant pas ma manière de rétorquer.

Mon esprit s'était redynamisé depuis quelques temps. Autant le remettre en service et ainsi de suite, de plus belle, je m'étais dit. Mon leitmotive.

Malgré que l'agent Lisbon avait continué de se montrer très froide, coupante avec moi, ma petite grenouille toutefois, que j'avais fabriquée, après avoir résolu l'enquête, de retour à Sacramento, ma petite œuvre en papier confectionnée, posée sur le bureau de la chef, l'avait amusé, décrispé grâce au minuscule saut de l'origami. Ça avait viré de nouveau en ma faveur. Je m'étais retourné à cet instant, souriant, en voyant sa réaction détendue, présentant juste avant mes excuses. C'est la grenouille qui me fit pardonné en quelque sorte. Je n'ai pas fini, je pense, de la rendre folle, la faire enrager. Cependant, la glace avait commencé à se briser un peu.

Le coupable de cette enquête fut le docteur Linus Wagner, médecin de famille des Randolph. Il ne semblait pas malfaisant à priori mais il l'était. Sa figure le dénonçait finalement. Sa motivation fut que Tannen voulait le détruire, considérant que la cause humanitaire de Wagner était du vol, l'accusant de détournement de fond. Ce qui était vrai. C'est bien connu ! Et Allison Randolph était l'assistante du magicien comme je l'avais dit. Un leurre. Comme je le plaignais ! Un malfaisant ni plus ni moins. Indéfendable !

Concernant, par ailleurs, Rigsby et Cho l'entente allait bien. On s'entendait tous les trois convenablement y compris avec la jeune bleu, Grace Van Pelt qui avait intégrée il y a quelques mois l'unité des crimes majeures, prenant peu à peu ses marques timidement. J'avais remarqué aussi au restaurant de fruits de mer à Palm Springs une évidence qui n'avait rien avoir avec l'affaire. Un solide béguin de la part de Rigsby envers sa coéquipière, remplaçante d'Hannigan. Ça crève les yeux ! Je l'encouragerais bien à se déclarer, tiens, malgré le règlement interne du C.B.I qui stipule qu'aucun collègue ne doit sortir ensemble. Les règlements sont parfois stupides. Peut-être qu'un jour ça changera. La vie paraît tellement courte. Le temps est précieux. Ne pas le gaspiller inutilement. Non.

Je suis tombé dans une très chouette équipe et ne regrette pas ma venue inopinée au sein du bureau californien d'investigation il y maintenant quatre ans. Comme ça passe ! Le meurtre de ma famille m'a amené à travailler ici. Moi consultant dans la police, arrêtant les méchants. Qui l'eut cru ! Et qui le croirait ? Les forains que j'ai connus n'en reviendraient pas. Moi Patrick Jane, consultant ! Crevant, non ? Voilà ce que je raconte en autre à ma femme.

Et si tu m'entends, qui sait? A toi, à Charlotte. Je vous aime. Je vous promets. L'importance est de toujours vous aimer. Mon ultime force maintenant.

Tigre, tigre.... Si l'on considère que la vengeance, aussi, est une saloperie, moi je la considère comme bénéfique également. Je suis à présent debout, parvenant à mettre un pied devant l'autre, mieux qu'avant, sur ce chemin très long néanmoins. J'avance comme je peux, accompagné de mes loyaux démons. …. Brûlant, brillant dans les forêts de la nuit... Ton effroyable symétrie... Patrick déterminé Jane. Mon nouveau moi en renfort. John Le Rouge. Un jour... Tout ce que je souhaite. Je me le suis promis fidèlement, tenace. La vengeance est dans ma peau. J'ai juré que je me vengerai. La vengeance est productive.

La clémence ? A d'autres ! Comment croire à une telle ineptie ? Connerie ! Cela ne m'empêchera certainement pas de me questionner cependant, le faisant déjà sur ; Est-ce que ça vaut le coup ? A l'heure actuelle oui. Une chasse à un monstre change un homme. La réalité est souvent différente, c'est vrai. Mais là, je ne pense pas qu'elle le sera. John Le Rouge est à moi.




Je me suis détachée de tout confort. J'ai troqué ma belle voiture en la vendant contre une DS bleue, délaissant le m'as-tu-vu avec lequel je paradai. La maison a été vidée, plus rien à part un matelas de fortune qui me sert de lit, installé dans ma chambre où au-dessus le smiley de sang séché non nettoyé, la preuve à conviction, reste indélébile. Macabre mais je me suis adapté. C'est ma maison. La présence d'Angela et Charlotte règne. J' y suis attachée. Mais depuis peu, j'alterne entre ici et un motel de séjour à longue durée, Parkway. Ça m'équilibre, je l'avoue.

Au C.B.I, j'ai adopté ce vieux canapé en cuir esseulé qui est devenu mon meuble de repos attitré où je me repose, réfléchit en effet et fais du sudoku. Surpris ? On ne me l'a pas interdit. Je résous les crimes. Et ce canapé aménagé dans l'espace ouvert de travail apporte du cachet. Ça ne gêne personne. Tous s'y sont habitués. Alors, tant mieux. Et j'adore par ailleurs encore les pizzas après ces fins de chaque mission.

Mes rapports avec Minelli.... Comment dire ? Parfois, il serait capable de m'abandonner sur une autoroute maintenant que mon comportement a repris du poil de la bête. Je ne m'embarrasse de pas grand chose. Je suis le sale gosse brillant et indiscipliné.

-Faut tenir votre bonhomme en place !

Après la pommade, le gant de crin. Pauvre Lisbon ! C'est pas drôle pour elle. Heureusement que ses épaules sont robustes et larges. Ce n'est qu'un début car le maître manipulateur des pensées et du comportement humain qui n'épargne personne c'est moi.







MENTALIST

Personne qui utile l'acuité mentale, l'hypnose ou la suggestion.

Maître dans l'art de la manipulation.




Les présentations sont à présent faites.

Enchanté. Vous allez pouvoir bien me connaître à présent.

mardi 9 mai 2017

John Le Rouge - Chapitre 10



Route près du parc Malakoff Diggins, comté du Nevada, Californie.

Nous y sommes, arrivant dans une SUV noire avant de se garer à proximité du lieu de la scène du crime en compagnie d'Hannigan. Les agents Cho et Rigsby, ayant entendu précédemment leur nom, sont sur place. Je distingue ensuite à moyenne distance une voiture décapotable rouge cabossée à l'avant qui appartient sans aucun doute à la victime qui est contournée.

-Bonjour patron. salue poliment l'agent Cho.

Impassible, d'origine coréenne, devant être à première vue, due par son attitude, un très bon élément. Et en parlant d'agent, celui-ci semble, apparemment, ne pas être très heureux de voir Hannigan. Compréhensible ! Spontanément de mon côté, je vais alors me présenter auprès du flegmatique représentant des forces de l'ordre d'une manière cordiale.

-Patrick Jane. Enchanté.

-Cho.

On ne perd pas de temps à se montrer démonstratif. Concis. Je ne me suis pas trompé.

-Faites comme si je n'étais pas là.

-Très bien.

Puis topo sur la cible. Winston Dellinger, touché par trois balles, confirmant que c'est bien sa voiture. L'équipe de route a trouvé le corps aux alentours de 6h00 du matin, tué vers minuit. J'ai l'oreille au garde à vous. Je les suis ensuite en prenant le haut d'une pente terreuse, ne quittant des yeux le cadavre que j'aperçois au loin, m'en rapprochant après. C'est une vision d'horreur en plus, respirant plus fort. L'image d'Angela de Charlotte me revient en flashback . Je ne sais si Hannigan le fait exprès pour me retourner la monnaie de ma pièce mais en me racontant que parfois les corps retrouvés sont en décomposition, couverts de vers, que ça remue dans tous les sens, que ça fait des petites bulles, ca me rend nauséeux.

-Je ne vous raconte pas l'odeur.

Je me relève sans trop attendre, ayant envie de vomir une nouvelle fois non pour la même raison. Il l'a fait sciemment bien sûr. Teresa Lisbon me demande par la suite si je vais bien, répondant oui, ajoutant; J'ai la tête qui tourne, accroupi là tandis qu'ils échangent avant que la chef dise ce qui doit être fait comme elle l'ordonne peu après.Vérification des relevés bancaires etc. Je suggère sans me gêner à ce moment de trouver la femme.

-Quelle femme? me demande-t-elle.

-Celle avec qui il avait rendez-vous.

Hannigan ramène sa connerie, vite remis de toute à l'heure, très rancunier.

-Vous êtes un médium, vous avez vu ça dans votre boule de cristal ?

-Les médiums n'ont jamais existé. je précise, le ton cotonneux.

Et je poursuis, parvenant à être capable d'analyser.

-Il a une voiture de célibataire, des fringues de jeunes, de l'alcool, des bonbons à la menthe et il s'est aspergé d'eau de toilette.

Mon don court plus vite à cet instant, stimulation soudaine de l'esprit.

-Il avait un rencart.

-D'accord. Merci pour votre contribution.

Pas tant épatée mais davantage indifférente, me prenant certainement pour un fantaisiste qui veut attirer l'attention en exposant des théories amatrices. L'agent Cho informe quant à lui, officiellement, dans la foulée que la victime a dîner la veille dans un restaurant appelé le café Toscani, sa supérieure l'envoyant là-bas dans l'imminence suite à cet indice trouvé. Quant à elle, la patronne décide de se rendre au domicile du père de la victime qui est juge à la cour d'appel et on ne s'attarde pas face à quelqu'un d'influent et surtout quand le fils a été tué et en général. L'agent Lisbon s'engage alors à partir pour aller le rencontrer, me proposant de me déposer, revenant sur Sacramento. J' accepte de la suivre.

Plus tard, chez le juge, je demande comment marche ce genre d'interrogatoire, curieux.

-J'entre dans la maison, (Et quelle maison ! Un véritable domaine royal!) Et j'interroge les personnes qui s'y trouvent. Elles seront bouleversées et ne m'apprendront pas grand chose.

Je confirme, je l'ai vécu.

-C'est souvent un handicap quand on a quelqu'un avec soi dans ces cas-là.

J'ai compris.

-Vous voulez que je reste ici ?

-Oui. Je préférerais.

-D'accord. Aucun problème. Je ne veux surtout pas être une gêne.

Néanmoins, pas le temps de me laisser à l'écart. Le juge au visage émacié arrive soudainement à notre rencontre, préférant quant à lui que l'interrogatoire se déroule où nous nous trouvons. Devant la propriété. La raison? Sa femme est dans tous ses états. Il y a de quoi! Déjà au courant, ça va de soi. Très compréhensible comme requête. Je suis présenté ensuite par Teresa Lisbon, pas le choix, salué de la main par le père, le suivant tous les deux rapidement. Je m'y colle.

Nous nous assoyions, moi seul sur un banc et à proximité, l'agent chef et le juge assis sur un autre où les questions ne tardent pas à défiler jusqu'à ce que je me montre blessant avant qu'une phrase significative ne soit exprimée. C'est tellement vrai!

-Pourquoi ils s'en seraient pris à lui et pas à vous?

Quand on est juge, on se fait des ennemis, croyant que le coupable peut-être un de ces innombrables jugés. Classique ! Pour se venger...

-Si vous voulez faire du mal à quelqu'un ne le tuez pas. Tuez sa famille.

Évidemment, cette remarque juste, pénètre mon esprit, n'étant le seul, je pense à cette seconde. Et la mienne le fait réagir.

-L'alcoolisme. Quel terrible fléau.

-Kingston avait replongé dans l'alcool?

-Nous l'ignorons. s'empresse de rectifier Teresa Lisbon, ma réflexion soulevé devant la déranger face au juge. C'est embarrassant. Il faut attendre que le laboratoire nous remette son rapport.

Et le juge se lève alors, offensé par mon indélicatesse, s'insurgeant.

-Alors vous insultez ma mémoire de mon fils sans preuve?

-Ce n'était pas pour insulter. Je l'ai deviné à travers votre comportement.

L'agent Lisbon en est tout d'un coup crispée, contrariée.... Mais je ne me dérobe pas pour autant, droit dans les yeux du juge qui en vient à admettre sa culpabilité, me lançant toutefois par la suite un regard méprisant, jugeur en me posant une question sensible.

-Quel comportement ?

-Kingston vous décevez énormément.

-En ce qui concerne mon fils, monsieur Jane, je suis seul responsable. Et je vis avec cette douleur. Vous avez des enfants monsieur Jane?

-Non.

-Oh! Alors vous ne pouvez pas comprendre.

Oh! Si je le peux! Mais ma souffrance m'appartient.

-Si vous n'avez plus de questions...

-Non monsieur.

A cette réponse de Teresa Lisbon, celui-ci s'en va, retourné, vexé et offusqué avant que nous fassions de même. Inévitable, une fois en voiture, je me fais gronder plus ou moins pour ma conduite inacceptable.

-Dellinger est un juge très important de cour d'appel du pays. Vous savez ce que ça risque de me coûter de le mettre en colère et de le retourner contre moi?

-Non. Quoi? ne mesurant les conséquences.

-Je risque gros. le ton qui se hausse. Vous devez comprendre que si vous....

Le portable retentit à ce moment, me sauvant de rapports conflictuelles, par chance.

-Une seconde, Cho.

La voiture est alors garée par précaution, s'excusant avant de descendre tandis que je reste dedans durant un petit instant. Durant la brève prise d'informations rapportées au bout du portable, mon oreille se balade avant que la communication ne prenne fin et qu'une timide satisfaction ne pointe.

-Vous aviez raison. Notre victime était avec une femme. Bien joué.

L'annonce positive est faite quelque secondes après à l'extérieur sur un ton plus radouci, me montrant modeste.

-C'est de la lecture à froid.

-C'est-à-dire?

-Si j'exerce cette technique sur vous, je dirais que vous vous êtes occupé d'un parent à problème, sûrement votre père. C'est pour ça que vous supportez Hannigan.

-Je ne le supporte pas. se défend-t-elle assez convaincante.

-La tristesse qu'il fait tout pour cacher aux autres vous fait penser à votre père.

Je viens de toucher également une corde très sensible qui la fait replier sur elle-même, abrégeant ma pratique chevronnée d'observateur d'une manière sèche, esquivant. J'ai deviné.

-On n'en n'a fini pour aujourd'hui. Souhaitez-vous que je vous dépose quelque part en rentrant?

-Vous deviez me montrer les dossiers sur John Le Rouge.

-Monsieur Jane. Je suis sincèrement désolée pour ce qui vous est arrivé. J'imagine ce que vous devez ressentir. A votre place j'éprouverais la même chose. Mais vous lancer à la poursuite de cet homme ne vous apportera rien de bon. C'est le genre d'obsession qui détruit pas mal de monde. Vous devriez déménager et essayer de passer à autre chose.

-C'est exactement ce que m'a dit Hannigan.

-Repassez au bureau demain matin. Mais faites un brin de toilette. Vous faites peur à voir.

Je ne dirais pas le contraire. Et d'avoir dit que Hannigan m'avait conseillé la même chose l'a fait cogiter rapidement. Elle ne veut surtout pas y être comparée. Teresa Lisbon est une âme humaine. Ça a basculé en ma faveur sans que ce soit intentionnel de ma part.

Par la suite, je ne m'y serais pas attendu, je suis impliqué dans l'enquête.

Bien habillé, une peu mieux soigné, en costume, ce mignon bout de femme forte de son métier me demande d'entrer dans une pièce où les suspects de cette affaire ont été réunis. Je dois juste les regarder un par un et que je lui dise lequel est le menteur?

-Moi?!

J'en suis stupéfait qu'on veuille me faire confiance en fin de compte, misant le dénouement sur moi.

-Vous semblez avoir un don.

-Je ne suis pas médium. Je vous l'ai déjà dit. Je suis un vulgaire charlatant. Je ne suis qu'un imposteur.

-Je veux bien vous croire mais quoi que vous pensiez vous avez un don. C'est évident. Alors autant nous en servir.

Je jette un œil ensuite dans la pièce à travers les stores puis au moment d'y aller je me rétracte, refusant avant d'être encouragé.

-L'enquête est dans l'impasse. Allez!

Je souffle et entre. Le numéro commence.

Après avoir demandé qui avait tué d'entrée, tactique pour déstabiliser, mettre mal à l'aise, je me lance, croyant savoir qui a fait le coup. Les agents Cho et Rigsby sont dispensés d'interrogatoire pour l'instant, se tenant en retrait près de la porte, ce qui ne les empêche pas d'observer. Me concernant, je me mets à raconter mon ancienne profession de vendeur d'espoirs, précisant que le don d'observation existe contrairement aux voyants, médiums, avant de clamer que l'assassin est dans cette pièce. Les suspects se lèvent soudainement après avoir prévenu que j'allais me servir de mes (pseudos) pouvoirs, non craintifs que ça fonctionne mais de se sentir traiter comme des imbéciles, des instruments pour un jeu grotesque. Cependant, je réussis à les faire changer d'avis en les faisant se rasseoir grâce à un argument de choc qui les amène là à baliser.

-En général, le coupable est le premier à vouloir partir.

Mon numéro consiste donc, pour après, à dessiner ce qui s'apparente aux symboles des tarots, tour de magie que je maîtrise parfaitement, réalisé avec les moyens du bord, pris de court. Je gribouille alors ce qui se rapproche de la personnalité des suspects présents, demandant ensuite à Teresa Lisbon de mélanger les cartes confection maison, la sollicitant en tant qu'assistante bénévole, celle-ci me les remettant peu après. Je propose à chacun, dès retour dans mes mains de ma création, de piocher dans le tas posé sur la table précédemment, en pensant très fort à leur dernier cauchemar. Chacun prend alors une carte sans qu'elle ne soit retournée, consigne inchangée, qui est ramenée respectivement vers eux.

J'explique par la suite qu'ils croient tous avoir sélectionné une carte au hasard mais c'est leur subconscient qui a sélectionné une carte pour une raison bien précise; Grâce à ça, le tueur va être démasqué. Ce qui se produit magiquement Mumbo Jumbo. Incantation pour rituels afin de causer la confusion. Ça a marché, non?! Le meurtrier a tiré le pendu. Monsieur Nathaniel Kim, inspecteur, demande ce que ça veut dire. Je m’esclaffe, un tantinet glorieux intérieurement.

-Aaaah ! Que c'est vous qui avez tué Winston Dellinger.

L'homme est ensuite arrêté, emmené au C.B.I où il est interrogé par l'agent Cho, avouant tout.Quant à moi, plus tard, après l'arrestation, je reviens au bureau californien, vêtu impeccablement, un peu plus que l'effort fourni vestimentairement lors de mon intervention auprès du cercle des présumés innocents non disparus parmi blâmables. Costume bleu foncé à rayures, badge de consultant épinglé sur le devant de la poche de ma veste, fier, content. Je respire davantage, ayant un but.

-Alors Minelli a vraiment engagé ce Jane?

Rigsby en est estomaqué, voulant obtenir sans doute confirmation sur cette nouvelle recrue. Sa patronne atteste bien la rumeur.

-Il nous a permis d'arrêter un flic corrompu et de détrôner un juge. Ça nous fait une excellente publicité.

Monsieur Kim couvrait le mauvais fils de ses graves frasques sous le consentement du papa puissant. Winston Dellinger l'avait appelé cette nuit-là, apeuré, racontant qu'il avait renversé quelqu'un, encore. L'inspecteur avait refusé, lui suggérant d'appeler la police cette fois, d'assumer. Seulement, celui-ci sut comment lui faire changer d'avis en le menaçant de révéler l'accord passé entre lui et son père si il ne l'aidait pas. L'année d'avant, un type avait été tabassé dans le bar que Nathaniel Kim avait ouvert. Il allait perdre tout ce qu'il avait. C'est en enquêtant sur l'affaire Dellinger qu'il a découvert que le juge qui présiderait le procès en appel était le père de Winston.

Celui-ci était terrifié que sa mauvaise graine aille en prison et que l'un de ceux qu'il avait coffré au cous de sa carrière; dernièrement, ne fasse la peau au fiston. A partir de là, il s'est penché en faveur de l'affaire du flic, passant un accord. Il s'arrangeait pour cacher les preuves. Lorsque Nathaniel Kim découvrit que c'était un être vivant, un cerf, un (pauvre) animal, le fils indigne fut soulagé, croyant que c'était une autre espèce, un humain. Marre de continuer à le couvrir, se disant que c'en était trop, il le tua. Le pacte avec le diable avait été rompu. Tout est puni un jour ou l'autre. L'affaire était clos, classée, passant sur mon cas, ma situation présente évoluée précocement, mon statut liée au C.B.I d'une manière imprévisible. Ça ne pouvait qu'alimenter les questionnements à mon sujet.


*********************************


Lisbon, Rigsby s'assoient tandis que Cho reste debout.

-D'ailleurs pour Minelli, ajoute , l'agent chef, c'est un véritable héros.

-Euh....

Wayne semble perplexe à l'écoute de cette dénomination en jetant un œil vers le nouveau consultant à travers la cloison ouverte avant de demander si Hannigan est au courant. Surtout en imaginant les deux hommes collaborés. Complètement dissociés.

-Oui. Il refuse de bosser avec Jane. Il a fait une demande de mutation.

-Vous savez qui va le remplacer? Interroge Cho.

-Non. Pas encore. Des nouvelles recrues doivent arriver. On en aura peut-être une. Jetez donc un coup d’œil à leur dossier. soumet-elle.

Rigsby tombe par la suite, immédiatement sur celui d'une certaine Grace Van Pelt, le montrant à son coéquipier, ami. Il a l'air de la trouver à son goût.

-Elle est mignonne.

-Ouais. ... T'as aucune chance.

Celui-ci lui répond d'une façon directe, expéditive comme à son habitude, cette réflexion déconcertant Wayne.

De mon côté, Teresa Lisbon face à moi, me demande si je suis sûr de vouloir voir les dossiers que j'espère tant parcourir, étudier enfin.

-Oui, absolument.

-D'accord. J'aurais essayé.

-En effet.

Mon regard est empli de gratitude, d'une joie triste mais mon mental y est préparé. Cette immersion au sein de cette enquête m'a redonné une certaine poussée d'énergie. Autant m'en servir à bon profit, ayant du pain sur la planche qui m'attend.

mercredi 3 mai 2017

John Le Rouge - Chapitre 9


 



-Qu’est-ce qui vous êtes arrivé ?

-Comment ça ?

Corde sensible touchée ! Ça lui déplaît évidemment.

-Vous êtes plus âgé, plus expérimenté que l’agent Lisbon.

Steve se sent immédiatement offensé on dirait mais ne répond pas. Alors je poursuis vers la provocation.

-Vous avez dû pousser le bouchon bien loin pour vous retrouver sous les ordres d’une femme de vingt ans votre cadette.

Je reprends à ce moment du poil du lion. Pourquoi faire des cadeaux ? Des inepties de glace lancées en pleine figure me révolte. Coup bas, je me venge et je lui en envoie en plein dans les dents. Chacun son tour.

-Qui vous a raconté ça ?

Très mécontent.

-Vous êtes soupe au lait. C’est ça votre problème.

L’énervement monte à mon égard et ; Plein dans le mille !

-Vous êtes pas facile à vivre. C’est pour ça qu’on vous a mis avec Lisbon. Elle était nouvelle et personne ne voulait travailler avec vous.

Mon don à analyser reprend le dessus, la révolte s’est décuplée, boostant l’énergie. La survie de la force mentale. Puis, il fallait s’y attendre. Je provoque à nouveau et en contrepartie, reçois un coup de poing magistral dans le nez. Pour sa maîtrise de soi, je ne me suis pas trompé. Il repassera le gorille mal luné ! Je tombe alors à terre de tout mon poids, le nez qui saigne. Teresa Lisbon arrive à ce moment, très peu ravie de ce qu’elle voit, le visage de l’agent Steve n’ayant désempli de sa colère de son côté.

-Qu’est-ce que vous avez fait Hannigan ?! le réprimande-t-elle, furieuse.

L’expression de l’agresseur assermenté fait place à un air contrit. Cependant, aucune excuse ne peut être fait par ce comportement du tout professionnel.

-Pardon… Je …

-Je vous ai demandé de le raccompagner, pas de le tabasser !

Pendant qu’il se fait houspiller, bien engueuler oui, je constate le degré de la correction qui m’a été infligée. Mais je m’en remettrai.

-Ouais, je sais. Je n’aurais pas dû lui faire ça. Désolé.

L’avouer, oui mais ça risque de lui causer un blâme car même sa gestuelle d’imploration ne lui accordera pas de circonstances atténuantes. Passons !

-Non, non, non. C’est pas grave. Ça fait rien.  C’est.. C’est de ma faute. Je suis responsable. puis je m’adresse à l’agent. Je vous ai provoqué. Je vous demande pardon.

Mon ton d’excuse, reconnaisseur de faute dénote avec celui de l’agent Lisbon qui ne compte pas faire preuve d’autant d’indulgence, passer l’éponge.

-Bon sang ! Hannigan, allez lui chercher de la glace !

Il s’exécute en vitesse, n’ayant pas le choix. Quant à moi, je rassure d’une voix basse, molle, la non si froide agent chef qui s’inquiète de ma blessure, la jeune femme droite pour tout.

-Je vais bien. Je vous assure. Votre collègue n’y est pour rien. plaidant sa cause.

Une juste action de ma part malgré que je sois sonné mais bon. Je l’ai amplement mérité.

-Il est censé représenter la loi et se comporter comme un professionnel à tout moment. se focalisant ensuite sur le coup qui m’a été porté, le timbre assagi. On va soigner votre blessure. Suivez-moi.

Elle m’aide alors à me relever. C’est gentil. Je suis un peu bancal en me levant derrière la photo du gouverneur de Californie, anciennement Terminator, celle-ci encadrée avant de complimenter cette jeune gradée.

-Teresa Lisbon. C’est…. Un très joli nom.

Ce n’est pas dans le but de la flatter seulement pour manipuler mais parce que je le pense réellement.

A partir de là, tout se déroule rapidement pour apaiser ma blessure. Poche de glace sur le nez, pouvant en autre apercevoir quand même que le patron du C.B.I  qui s’est rendu dans l’espace confiné de ce jeune agent chef suite à l’altercation, par ce suivi oculaire depuis la chaise où je suis assis. Il veut sûrement savoir ce qui s’est produit, sur le point de lui résumer sans aucun doute. Celui-ci a certainement peur que je ne change d’avis et que je veuille finalement porter plainte. Trouver un moyen de me faire plaisir, je devine. Ma foi… .

J’ai alors affaire peu après à Virgil Minelli qui se présente, très aimablement, me serrant la main. Eh oui ! Au petit soin, me demandant de rester assis. Nous nous entretenons par la suite en revenant sur l’affaire John Le Rouge, m’expliquant franchement que c’est l’affaire la plus complexe jamais traitée.

-Combien de victimes Lisbon ?! le patron lui demande-t-il.

-Dix. je réponds avec réactivité, incollable.

-Jusqu’à présent. confirmé par la gentille, plus adoucie agent.

Virgil Minelli me raconte en relayant, qu’arrêter ce meurtrier est leur plus grande priorité, me résumant l’essentiel. Plus d’une centaine d’interrogatoires a été menée par l’équipe de Teresa Lisbon justement, réanalysant toutes les preuves matérielles que la police de Sacramento a rassemblées, travaillant avec le F.B.I qui ont suivi plusieurs pistes différentes. Pas encore fait de découvertes majeures. Mais dès qu’ils auront du nouveau, on me le dira. S’il le dit !

-Quelles pistes suivez-vous ? Où vous mènent-elles ? Vous avez des… Vous avez des suspects ?

Ma façon posée déstabilise par ces questionnements impertinents, sentant qu’ils sont surtout menés dans une impasse. Ça se voit.

-Nous ne pouvons pas vous dévoiler les détails de notre enquête.

-Vous n’avez pas de suspects.

Je me montre affirmatif, ne me dégonflant pas pour exprimer mon ressenti. Je ne me trompe pas, je le sais.

-Dossier très compliqué qui demande de la patience. Mais nous faisons tout le nécessaire.

Le responsable du bureau californien me prévient à ce moment que l’agent Lisbon à une longue route à faire mais que dès son retour elle se fera une joie de répondre à mes questions dès ce retour au poste. Elle me montrera les dossiers et me fera un point sur l’enquête. Pas né de la dernière pluie non plus !

-Cette longue route à faire. C’est quelque part en ville ou à la campagne ?

Je les prends de court surtout l’agent chef qui ne tient pas vraiment à ce que je m’incruste contrairement à son supérieur qui se montre plus ouvert à l’idée pour ses propres intérêts évidemment.

-Ça vous dit de l’accompagner ?

Vu ce qui s’est passé, on pourrait même me proposer de donner mon avis sur une scène de crime.  Teresa Lisbon adresse un regard très étonné envers son patron suite à cette proposition, ne partageant pas du tout cette idée. Mais c’est lui qui commande.

-Si vous faites la route avec Lisbon, elle pourra répondre à toutes vos questions sur le chemin.

Et par cette offre, c’est une manière de se débarrasser de moi, de décharger cette contrainte sur son agent et de se faire pardonner par l’attaque physique de son gorille. De toute façon, je n’aurais pas porté plainte. Par ailleurs, cet incident joue en ma faveur. La preuve. Obtention d’une faveur. Je ne vais pas la refuser. Et concernant Teresa Lisbon, sa disposition à m’emmener est passable. Mais…

-D’accord.

J’accepte comme je l’ai dit, profitant de ce que l’on m’offre.

lundi 10 avril 2017

John Le Rouge - Chapitre 8


Disposé ainsi de la vie des gens. On me conseillerait d’essayer de trouver la tranquillité de l’esprit après mon séjour en psychiatrie. Mais je ne la recherche pas. Celle-ci est impossible à trouver. Méditer là-dessus serait sage, oui.
 Par ailleurs, je vais tenter de me reposer un peu, au clame et me renseigner sur quel itinéraire prendre pour me rendre jusqu’au bureau californien d’investigation. Ils n’auront pas d’autre choix que de me recevoir. Ma tête est en ébullition à ce moment. Je dois y aller.
Plusieurs jours après, je me rends donc au C.B.I, l’expression, l’attitude hagardes, tenue débraillée qui va sûrement donner une mauvaise impression justement. Pourtant, j’ai fait ce que j’ai pu. Chemise blanche à rayures, pantalon mais l’ensemble peu soigné et cheveux un légèrement gras. Cela va déplaire.
Je sors de l’ascenseur, marche en direction de l’espace ouvert de travail où un homme d’1m 90 environ vient se présenter à moi directement, me barrant le chemin. Baraqué, petite barbichette, blouson de cuir marron, chemise cravatée, impeccable comparé à mon style. Il doit se demander la raison de mon intrusion au sein de ces locaux. Et à me voir, désemparé, peut-être qu’il se questionne à mon propos, me prenant sans doute pour un déséquilibré, qui sait ? En tout cas, quelqu’un qui ne semble vraiment pas dans son assiette. Il a raison.
-Je peux vous aider ?
-Oui. articulant à moitié.
Je renvoie presque l’image d’un drogué. Suite à la demande cependant, l’agent Rigsby, après s’être présenté, se rend dans le bureau de l’agent senior, la chef qui se prénomme Teresa Lisbon afin de la prévenir de cette présence.
-Il dit s’appelait Patrick Jane.
-Quoi ?! Patrick Jane ?
Sa réaction est imminente, faisant preuve de stupéfaction à l’annonce du nom. Ne pas en avoir entendu parler serait une faute professionnelle.
-C’est vrai ?!
-Sa femme et sa fille sont mortes il y a un an.
-Il avait disparu de la circulation. La police de Sacramento a perdu sa trace il y a six mois. Je ne l’avais jamais vu.
Pendant que ce grand gaillard doit s’entretenir à mon propos, j’attends non loin, anxieux, trépignant.
-Tout ce que je sais c’est qu’il veut vous voir.
Cette requête la prend légèrement de court à cet instant, interrompue par un autre agent à l’expérience plus chevronnée due à son ancienneté suite aux nombreuses années  dans ce métier. Corpulent au caractère peu commode qui démarre au quart de tour lorsqu’on le contrarie très certainement. Celui-ci l’informe à cette seconde que le shérif du comté du Nevada a trouvé un macchabé sur une route près du parc Malakoff Diggins.
-Allez avec Cho. Je vous rejoindrai après.
Rigsby regarde alors son collègue puis sa patronne, communiquant sa pensée éloquente envers sa réputation connue de pas mal, son caractère.
-J’y vais.
Du coin de la cloison ensuite, Lisbon jette un œil en direction de Patrick Jane, celui-ci paraissant se ronger les sangs, perdu tel un petit garçon. Elle se lève alors puis se dirige vers lui, l’interpellant tout en marchant avant de se présenter.
-Monsieur Jane. Je suis Teresa Lisbon. On m’a dit que vous vouliez me parler.
Je lui tends ma main, lui répondant tout de suite.
-Enchanté.
La façon de le dire semble un tantinet la déconcerter. Mon regard se pose par la suite sur ce bout de femme qui est bien jeune pour se statut, ne devant manquer de tempérament. C’est curieux toutefois. Je me sens en la voyant, lui serrant sa main, en confiance. Différemment qu’avec le docteur Miller mais le sentiment n’en n’est pas tant éloigné. Cet air blasé, grave. Ne serait-ce pas qu’une carapace ? Bref ! Je ne suis pas là pour analyser. Je suis encore limité de toute façon, point de vue en m’ayant forcé.
-Moi aussi.
En faisant un tour d’observation sur moi-même vu son expression, mon apparence ne renvoie vraiment pas une image présentable. Je fais très mauvaise impression à ses yeux. C’est certain.
-Euh ! Le lieutenant Elliott m’a dit que vous aviez pris les commandes. … Euh ? De l’affaire John Le Rouge.
-C’est Exact. Mon équipe a pris le relais de la police en mai.
-Où en êtes-vous de votre enquête ?
-J’aimerais bien pouvoir en parler avec vous mais on est un peu occupé. On a une nouvelle affaire à traiter. Repassez une autre fois si vous le voulez.
Ma venue à l’improviste dérange et l’agent Lisbon m’expédie poliment, indifférente. Je suis considéré comme un autre. Ma motivation, détermination, souffrance n’ont pourtant rien de banales. Il faut le vivre pour le comprendre ou me connaître pour porter un intérêt différent sur mon affaire. Ce travail rend blasé on dirait. Et je ne veux pas revenir. Je suis là, j’y reste. Je refuse donc.
-Non, non, non. Ça fait rien. Je vais attendre. Ça ne me dérange pas.
- Ça ne sera pas pratique. Nous ne disposons pas de salle d’attente pour les visiteurs.
-Je peux m’asseoir là. je propose en désignant un siège placé à proximité.
-Le règlement ne vous le permet pas.
-Le règlement.
Cette réponse me fait esquisser un minime rictus nerveux, narquois, imperceptible, trouvant les règlements stupides. Je vois bien que Teresa Lisbon souhaite vivement que je n’insiste pas et que je m’en retourne. Patrick opiniâtre Jane. Mon nouveau nom. Je ne compte pas décamper. Je m’incruste avant de rajouter à la fois sérieux et un peu ironique ; Bien sûr. Elle ne paraît pas très à son aise face à moi, ne sachant sans doute comment s’y prendre avec moi. Pas évident, j’en conviens. Je ne serais pas non plus, je crois.
Par mon regard de chien battu que je lui adresse, l’agent Lisbon me propose néanmoins par pitié, légère compassion peut-être mais essentiellement par pitié, d’appeler, de prendre un rendez-vous et à partir de là, de parler dès que possible, rajoutant ce qui l’en empêche à cette seconde.
-Je vais devoir vous laisser.
-Aucun problème. Je vais vous attendre et….
-Monsieur Jane.
-Non, non. Ça ira. C’est une belle journée. Je vais faire une balade. Ça ne vous ennuie pas si je repasse dans trois petites heures ?
-Pas du tout.
Son haussement d’épaules signale à cet instant son soulagement si ça peut la débarrasser de ma présence, la remerciant quand même, dans ce coin où j’ai pointé la chaise.
-Euh ! Steve ! le pas commode.
-Ouais. répond-t-il, assis à son bureau qui se tient à quelques minuscules mètres de nous, balle anti-stress malmenée dans la paume de main, pressée comme un citron.
-Vous pouvez accompagner ce monsieur jusqu’à la sortie.
La manière dont elle lui demande, le sourire étiré de force est flagrant. Que je débarrasse le plancher. Je m’en fiche, je ne m’en formalise pas. Aucune raison à cela, je suis mon idée de toute manière. Alors le reste…. Cet autre agent se lève, peu serviable, maître de soi, l’impression  d’être dérangé. Il s’avance cependant vers nous, obligé, l’ordre ressemblant vraisemblablement à une corvée.
-Bien sûr !
Oui, une contrainte, corvée.
Docilement, je le laisse me raccompagner jusqu’à l’ascenseur, occupé par la présence d’un agent d’entretien, attendant. Docile, vous avez dit docile ?
-Vous travaillez sur l’affaire John Le Rouge ?
-Ça ne vous regarde pas, monsieur.
Très sec, bourru, l’agent de la vielle école.
-Vous avez des suspects ?
Il soupire, agacé, se contrôlant toutefois.
-Qu’est-ce que je viens de dire ?.
-Oui. Bien sûr. Excusez-moi. … C’est ma femme. Ma femme et ma fille qui ont été…. .
Je ne parviens pas à finir ma phrase encore une fois avant de poursuivre. Je progresse.
-John Le Rouge a tué ma femme et ma fille.
Pourrait-il s’apitoyer sur mon sort en exposant sincèrement sans trop d’arrière-pensées ?
-Euh. Ok. Je suis désolé.
Un peu, oui, légèrement déstabilisé par ce que je lui révèle.
-Je vous présente mes condoléances.
Simple, concis, ces mots formulés avec tant de facilité.
-Mais on ne parle pas des enquêtes avec les proches des victimes.
L’agent Steve se justifie, justifié, pour se rattraper, me montrant quant à moi magnanime.
-Oui. Je comprends très bien. tête baissée.
-Ne le prenez pas mal mais j’en ai vu des types dans votre genre. Vous voulez retrouver cet enfoiré et le tuer. Pas vrai ?
Il ne mâche pas ses paroles au moins. J’acquiesce mollement dans mon esprit, le regard fixé, craintif sur lui. Son ton est glorifiant d’avoir fait preuve de perspicacité.
-Oui. Bien sûr ! Ce qui va se passer c’est que ça va vous rendre dingue.
Pas faux.
-Un petit conseil. Changez de coin, partez loin d’ici, sa main se pose sur mon épaule tel un patriarche faussement bienveillant, oubliez tout, fondez une nouvelle famille. Je l’écoute attentivement. Je sais que c’est difficile mais ça sera mieux pour vous.
Aucune compassion, sensibilité. Tout oublier, refaire ma vie ?! Je ne suis pas un monstre blasé. Pauvre con au cœur de fer ! Et si ça vous arrivez ? Vous raisonneriez pareil ? Alors seule votre petite personne compte.
-Je voulais simplement savoir si il y avait des suspects.
-Je vous le dis encore une fois.
Patience très limitée.
-Laissez tomber. Non. Un conseil.
Ceci sonne comme un avertissement, me faisant ses gros yeux de méchant flic. Son profil physique est très rapprochant de celui d’un sous-fifre de la mafia, se goinfrant comme un gros bébé glouton. Une tête de con.
Son doigt appuie ensuite sur le bouton avec insistance, pressé de me foutre dedans. Pourquoi avoir du respect quand on ne respecte pas la douleur de quelqu’un ? Plus rien à perdre.
Smiley