Jusqu'à la fin

Jusqu'à la fin
Cette image animée ne m'appartient pas, provenant d'une autre source.

jeudi 12 avril 2018

Mentalist Cœurs à Vif - Chapitre 32



Sur le trajet du lycée, Summer assez guillerette de l'essai d'hier, comme chaque matin, celle-ci passe devant un atelier de tatouage, le premier cours aujourd'hui ne commençant qu'à 9h30 dû à une réunion. Sans prêter véritablement attention, l'endroit déjà ouvert à cette heure, depuis. 8h50, dix minutes plus tôt que d'habitude, la miss passe quinze minutes après et regardé systématiquement par l'un des artistes du lieu qui se tient devant le petit portail en fer de la cour en béton, ayant l'air déjà d'être en pause cigarette.

-Salut.

Le tatoueur au look qui oscille entre un surfeur hipster et d'un rockeur grunge que l'on verrait bien jouer dans un groupe de rock alternatif, lui envoie son bonjour matinal. Bomber noir porté, bonnet en laine multicolore sur la tête avec comme impression un visage de bonhomme teigneux montrant ses dents, cheveux blond miel, mèches décorées par-ci, par-là de perles de couleurs diverses, pantalon large beige, tennis, son regard perçant, dur la bien ciblé.

Le pied posé contre le muret, allure à la cool, Summer le regarde, levant les yeux au ciel, soupirant par la suite.

-Ouais, c'est ça. Salut.

-Oooh! Glaciale la demoiselle.

L'adolescente se retourne, étire un sourire fugace, l'attitude ironique.

-J'suis pas trop du matin pour la drague.

-C'en ai pas. Un peu trop sûr d'elle, non?

-Non. Car ça y ressemble. Dire salut à quelqu'un qu'on ne connaît pas.

La bouche du gars s'amuse du franc-parler de la petite bombe, une pensée typique de mâle, son comportement démasqué avant de fumer à nouveau une bouffée.

-C'est pas bon pour la santé.

-Ouais. C'est sûr!

Sans s'arrêter, elle poursuit sa route, lui tournant ensuite le dos tandis que le tatoueur la suit des yeux jusqu'à sa complète disparition au tournant de la prochaine rue. Ne pas se connaître, certes, mais l'apercevoir parfois depuis l'atelier lorsque celle-ci repasse devant lors du chemin du retour, ça compte sans doute. Pas folle l'ado, l'ayant remarqué auparavant sans l'avoir confié à ses copines, jugeant que ce n'était pas intéressant.

Toutefois, le premier contact s'est produit. Ça pourrait devenir une habitude à son avis? Un type de 28 ans au moins, ça semble pas très sain surtout quand il apparaît comme un adulte responsable un peu douteux.

Plus tard, au bahut, alors qu'ils rentrent en cours d'histoire avec mademoiselle Frye, chacun se parlant comme à chaque fois, ils font plus ou moins attention à un nouveau venu dans le rang.

Quand tous sont installés, l'enseignante réclame peu après le calme, celle-ci en venant à attirer l'attention, là, sur ce nouvel élève arrivé au sein de l'établissement.

-Aujourd'hui, nous accueillons un nouveau arrivant qui va poursuivre cette dernière année scolaire ici avec nous. Jason Wylie. Il était auparavant au lycée Arteil Palmer.

-Il est pas privé, m'dame?

-Si, Danny.

La prof adresse à ce moment une tape maternelle sur l'épaule du nouveau venu, toute souriante.

-Tu veux ajouter quelque chose, prendre la parole, Jason?

Le jeune homme mignon sous rapports avec sa tête de chérubin, un peu poupon, le regard clair de bleu survole à cet instant sa nouvelle classe, répondant d'une façon réservée, timide au timbre doux.

-Euh! Non. Je n'ai rien à rajouter.

-T'inquiètes, ça viendra.

-Danny. S'il te plaît.

Le jeune perturbateur reprend lentement ses marques, gentiment néanmoins, bras furtivement levés face à la légère remarque exprimée sur un ton qui l'a rappelé à l'ordre.

-Va t'asseoir à cette place là-bas au fond. Je te souhaite la bienvenue encore parmi nous.

-Merci mademoiselle.

L'élève docile, à l'éducation apparemment irréprochable va de ce pas prendre sa place officielle, observé par ses nouveaux camarades, ceux-ci à la fois curieux et jugeur.

"C'est qui lui, réellement? Et Wylie? C'est marrant d'avoir un nom de famille qui pourrait être un prénom."

Si Kristina Frye n'a pas davantage insisté sur les présentations, cet apparent manque de devoir est bien pour une raison. Vu l'indiscipline qui y règne souvent, déconnant par la même occasion, la manière que mister Ruskin a eu de s'imposer à nouveau, n'a fait que renforcer sa motivation; Celle d'écourter le détail des présentations. Mais tout arrive à point qui sait attendre.

Une heure auparavant, le jeune homme s'entretenait avec la directrice, lui fournissant les renseignements nécessaires concernant le lycée. Pour commencer, la classe de terminale dans laquelle il allait atterrir, s'en suivit les horaires des cours, son planning complet ainsi que les noms des professeurs, tout inscrit dans un registre de feuillets assez épais remis.

Ce second contact positif de nouveau, le tout premier ayant eu lieu durant la semaine dernière, en tout début de soirée en présence des parents. Un autre se déroula également avec Kristina Frye, avant de rentrer dans la salle ce matin.

-Si tu as la moindre question ou le moindre problème par rapport au programme d'histoire, de littérature, dis-le moi.

-Vous enseignez deux matières? étonné, l'ayant demandé sans dédain ce qui la fit sourire.

-Oui. L'anglais aussi.

Le nouvel élève hocha la tête, assez épaté, admiratif, ne jugeant aucunement.

-Je suppose que dans ton ancien lycée, les professeurs devaient enseigner une seule matière spécifique.

-Certains en enseignaient deux. C'est privé mais humble.

-Oui. Je connais un peu. Bon. Tu n'as aucune question quelconque avant de faire ton entrée avec des inconnus plus ou moins dissipés?

Le professeur plaisanta bien sûr, le nouvel arrivant le comprenant dans ce sens. La nervosité cependant est toujours présente lors d'un premier jour.

-Euh! Oui. Il faut bien.

-Ne t'inquiètes pas. Ils ne mordent pas vraiment. Tu verras une fois que tu t'auras familiarisé avec eux.

-C'est rassurant.

Un échange souriant avant que l'adolescent ne fut amené à poser une question tout de même.

-J'ai vu que sur le tableau d'affichage, il y a une audition pour une animation radio.

-Oui. Tu veux participer?

-Je ne sais pas.

-Si tu en as envie, tu peux encore. Ça ne se finit pas avant deux jours.

-Bien. Je vais voir. C'est vrai que ça m'intrigue.

-Tu peux toujours tenter ta chance. Je les fais passer avec un autre professeur.

-Ah!

A cette nouvelle, le jeune homme sembla plus mis en confiance, à l'aise d'un coup de savoir qu'elle serait présente, la trouvant très gentille. Qui sait?

-Je vais y réflechir.

-Bien.

Une fois assis, le mignon jeune homme sort ses affaires, regardé par Michelle, Summer, Cho, celui-ci brièvement, d'une manière machinale contrairement aux filles. Curieuses de voir un élève ayant l'air d'un boy-scout. Il paraît toutefois très gentil mais empoté, coincé. Pensées partagées à l'autre bout avec Houdini sans tellement de méchanceté cependant. Riverdale est un changement. Pourquoi venir ici?

************

Quand le premier cours se termine, enchaînant sur l'autre, pas d'interclasse entre-temps afin de rattraper le retard, dans le couloir, le petit groupe se rapproche plus ou moins du nouveau, désirant en découvrir davantage, principalement Summer, la curiosité maintenue, faisant partie intégrante de sa nature.

-Alors … Jason. C'est ça?

-Oui. répondant timidement, sur ses gardes sans hostilité néanmoins.

-C'est joli comme prénom.

-Merci.

-Comment tu trouve Riverdale par rapport à ton ancien bahut?

-Pas trop mal.

-Tu t'attendais à pire, non?

Mister Ruskin reprend ses vieilles habitudes à vouloir châtier mais à une différence près. Avec une légère pondération.

L'antécédent eu lors de l'arrivée de Kimball a servi de leçon. Et même si ce côté fragile, sage voire ennuyeux qui semble se dégageait du jeune garçon ainsi que craintif, pas très dégourdi à première vue, le bousculer n'est pas au goût du jour. 

Il ferait plus pitié qu'autre chose. Il ressemble à un oisillon tombé du nid, sachant comment voler malgré tout, s'adapter, capable de faire face aux difficultés même si ça peut lui coûter. L'hérédité familiale, léguée grâce à la fibre parentale.

-Danny commence pas.

Le deuxième rappel à l'ordre de l'ex-bizuté, en digne protestateur.

Monsieur je charrie se retourne, prenant ce ton contestataire au sérieux.

-Mais non. L'habitude.

-Ouais

Mains levés, épaules haussées, minime trait narquois sur les lèvres en coin, il n'y aura pas de mal. Il est temps de faire acte d'une plus solide maturité et avec stabilité. La mise à l'épreuve continue.

-Non, non. C'est rien. Je trouve l'établissement bien. Et je ne pense pas qu'il fasse partie des pires.

Chacun en sourit à sa manière, le trouvant peut-être pas si dénué d'intérêt. Gentil c'est certain, sympa il en a l'aspect facial.

-On te souhaite de te plaire ici en tout cas.

Le sourire amical de bienvenue de Teresa le réchauffe, la remerciant. Les membres du groupe se présentent ensuite tour à tour, avant que le jeune homme leur exprime son salut. Et ce nouvel arrivant paraît avoir fait la sympathie de Tamzin dont l'opinion est très bonne vis-à-vis des vibrations qui s'émanent de lui. Très, très gentil.

-J'ai vu avant que les cours ne commencent qu'il y a des auditions pour une animation radio.

-Ça t'intéresse? demande Michelle, voyant en lui un possible partenaire pour pourquoi pas tenter finalement sa chance.

Quitte à faire équipe avec quelqu'un qu'elle connaît à peine mais de sa classe ... C'est mieux que rien.

-Euh? …. Ça me déplairait pas. Ça serait par curiosité.

-Tu veux qu'on passe ensemble? Ça t'évitera de chercher un équipier.

-Oui. .. Euh? Oui.

-Ok.

-C'est plutôt toi que ça arrange. Hein?

-Ferme-là, Wayne.

-Comme tu vois, Jason. On adore se faire des misères.

Une information indispensable que Teresa s'empresse gracieusement de souligner, Grace acquiesçant.

-Méfie-toi.

-D'accord. C'est enregistré.

Le boy-scout à alors un soupçon de conviction comme quoi il est probable qu'il puisse s'y plaire.

-T'as une expérience dans le domaine?

Miss Vega se montre très intéressée.

-Non. Mais j'ai toujours été attiré par. Ça me fascine. Mais … Si tu ne me l'avais pas proposé, je ne crois pas que j'aurais osé.

-T'es timide.

-Oui.

Le jeune homme rougit un tantinet face à une demoiselle qui en temps normale elle fuirait face à ce genre de réaction émotionnelle qui aurait fait mauvais effet. Dans ce cas, elle trouverait ça presque touchant vu le genre du nouveau venu. Besoin d'un partenaire en effet. Et celui-ci est différent, littéralement.

"On verra bien."

Tellement envie en fin de compte d'être candidate.

-Tu préfères qu'on improvise ou qu'on prépare?

Michelle semble avoir cerné à priori.

-Je préférais que l'on prépare mais je sais d'expérience qu'on ne peut pas tout prévoir.

-On improvise alors?

-J'espère que je serais à la hauteur.

-Suis ton instinct. Et tu sais, si on se plante, on sera deux.

Encouragement assez spécial ainsi qu'un mot de réconfort non commun, les deux ados se sourient, décidés réellement à se présenter.

Tout en marchant devant, Summer et Wayne vont de leur commentaire.

-Ils ont l'air de déjà de s'entendre.

-Ouais. Elle a mis le grappin dessus.

-Mauvaise langue!

-Les filles sont comme ça.

-Ouais, c'est ça! Trouve des excuses.

Toujours le moyen de se taquiner les uns les autres. Bonne ambiance à l'horizon.

Michelle Vega, Jason Lewis … Eh! Ça sonne pas mal comme duo pour la radio.

mercredi 4 avril 2018

Mentalist Cœurs à Vif - Chapitre 31



Au gymnase, à l'heure indiquée, beaucoup de terminales se présentent, l'esprit exaltés dont quelques-unes sautillent petitement sur place dont Summer, le groupe de copains attendant dans la file, plus ou moins impatient, comme Tamzin qui s'est laissée convaincre par Grace, les bras de Craig à nouveau enroulés autour des épaules de celle-ci à cette seconde. …

-On dirait un serpent.

-T'es toujours d'aussi bonne humeur, toi.

Le regard assombri, déjà énervé depuis quelques jours, pour la même différente raison, à nouveau fixé sur le jeune couple souriant. Ah! Cho. Un ami de bonne composition quand même malgré sa franchise glaciale à toute épreuve.

-Ouais.

Wayne tourne ensuite la tête droit devant, pouvant sentir que la remise en liberté de son père ne fait que le tracasser, le mot étant faible.

-Ça en est où avec ton père?

-J'préfère pas en parler maintenant.

-Comme tu veux.

-Eh! Wayne. Tu veux qu'on passe ensemble?

Une proposition spontanée proposée par Danny qui se trouve dans une queue d'à côté. L'entente étant revenue un peu plus au mieux, le jeune homme, même préoccupé, modérément disposé mais ayant bien accepté de se joindre également à l'audition, adresse un oui direct, à sa façon.

-Si tu veux.

-Super!

-Toi tu fais équipe avec Teresa? demande-t-il afin d'obtenir confirmation par son ami après s'être tourné à nouveau vers lui.

-Ouais.

Le grand garçon au moral en baisse oriente une nouvelle fois une brève attention en direction de son amour pas tellement secret, celui-ci lèvres gracieuses conservées envers son petit ami, l'enviant.

-Tant mieux pour vous.

-Ouais.

Il dirige de nouveau son regard vers Kimball, se tenant proche de lui, l'interrogeant alors à son tour, à retardement, à propos des ex-unis, exactement comme mister Houdini l'a fait. Ça étonne toujours quand on évite de s'ignorer.

-Comment vous faites tous les deux? J'veux dire, lorsqu'on casse, on reste pas vraiment en bon termes. On fait comme si on se connaissait plus. Comment vous faites?

Son sage, intelligent, du tout revanchard ami le fixe, soulignant un furtif, partiel sourire, amusé par l'idée que tout le monde en a et applique comme si c'était une règle de rupture à laquelle il faut absolument se soumettre. Parce qu'on en veut à l'autre à qui on a enlevé toute valeur dont la personne avait été honorée car l'image de l'amour est détruit.

-Pourquoi on se ferait la tête? C'est quelqu'un qui reste très important pour moi. J'ai aucune raison de faire comme si elle n'existait plus.

Wayne en sourit, se montrant particulièrement admiratif vis-à-vis de cette déclaration exprimée sur un ton neutre. Comme normal.

-Ben dis-donc. T'es toujours mordu, non?

Son proche compère le regarde à nouveau, répondant énigmatiquement, l'attitude sobre, l'air impassible cette fois.

-Ce qu'on ressent est parfois très étrange.

-Ça veut dire quoi?

-A toi de deviner.

Chacun des élèves s'avance ensuite, l'audition pour certains s'avérant par la suite satisfaisant, marrant ou du tout convaincant aussi bien auprès des profs que des lycéens présents qui patientent, le cœur nerveux comme enjoué. Et au fur et mesure, un bon nombre défile, arrivant à ce moment à Grace et Craig pour ne pas changer, se débrouillant pas trop mal avant que la jeune fille soit emparée d'un fugitif fou rire, se déstabilisant l'un et l'autre dans une humeur très bon enfant toutefois.

Sa sangsue pendue toujours au cou!

Légèrement intimidée, ça influence sur cette exercice franchement pas évident comme elle le dit. Le monsieur parfait ne lui en tient pas rigueur ayant fait ceci sans trop se prendre au sérieux. Quelques minutes plus tard, Wayne et Danny suivent, s'accordant moyennement voire très mal, pas terrible comme le fait remarquer Patrick Jane, qui grimace en n'exprimant aucune complaisance, son bras droit faisant quant à lui plus preuve de diplomatie en leur disant qu'ils auraient plutôt dû choisir un autre partenaire, faisant naître à cet instant une idée subite dans l'esprit de l'enseignant qui crayonne un début de contentement.

Il faut observer ceux qui peuvent s'assortir au lieu de détoner. Faire des étincelles grâce à une bonne dose d'alchimie même si celle-ci n'est pas du tout évidente à première vue.

Au moment où les deux ados se lèvent, mister Jane demande à Danny de rester afin de vouloir se réessayer en compagnie d'une personne différente. Mais qui?

-J'appelle Summer Edgecombe!

En entendant son nom à voix très distincte, la petite bombe scintillante se montre très stupéfaite ainsi que la (fausse) sensation de se sentir comme favorisée, valorisée. La mine réjouie, l'humeur subitement un peu fofolle, celle-ci affiche sa gaieté sur ses lèvres en regardant ses copines, surprises également.

Petits pas sautilleurs en marchant qui arrêtent d'exécuter leur joie à mi-chemin pour ne pas se ridiculiser.

Une fois face aux enseignants, ceux-ci lui font signe d'aller s'asseoir et très aimablement, Patrick Jane l'invite à prendre place à côté de Danny, les mettant au défi d'improviser ensemble.

-C'est une blague?

A priori, la jeune audacieuse semble prise de court, déroutée pour les avoir réuni.

-Non, non.

-Euh? J'pense que …

Malgré que la réaction de mister Ruskin soit partagée avec celle de sa presque, tout à fait, à nouveau camarade, la détermination du prof ne fait pas marche arrière, insistant cordialement.

-Allez-y. On vous écoute.

Les deux ados se zyeutent furtivement, leur aisance illimitée se retrouvant bloquée. Ça ne commence pas bien non plus.

L'enseignant se serait-il trompé?

-Commence. chuchote Danny l'intimidé, ayant laissé son culot dans son casier. Est-ce que ça deviendrait une habitude?

-Non, toi. J'sais pas quoi dire.

Leurs murmures sont de concert, faisant légèrement abstraction à cette seconde de leurs congénères, profs face à eux.

-Moi non plus.

-Trouve quelque chose. Tu sais.

-Ben pas là.

-Sors n'importe quelle connerie comme tu sais le faire. T'es une sommité en la matière.

Le jeune homme ne réplique pas, visant droit devant, tête brièvement baissée.

-Je m'excuse mais … Mais ça va pas encore. J'préfère arrêter, j'suis nul. C'est pas fait pour moi.

-Comparé à tout à l'heure, c'est moins pire pourtant.

-Eh! Il est vache.

Assez vexant de l'entendre, Kimball enfonce ce qui blesse davantage causé par son honnêteté. Les amis ne se mentent pas est encore moins lui.

-C'était pas très bon faut dire. T'as bafouillé, t'avais la bouche ouverte, sans savoir quoi inventé et Danny est resté à moitié muet. Vous avez merdé l'audition.

-C'est sympa. J'te remercie.

-De rien. T'es pas le seul.

Une franche compréhension agrémenté d'un sens très ironique. Le flegme Kimballien! Une légende en matière de tempérament.

Quelques-uns sont désignés par le jeune homme, discrètement des yeux, atténuant même d'une manière minime l'embarras de son copain, regardant rapidement les non doués, bras croisés.

-Ouais.

La douce critique fait lever les yeux au ciel de Danny, le remerciant, posé, avec ironie bien sûr.

-C'est pas terrible non plus, monsieur.

-Ben, toi non plus.

-J'ai pas dit le contraire.

En les observant s'agacer mutuellement, Patrick Jane s'en délecte, la forme de sa bouche étant la preuve vivante. Très curieux!

-Qu'est-ce qu'on fait? Lui demande Frye, pensant qu'il serait souhaitable d'intervenir.

-Faut les laisser. Je crois qu'ils ont des choses à régler.

Très observateur!

-Vous êtes sûr?

-Oui.

-Ok.

Summer et Houdini se fixent, parvenant réciproquement à un véritable miracle d'en devenir amusés, nerveusement sans doute par leur duo d'inimitié, disparate en apparence.

Mettant leurs différends à l'écart, intelligemment, ils communiquent leur intention par le regard, de jouer finalement le jeu. Gâcher l'audition serait dommage.

-Alors Summer, qu'est-ce que tu proposes?

-Eh bien que tu te taises et qu'on écoute un morceau qui balance un max.

-Ok. Je me tais.

Il en sourit modérément juste par la situation étrange de l'audition, en général aussi.

Assez original la façon dont ces deux numéros ont d'improviser!

Leurs amis le reconnaissent à travers, même Tamzin qui les trouve pas trop mal malgré que cette séance d'essai lui passe au-dessus de la tête. Quant à Michelle, elle se sent un peu envieuse, se disant qu'elle aimerait bien être assise là-bas. Miss Edgecombe c'est se faire remarquer mais non inutilement quoi que l'on pourrait croire. Et les avoir réuni est pour une double bonne cause assurément.

-Ça serait bien la première fois.

-Il y a toujours une première fois.

Punchy Summer étire son amusement plus largement, trouvant cette improvisation vachement libérateur, comme il serait dit.

-Ok, ok. C'était vraiment pas mal. Vraiment pas mal du tout. Le démarrage a été laborieux mais vous vous êtes débrouillés pour remonter un peu la tête de l'eau.

-Je suis de l'avis de monsieur Jane. Ce n'était pas commun. C'était divertissant, je dirais.

A l'écoute de ces remarques sincères, prudentes, les jeunes gens se lèvent, bizarrement enjoués, ne se faisant aucune illusion cependant. Mais ça a été thérapeutique pour eux durant même ces trois minutes et demi. Le prof a habilement manœuvré en bon samaritain des rapports humains.

Quand ils reviennent vers leurs amis, ceux-ci les félicitent pour leurs échanges pas banaux. S'en suit sur le devant des planches, Kimball et Teresa qui s'en sortent pas trop mal également, d'une manière plus classique néanmoins mais sympathique sans que la demoiselle ne rougisse face au responsable en chef de cette audition. C'était une bonne idée de simuler une animation radio.

Et pour finir, concernant la jeune sorcière wiccane et Michelle, celles-ci décident de faire bande à part, miss Vega n'étant plus tellement enthousiaste quant à elle. Une euphorie impulsive, inévitablement passagère. Ou ne se voyant passer avec qui que ce soit d'inconnu, l'adolescente s'est rétractée. Toutefois, rien n'est trop tard, les auditions se prolongeant encore sur les trois prochains jours. Si jamais …. .

Après ces premiers essais terminés, dans le gymnase, tout en rangeant, Patrick Jane et Kristina Frye paraissent ne pas être trop déçus par les candidats qui ont fait de leur mieux en se mettant dans la peau d'animateur. Reste à voir ce que la suite peut réserver comme il a été annoncé au début. Ceux qui seront sélectionnés auront leur nom d'inscrit sur le tableau d'affichage ceci arrivant en fin de semaine.

Cet autre verdict ne serait donc tarder.

************



En ressortant du gymnase, tous semblent avoir pris du plaisir à s'être prêtés à ce jeu intimidant. Tout en marchant, Wayne réagit soudainement face à l'abstinence des deux bonnes copines, qui le frappe, en le réalisant à cette seconde seulement.

-Eh! On vous a pas vu au fait!

-Non. On a passé notre tour.

Sans se sentir gêné de la moindre justification, Michelle l'avoue, répondant pour sa copine, la mignonne, indisposée miss Dove envers cet exercice non de son style avant d'ébaucher un imperceptible trait de reconnaissance au coin de la bouche.

-Mais tout n'est pas fini. Peut-être que ça va me prendre avant que les auditions se terminent. informe miss Vega, l'expression d'une fille un tantinet maline qui peut réserver des surprises.

Et en parlant de surprises, quelques-unes sont en train d'attendre sauf une, préparée à faire son entrée au lendemain de cette bonne fin de journée. De l'inattendu en perspective.

mercredi 28 mars 2018

L'envers du décor - OS




*Note à lire à la fin.


***

Locaux du C.B.I: Espace de travail.



-Pizza, pizza de fin de mission! s’exclame Rigsby arrivant, triomphant, heureux, le carton dans les mains qui sent bon .


Lorsqu’une affaire est bouclée, c’est la tradition. Et quel régal pour ce qui est coutumier.


Oooh! Le miam, miam hawaïen! Mais pas pour tout le monde.


L’agent pose ensuite le carton sur la grande table qui se situe près de l’écran plasma dans le coin, l’équipe au complet se précipitant non comme des morfales mais à leur habitude d’être civilisé. L’odeur est alléchante et s’agrippe immédiatement à leurs narines. Mmm! Ça sent bon!


Rigsby ouvre la boîte d’emballage, les autres agglutinant autour tandis que Jane ne se presse pas, toujours assis sur son canapé usé.


Ah! Comme je t’aime! Tu es l’amour de mon bien-être. Il n’y a pas meilleur que toi pour mes micro-siestes, parfois à rallonge. Mes fesses, mon corps, ma tête te disent merci.”


Il referme peu après un magazine sans tellement d’importance, le balance sur le canapé, se lève puis s’avance vers la table nonchalamment. Les agents prennent leur part alors que Cho râle.


-Pizza à l’ananas. Je n’aime pas l’ananas. Tu aurais pu prendre autre chose.


Son ami, coéquipier tourne la tête après avoir sucé une noisette de sauce tomate sur son pouce, l’air désolé.


-Ah! Mince! J’y ai plus pensé.


-Ben ouais.


-En même temps comme nous on aime … J’ai oublié.


L’un et l’autre se fixent durant un furtif instant avant que Van Pelt suggère une solution.


-T’as qu’à enlever les morceaux d’ananas.


Cho oriente son regard cette fois-ci en direction de sa collègue, l’expression neutre tout en pensant que son idée est idiote.


-Non car tu sais très bien que le goût va rester et toute la garniture va partir avec.


-Mais non. ajoute-elle posément. Tu retires les morceaux.


Les yeux de l’agent se pose sur la part de pizza, décidant de la reposer. Toutefois, Van Pelt ne lui en laisse pas trop le temps, jetant par un geste impulsif, la part atterrissant au loin.


-Ça va pas! Pourquoi tu as fait ça?!


Cho hausse le ton face à son amie, celle-ci imperturbable à cette seconde, répondant avec désinvolture, ayant été à la bonne école.


-Tu n’aimes pas. Qu’est-ce ça peut faire?


Le bleu de l’équipe hausse les épaules, s’en moquant, sous le regard ahuri de ses autres collègues, ceux-ci bouche béante, celle de Rigsby quant à elle occupée à enfourner un morceau, le bout de sa part pendant au bord des lèvres.


-Tu n’avais pas à la jeter comme ça!


-Va la chercher.


-Sûrement pas!


Mains sur les hanches, tous deux s’affrontent du regard, aucun ne pliant.


-Vous êtes ridicules. se manifeste leur patronne, trouvant ce comportement puéril.


Après avoir avalé son morceau, Rigsby à la mauvaise idée, là, d’ouvrir la bouche tout en mangeant à nouveau. Van Pelt se tourne alors vers lui, sourcils froncés, irritée.


-Eh! Tu me postillonnes dessus! époussetant quelques miettes de pâte molle.


-Désolé.


L’agent à ce moment affiche son embarras tel un petit garçon qui vient de se faire gronder avant de s’éloigner légèrement. Suite à ça, la jeune recrue libère son énervement, allant de son commentaire sans ménagement. Et vlan! Cho s’en recevant dans les dents.


-Oh! Et puis toi, tu nous emmerdes avec ton rejet envers les ananas! Qui déteste à ce point l’ananas?!


Pendant que Van Pelt et Cho règlent leurs comptes sur un choix de goût et que Lisbon tente de jouer les médiateurs en ayant ras-le-bol de faire l’arbitre, le mentaliste court vers la part de pizza, se baisse une fois au pied de, l’inspecte, se dépliant avec rapidité. 

Sa chaussure de droite est ensuite ôtée et à l’aide de son pied protégé d’une chaussette grise, celui-ci écrabouille un peu la garniture, criant par la suite; C’est meilleur quand c’est écrasé sur le sol!


La part est décollée vite-fait du parquet, la ramenant sous les yeux dégoûtés de ses partenaires.


-Tiens, Cho. Les ananas sont restés collés par terre.


L’agent grimace, ne sachant quoi répondre excepté que c’est dégueulasse, décontenancé.


-Jane. Vous êtes un ignoble porc!


-Oui. Mais le problème est résolu.


Lisbon lui lance alors un regard hébété tandis que le solutionneur aux initiatives du tout conventionnel et aux actions anti-orthodoxes va se rasseoir sur son canapé, décontracte, croisant les jambes, magazine repris.


-Comme ça, le problème est clos. La prochaine fois, j’achèterai des beignets. Ça cause moins d’engueulade.


Très à l’aise, en pleine insolence, liberté de n’importe quel agissement, pour le moins bizarroïde, il se remet à lire, le regard de ses coéquipiers rivés sur lui, tous hébétés également. Beurk, beurk!!!


Le téléphone sonne de suite après, Van Pelt se hâtant de décrocher. Et plaquage au sol dans le vide qui la fait trébucher. Non, quand même pas. C’est assez drôle ce que Jane peut s’imaginer, l’amusant en train d’en rire.


-Qu’est-ce qui vous fait rire? demande Lisbon, intriguée par le ricanement soudain du consultant.


Celui-ci relève le nez du magazine, regarde sa chef, répondant seulement par un; Rien.


-Un délire personnel. Vous ne comprendriez pas.


-Ben voyons!


Sa tête dodeline, yeux levés au ciel, le traitant de pas net dans sa tête. Le mentaliste possède une imagination très prolifique ainsi que fantaisiste. Sans doute barjo.


-C.B.I.


Sentant que cet appel signale une nouvelle enquête, Rigsby enfourne le reste de sa part de pizza dans la bouche tel un glouton, lorgnant sur une nouvelle sans avoir pris le temps d’avaler. Jane en bon télépathe, pendant ce court instant, devine les pensées de Lisbon exprimées à son égard.


-Oui, vous avez raison. Je suis marteau, zinzin.


-Je n’ai rien dit.


-Si, si. Je vous ai entendu.


Son regard se relève de nouveau, l’oriente en sa direction, déchiffrant un air coupable sur le visage de sa supérieure. Le sourire espiègle du consultant provoque brusquement une déviation d’humeur de celle-ci vers une défensive verbale.


-Oubliez-moi.


-Ok. et se replonge dans la lecture du magazine, souriant.


En même temps, Van Pelt raccroche, informant d’un homicide.


-Patron. Un meurtre a eu lieu au domicile de l’inspecteur Columbo. C’est son chien qui a trouvé le corps dans le jardin.


-Super, une longue route jusqu’à Los Angeles! Ok. On y va. Van Pelt vous restez ici au cas où.


L’agent râle à son tour, boudant avant d’extérioriser sa lassitude.


-J’en ai marre moi, de tenir sans arrêt la permanence. Ça fait déjà plusieurs épisodes que j’y suis.


-Désolé mais c’est comme ça. C'est pas moi qui décide du scénario.


Une nouvelle sonnerie du téléphone retentit immédiatement après, décrochant à nouveau. Quelques secondes plus tard, elle raccroche, une lueur d’espoir crépitant dans ses pupilles de praline croquante.


-Qui était-ce? questionne Lisbon, intriguée une nouvelle fois, également inquiète.


-C’était Laroche. Son chien semble avoir disparu. Il pense qu’il a été kidnappé ou qu’il a fait une fugue à cause du vol de son os. Je peux y aller?


-Mais qui va tenir la permanence?


La voyant rayonner de joie à l’idée de s’en charger, n’ayant personne d’autre, l’agent senior lui accorde la permission, répondant qu’elle va se débrouiller.


-Ron aura qu’à s’en occuper.


-Chouette!


Étincelante de gaieté, Van Pelt prend sa veste, l’enfile et s’en va.


Enfin sur le terrain!


Alors qu’elle quitte l’espace, se dirigeant vers l’ascenseur, une autre part pend entre les lèvres de Rigsby, le regard de l’amoureux transi vers l'élue de son cœur. Il ressemble à cet instant à un basset hound comme celui de Columbo.


Oh! Grace! Tu mets mon petit coeur en vrac.”


Sur le départ quelques minutes après, celui de l’agent, Cho et Lisbon se tournent en direction de monsieur gourmand, la chef lui demandant d’une manière pète sec, soit de recracher la part ou de la manger rapido presto. Celle-ci est alors enfournée en vitesse, entièrement, répondant par la suite, la bouche pleine, le son inaudible.


-Ch fo .. it.


Avant de s’adresser à Jane, encore les fesses au repos, sans s’affoler.


-Tu vent avoc nos?


-Oui, oui. J’arrive.


Il déchire une feuille du magazine, la plie, la range dans sa poche de veste et jette le magazine qui atterrit cette fois de l’autre côté du canapé, s’en indifférent. Veste rajustée, le mentaliste s’avance vers l’équipe sans se dépêcher ce qui exaspère Lisbon qui en souffle.


-Désespérez pas. Je suis là. Après vous.


Sa galanterie, prévenance fait précéder l’agent senior ainsi que ses autres coéquipiers, les rejoignant en dernier.


-J’arrive po à mocher.


Tranquillement, Jane, mains jointes devant lui, recommande simplement de recracher. Et dans la cage descendante, la mixture est extraite de la bouche de Rigsby, celle-ci ressemblant à du vomi. On peut capter à cet instant un intelligible “Poauh!” A l’unisson.


-T’es qu’un gros dégoûtant! critique Cho, l’air mimant son ecoeurement.


-Qu’est-ce qu’on y peut?


Son ami hausse les épaules, nullement vexé, reconnaissant son défaut de se bâfrer sans avoir l’intention d’y remédier. Ça fait partie de lui, l’assumant.


-Toi par contre, tu aimes les ananas.


Le mentaliste pointe du doigt de ce qui reste de la part de pizza, le faisant remarquer innocemment, l'entendant seulement, portes fermées à ce moment. La descente de la cage est une torture.


Plusieurs minutes plus tard, l’équipe arrive sur les lieux du grave, très grave délit majeur criminel; des agents de police déjà présents dont un qui les conduit dans le jardin en leur faisant le topo de la situation.


-L’inspecteur Columbo a été averti par son chien ici présent également alors qu’il était en train de creuser un trou pour enterrer un os. Il est alors sorti dans le jardin pendant que sa femme dormait. De toute façon on la voit jamais. C’est pas important et il a découvert le corps de ce gars. Comme vous pouvez le constater, s’approchant tous de la victime, il a été égorgé et son costume a été lacéré. Bref, on s’en moque car ce qu’il porte est hideux.


-Je vois ça. répond Lisbon, sensible au sort qui a été réservé à l’homme contrairement au policier.


Le consultant quant à lui acquiesce au commentaire du critiqueur amateur de mode.


-C’est vrai que le costume est moche et mal porté.


Le très fin observateur procède ensuite à la scrupuleuse inspection du corps, s’arrêtant sur le mégot placé au coin de la bouche, les yeux grand ouverts. Ça impressionne toujours. En plus quand c’est un cadavre qui selon les premières constations du médecin légiste, a été refroidi entre 19h15 et 21h00.


-Qu’est-ce que vous en pensez Jane?


-On a dû abandonner le corps ici, peut-être parce que le meurtrier n’a pas pu faire autrement. Il a dû être dérangé et s’en est débarrassé.


-Possible.


L’attention se pose ensuite sur la lacération très profonde, le long de la gorge, lui faisant penser instamment à un célèbre mode opératoire.


-C’est un peu léger.


-Tu nous a habitué à mieux.


Face aux remarques modérément flatteuses de sa chef et collègues, Cho acquiesce à son tour à la réflexion nue de son partenaire. Le consultant redresse la tête, braque son regard en leur direction, l’expression sobre avant de rouler des yeux.


-Ça réclame de la concentration. Mon cerveau carbure non stop. Je ne suis pas une machine. Pour une fois on va changer et surprendre. Ma supposition sera simpliste.


Le mentaliste se relève par la suite, non froissé, écoutant son envie subitement.


-Je vais me préparer un thé, tiens!


-Columbo ne boit que du café.


Flegmatique, Cho lui rappelle la boisson favorite de l’inspecteur légendaire, bras croisés, ne décourageant cependant pas le connaisseur qui en trouve presque tout le temps chez les gens. Il se sert comme bon lui semble, étant sa marque de personnalité. Ça déstabilise, fait exprès. C’est sacrément culotté et unique dans son genre. Mentalist, création très originale.


Une fois à l’intérieur, les placards sont fouillés tandis que Columbo finit d’être interrogé. La rencontre du maître est d’un fils spirituel sur certaines similitudes comportementales. Mais deux prototypes uniques dans leur genre.


-Qu’est-ce que vous cherchez jeune homme?


Voix cordiale, éraillée qui le questionne, se retournant subitement, épaté, admiratif de se retrouver devant un enquêteur de légende.


-Du thé. Je cherche du thé.


-En bas, à gauche. Vous avez de la chance. Ma femme en a acheté. En ce moment, elle ne boit que ça. C’est mieux pour la santé, il paraît. Moi, je suis un indécrottable buveur de café noir et fort.


-Et amateur de cigare.


-Mon péché mignon.


Tout en soulignant, le sourire aux lèvres, le mentaliste en vient à fouiller dans le meuble du bas, trouvant une boîte de Lapsang Souchong, s’exclamant.


-Ah! Votre femme et moi avons le même goût.


Il se relève ensuite, s’empare peu après de la bouilloire, la remplit, la posant sur le feu, allumé en même temps.


-Venez vous asseoir ... Monsieur?


-Jane. Patrick Jane.


-Enchanté.


Il s’avance vers l’inspecteur, se serrent la main avant de prendre place pendant que l’eau chauffe.


-Je peux vous poser une question?


-Oui. Allez-y, monsieur Jane.


-Vous êtes inséparable avec votre imperméable. Nuit et jour.


-Je le gardes au pied du lit.


Mon imper, mon imper, où est mon imper? … Ouf! Il est là.”


Réveillé brusquement en pleine nuit, se redressant dans le lit, sa femme couchée à côté, dormant, drap qui recouvre la moitié du visage, la frayeur du lieutenant le poussa à prendre son imperméable, se rallongea, l’étreignant dans les bras, fermant les yeux, rassuré.


-Oh! Mon petit imper! Jamais on ne se quittera. le caressant.


Dans la cuisine, quelques secondes plus tard, Jane se lève, retire la bouilloire de couleur argent, éteint le feu puis sort de sa poche intérieure sa tasse bleue.


-Jamais sans votre tasse non plus, j’ai l’impression. celle-ci pointée par Columbo.


-D’habitude, je la laisse où je travaille. Je me sers chez les proches des victimes quand un crime a eu lieu. Pourtant, je suis sensible à la vue d’un machabé mais le thé c’est ma drogue. Il faut que j’en boive.


-Comme moi avec le cigare. Mais il faut que je m’en débarrasse. Ça incommode. Si je n’ai pas pris mon petit déjeuner car je suis souvent appelé le matin et il m’arrive des fois de me servir une tasse de café chez les gens aussi. Eh! Oui. Les meurtriers préfèrent tuer la nuit.


-Chez nous, au C.B.I, c’est varié. Je dirais que c’est souvent que l’on est appelé dans la nuit, oui ou tard dans la soirée. Quoique on va sur le terrain durant le jour en ce moment jusqu’à aujourd’hui. L’après-midi également. Les tueurs veulent sûrement dormir plus longtemps. Tuer épuise.


Ils en sourient nerveusement, acquiesçant avec ironie.


-A Los Angeles, ils sont beaucoup plus des oiseaux nocturnes. Ça doit aller avec le climat de la Californie. La débauche.


-C’est possible. A Sacramento, les tueurs ne sont pas forcément que des couches tôt. Ils doivent planifier leurs heures.


L’eau frémissante est peu après versée dans la tasse ou la boule précédemment préparée avec les feuilles de thé est plongée, la remuant pour mieux l’infuser. La boule est lancée quelques minces minutes après dans l’évier, réussissant à bien viser, revenant ensuite vers la table.


-Vous n’avez pas laissé une durée nécessaire pour qu’il soit infusé correctement.


-Oh! Ne vous en faites pas. C’est bien assez. Ça ne paraît aux yeux des téléspectateurs mais dans notre réalité fictive, les quelques minutes toutes riquiquies sont comparables à quatre minutes au moins. Je laisse une ou deux voire quelques secondes et je jette. Ça serait trop long. Vous imaginez?


La boule trempe, nage de droite à gauche, de gauche à droite, en diagonal durant trois longues minutes dans le silence.


-C’est pas encore prêt?!


Gros plan sur le consultant qui répond calmement; Non.


Quelques gorgées chaudes sont bues sans attendre, ayant l’air à son goût sans se brûler la langue. La magie de la fiction.
Au moment où la tasse est surélevée, l’inspecteur porte son attention sur l’alliance sans rien dire contrairement à son héritier spirituel, vis-à-vis de l’épouse de celui-ci.


-C’est curieux de ne jamais voir votre femme. Pourquoi? Elle est timide? demande-t-il, le ton jovial, bouche grandement élargie, reposant sa tasse.


-Non. Ma femme ne l’est pas vraiment. Réservée, oui mais pas timide à l’extrême.


Son explication se fait très cordialement, à l’aise, mine chiffonnée, mal rasé, poursuivant.


-C’est juste qu’il n’a jamais été prévu de la voir. Et je crois que ça ferait drôle de me voir avec elle. On n’a pas trouvé utile d’inclure sa présence.


-Mon mari a raison.


Les deux enquêteurs se tournent en direction d’un grand placard encastré d’où provient la voix, retournant par la suite à leur discussion comme si tout était normal. Et ça l’est.


-Et vous? Votre femme?


Jane regarde alors son alliance, les yeux emplis de tristesse, mélancolique avant de relever la tête pour répondre.


-Une fois, quand ma fille était petite, en train d’apprendre le piano avec sa mère.


-Que s’est-il passé?


Très perspicace aussi!


-Elles ont été tuées. Pour me punir, me faire regretter ce que j’avais osé dire. Par arrogance. Et j’ai bien regretté.


-C’est une terrible tragédie qui vous est arrivé.


Le mentaliste détourne le regard, hochant la tête presque d’une manière imperceptible. Refusant d’épiloguer à ce propos, l’homme meurtri est sauvé par le gong. Vivre ce type d’émotion éreinte quand on le joue. PAUSE!


-Jane! Vous pouvez venir!


-Ah! On a besoin de moi. Mais avant d’y aller, nous n’avons pas aborder le sujet. Que pensez-vous du corps qui se trouve dans votre jardin?


-A mon avis, on l’a abandonné car le meurtrier, peut-être, ne savait pas quoi en faire. Sans doute qu’il a été pris au dépourvu et s’en est débarrassé dans le premier jardin le plus accessible pour lui.


Jane étire un sourire modéré, le remerciant, lui resserre la main et quitte la cuisine. Lorsqu’il se retrouve dehors, dans le jardin justement, comme un gosse, il crie à son équipe, fier, rassuré ce que le fameux Columbo en pense.


-L’inspecteur est d’accord avec ma théorie en gros! Vous voyez! Je suis toujours aussi bon!


-Ok, ok, Jane! Venez par ici plutôt!


Le mentaliste s’approche, présenté immédiatement à un autre consultant, privé, aussi brillant que lui ainsi que très connu par sa réputation.


-Jane voici Adrian Monk et son assistante Nathalie Teeger.


Tous se fixent du regard, se jaugeant durant un petit instant sans qu’aucun ne présente sa main.


-Inutile que je tends ma main pour vous saluer. Vu vos tocs. Toujours la phobie des microbes, hein? le disant avec impertinence, le sourire narquois.


-Euh … Oui.


Monk se sent alors légèrement dans un inconfort usuel, l’attitude méfiante, distante surtout à cause de la peur des germes qui lui sauteraient dans la paume, renvoyant une image de quelqu’un de coincé, piégé par surprise. Pour le voir en vrai, comme un enfant facétieux lèvres malicieuses, le mentaliste saisit la main de Monk avec une réactivité déconcertante, lui serrant furtivement tout en la secouant.


-C’est un grand honneur.


Son espièglerie respire d’une façon expressive sur son visage contre une figure grimaçante. Quand la main est relâchée, une lingette est réclamée urgemment.


-Lingette, lingette, Nathalie!


Une est sortie en vitesse, remise rapidement.


-Tenez monsieur Monk.


La main est essuyée, la lingette usagée rangée après dans une poche en plastique, celle-ci ensuite rangée dans le sac de l’assistante en or.


-Vous êtes content?


-Oui. Très!


-Bon! Si on en venait à l’affaire. suggère Lisbon, un peu agacée.


-Bonne idée. Finissons-en.


Sa présence inopinée fait cogiter la matière grise de l’autre consultant. Est-il venu contribuer à l’enquête, apporter ses lumières génialissimes? Ou connaissait-il la victime?

-Vous m’avez plagié.


-Je vous demande pardon?! Jane frappé d’étonnement.


-Ne faites pas semblant de ne pas comprendre.


-Calmez-vous, monsieur Monk.


-Nathalie. Comment voulez-vous que je me calme?! Il a volé ma réplique. C’est un voleur!


L’accusé est désigné de nouveau par Adrian Monk, au comportement infantile, trouvant son accusation excessive, ridicule, n’y comprenant rien.


-C’est absurde, enfin.


-C’est un don et une malédiction. Ça vous rappelle quelque chose?


-Ah! Oui! Ça! C’était pas intentionnel.


-Voleur, voleur, voleur!


-Eh, eh! On se calme!


-Laissez Lisbon. Je vais m’expliquer. Alors ça serait certainement mentir que de prétendre que c’était une coïncidence. Oui et non. Oui parce que j’ai improvisé et non parce que j’étais conscient que ça vous appartenez comme réplique phare. On va pas en faire tout un scandale, n’est-ce pas?


-Si. Mais depuis quand on vole une réplique qui a été écrite pour un personnage, enfin?! C’est la mienne!


-Vous réagissez comme un vrai gamin. Mais je vous aime bien.


Le mentaliste se permet ensuite de tapoter l’épaule de ce cher Monk qui ferme les yeux en grimaçant, paralysé par la transmission de microbes invisibles. Il prononce alors seulement le prénom de son assistante en gémissant.


-Nathalie. Vous avez un briquet?


-Non. Pourquoi?


-Pour que je brûle mon manteau.


-Vous en tout cas, vous ne risquez pas de m’imiter?


-Euh! Désolé de vous interrompre mais si vous voulez, ma femme peut vous le brûler dans la cheminée. propose Columbo, qui prend la parole par surprise.


L’autre consultant hoche la tête, ravalant ses pleurs, les yeux toujours clos, Nathalie se mettant à le guider en lui faisant tenir une lingette, tenant l’autre extrémité quant à elle, lui faisant confiance à l’aveuglette.


Alors qu’ils s’éloignent sous le regard du C.B.I, Jane sourient, Monk émettant un bruit de reniflement.


-Vous sentez le cigare.


-Ça reste imprégné sur moi.


-Vous pouvez me boucher le nez, Nathalie.


-Oui, tout de suite.


Ils entrent par la suite dans la maison en passant par la cuisine, la femme de Columbo qui se tient de dos, s’apprêtant à lui retirer le manteau. Un gigantesque soupir de soulagement de la part de Monk produit un long écho qui s’entend jusque dans le jardin, Rigsby levant à cette seconde l’index.


-Ah! Le manteau va être brûlé.


L’attention tournée en direction de la maison à ce moment, John Le Rouge, au masque hideux et cape noire comme dans Jane contre John Le Rouge, en profite pour sortir du taillis, s’approchant à son tour de sa victime. Évident que c’était lui!


Le sang étant encore frais, il trempe son doigt dedans puis dessine son smiley sur le visage, n’ayant pas pu faire autrement en le négligeant. A cette minute précise, l’équipe se retourne, le prenant en flagrant délit de signature sanglante, le dessin pas complètement achevé.


-J’ai pas eu le temps. Je suis débordé actuellement. Je finis si vous le voulez bien.


Le mentaliste, Cho, Rigsby n’y voient aucun inconvénient, lui permettant par un haussement d’épaule, leur étant égal tout comme Lisbon qui répond oui.


-Ah! C’est sympa.


Le tueur en série chantonne bien pendant son loisir créatif très macabre. Wayne s’en épate.


-C’était plutôt joli sur Lisbon.


L’agent chef fronce les sourcils en grimaçant, n’étant du tout de cet avis.


-Vous plaisantez, Jane.


-Non. Avec vos jolis traits, ça rendait bien.


-Ce sang sur mon visage; c’était dégueulasse. Berk! Répugnant!


-Voilà, j’ai terminé.


John Le Rouge se relève, essuie son doigt avec un mouchoir et les remercie.


-Y a pas de quoi. répondant tous les trois.


Le tueur en série grimpe alors sur une trottinette électrique qui surgit de nulle part, saluant au passage le consultant.


-Bon, ben! Rendez-vous à nouveau à l’ultime duel.


-Eh! Mais c’est vrai. On va devoir s’affronter.


Un sourire sadique se souligne avant de lui lancer que ça sera un véritable jeu de piste.


-Faut que je me mette à jouer à la marelle!


La feuille déchirée précédemment est retirée de la poche de la veste, la déplie, sur laquelle on peut voir un épisode spolié concernant l'affrontement des deux personnages.

-Alors, voyons! Ouais, ça ira. C'est pas encore, ça me donnera le temps de m'y préparer. Ça me va comme scène en tout cas. Même si les téléspectateurs vont sûrement critiquer. Je pense qu'ils attendent un duel explosif. Je vais pas me tracasser la tête avec, on s'en fiche, on en est pas là. Bon! Il se passe quoi maintenant?


John Le Rouge file ensuite, se retournant toutefois, poussant un rire à la tonalité démoniaque. Ce sentiment victorieux alors que rien n’est joué, l’amène droit vers un vol plané quelques secondes plus tard, projeté dans un trou noir, une bouche d’égout ouverte dû à un malencontreux oubli. 



Et tête la première, il plonge, l’équipe du C.B.I entendant un cri strident, immédiat. Celle-ci maintient à cette écoute, une expression de stupéfaction ainsi que de satisfaction, en plus modérée par Cho et très expansive venant de Jane. Bien fait!


**********


Deux minutes après que l’abominable tueur en série ait retrouvé ses esprit, la patinette couchée sur le trottoir, en mauvais état, celui-ci se relève, sonné. Malgré tout, en titubant, il se met à marcher dans le long couloir puant durant cinq minutes avant qu’une lumière verte, perçante ne l’éblouisse inopinément.


Son bras se met instinctivement à protéger ses yeux cachés pourtant par le masque puis lorsque la lumière cesse de devenir luisante, la vision retrouve son confort, non pour longtemps cependant.


Alors que le très très vilain démon se réapproprie une sensation de sérénité, un clown surgit face à lui, sortant également de nulle part. Ça! Ça va mordre!


Le ballon rouge tenu dans la main est lâchée, le clown affichant un sourire carnassier. Ça éclate et disparaît et John Le Rouge en reçoit plein la figure, une couleur uniforme, harmonieuse qui s’accorde au nom du tueur. 

En avoir plein la tronche prend tout son sens littéral à ce moment ou ça schlingue à fouetter les narines dans ce tunnel à pollution odorante. Et comme si ça ne suffisait pas, le super méchant clown, clown diabolique engage un jeu très mordant, sans doigt qui glisse, s’appelant; Croque Le Rouge.


Il a trouvé une menace à sa taille. Du fond des égouts, un hurlement à faire frissonner se répand comme une sirène d’alarme qui parvient aux oreilles du C.B.I. Monk et Nathalie qui ont quitté la demeure de l’inspecteur Columbo, le manteau bien désinfecté, en cendres dans la cheminée, resté à domicile, passent par ici, automatiquement interpellés, s’immobilisant près du trou. Leur tête se baisse, effrayés, se demandant ce que ça peut être.


-Nathalie. Vous pouvez me donner une lingette.


-Pourquoi?


-Donnez-moi en une.


-Bon. D’accord.


Intriguée, son assistante dévouée sort le paquet de son sac, en retire une puis lui passe.


-Tenez.


Celle-ci prise, Monk se rapproche un peu plus du trou, tenant la lingette du bout des doigts avant de l’agiter au-dessus du vide.


-Eh! Oh! Il y a quelqu’un?! Monsieur!


L’écho de sa voix retentit dans la grotte puante, attirant la créature sanguinaire qui s’essuie quant à elle les babines en cruel prédateur qu’il est, s’avançant ensuite vers la petite échelle solidement soudée au mur décoré de déjection organique.


-Eh! Oh! Vous avez besoin d’une lingette peut-être?!


-Monsieur Monk! Enfin!


-Bien quoi? C’est sale, si sale là-dessous. Il y a plein de microbes qui pullulent. le soulignant avec un air de dégoût, rebuté rien qu’à sentir l’odeur nauséabonde qui s’en émane.


-Coucou monsieur.


Monk fronce les sourcils, ne voyant personne, entendant seulement à cette seconde une voix étrange comme désincarnée.


-Qui est là? Je ne vois rien. Vous êtes où?


Le clown carnivore apparaît subitement, salue avec sa main gantée de blanc, l’expression farceuse. Les quenottes vampiriques se sont rétractées, laissant place à une apparence plus normale.


-Un clown? Vous êtes un clown?


-Oui.


-Mais vous vivez là-dedans?


-Oui. Et on flotte, on flotte tous.


A cet instant, Monk pointe le coin de sa bouche, grimaçant encore, allant d’une remarque qui va rendre service.


-Vous, vous avez … Un peu de … Un peu de …


-De sang, oui. Et frais.


Les canines menaçantes se révèlent, la figure du clown se modifie, enlevant le masque quant à lui.


Quelle bouche tremblante dégueulasse!


-Ah! Bon, bien. Vous voulez la lingette? Vous pourrez vous débarbouiller. mimant le nettoyage sur ses lèvres.


La lingette est proposée alors, convaincant le clown de la prendre.


-Oh! C’est pas de refus.


Celle-ci est ensuite portée autour de la bouche, la nettoyant avant de rendre la lingette tâchée de rouge.


-Euh!? Non. Gardez-la.


Quelques secondes auparavant, en entendant le hurlement, chaque membre du C.B.I alla de son commentaire, tombant par la suite tous d’accord, Jane haussant les épaules.


-Il a été croqué tout cru. OohÇa a dû faire mal!


La grimace est la star du jour, acquiesçant.


Oooh! Que ça a dû être douloureux! Miam, miam, miam, miam!


Une orgie de beurre de cacahuète humain. Un repas tout en couleur, de chair, de sang.


Puis tout d’un coup, un os, apparemment pour chien, s’exhume comme un grand, faisant néanmoins trembler le sol terreux tandis que Van Pelt arrive à cet instant, ravie.


-Oh! Vous êtes là.


-Alors? Le chien de Laroche? questionne Lisbon contente de la voir et pas que.


L’agent pointe soudainement l’os, le regard fixe, ses collègues suivant la direction de son index.


Non seulement le gros n’os n’os a bien émergé mais la terre commence à s’affaisser avant que le sol ne se creuse surnaturellement. Une patte blanche à poil frisé se montre peu après, suivi de l’autre puis d’une tête de chien qui s’extirpe avec une force surréaliste. Le chien signale sa présence par un frêle aboiement avant que celui-ci ne se dépêtre du sol glissant sans bobos.


-Mais c’est pas le chien de Laroche? se stupéfait Rigsby.


-Si. Ça m’en a tout l’air.


Plus certaine que lui ne l’est, Lisbon, le sourire esquissé, s’accroupit, accueillant le mignon toutou en tendant la main, le bout des doigts léchés par la gentille bête. Il se dirige par la suite vers Van Pelt qui le prend dans les bras, racontant son aventure.


-Ce matin, tôt, Laroche a été balader son chien, il est rentré avec comme à son habitude puis une heure après, en voulant lui donner à manger, son chien n’a pas accouru vers sa gamelle comme il le fait à chaque fois. Quand Laroche a compris que c’était anormal, il a commencé à le chercher et comme il ne l’a pas trouvé, il a fait appel au C.B.I.


Deux heures et des poussières auparavant.


Lorsque Van Pelt arrive sur les lieux, au domicile du maître dépité, se tient le visage dans les mains, assis sur le bord de son fauteuil, dans le salon. Un morceau de papier est ensuite remis à l’agent compatissant.


-Je l’ai trouvé près de sa gamelle.


-Vous croyez qu’on l’a kidnappé réellement?


-Lisez.


Intrigué, soucieux, ses yeux se posent alors sur la première ligne, parcourant le message.


Papoudinou. En creusant hier soir, j’ai découvert que mon os avait disparu et je suis parti à sa recherche après que tu m’aies baladé. Ne t’inquiètes pas mon papoudinou. Je reviendrai.


Slap.


A la lecture du mot, Van Pelt fronce les sourcils, louchant sur les phrases, celles-ci incompréhensibles.


-Euh? Je … Je m’excuse mais ça ressemble à du langage canin. Je ne comprends rien.


En terme de clarté, elle fait appel à cette seconde au traducteur, impliqué dans ce langage.


Des oufs, oufs à la file qui composent une série de code correspondant à un rythme concernant l’assemblage de lettres cohérentes suivant le nombre de oufs. Quatre, cinq sur la première varient du petit au moyen pour les autres lignes. Spécial vous avez dit spécial?


Le seconde difficulté qui s’impose est; Où chercher?


Face au désarroi de Laroche, l’agent se montre déterminé à retrouver son bébé poilu, peinée pour lui. Mais les recherches s’avèrent plus tard vaines avant que le miracle ne se produise heureusement.

***********


L’homme ou plutôt le cadavre qui a été retrouvé chez Columbo, est le responsable du vol de l’os. La victime était très particulière, vraiment très très particulière. Un phénomène de la trempe extraterrestre de la famille des complètement déglingués, allumés, jetés, tous les synonymes qui signifient un seul adjectif du même sens; Taré! Avec un T géant.


Le place de ce type aurait dû se trouver dans un asile pour fou sévèrement atteint.


Dans la nuit, le chien était descendu pour un encas nocturne et avait aperçu en s’arrêtant face à la porte fenêtre un homme en train de creuser comme un chien très vigoureux. Ne pouvant sortir, le pauvre petit toutou écarquilla les mirettes, la gueule béante. Une fois déterré, le voleur repartit l’os dans la bouche en courant à quatre jambes tandis que le chien se sentait frustré de ne pas pouvoir le courser.


Il lui aurait bien mordu le postérieur afin qui le lâche et puisse le récupérer.


Cependant, l’homme fut poursuivi beaucoup plus tard par un molosse qui avait lui par contre sauté la haie de sa demeure. Trouvant certainement alléchant ce qui était entre les dents. Pour lui échapper, il se dirigea donc dans le jardin de Columbo et se cacha dans un coin sombre du jardin. L’homme se sentant en sécurité, sentit toutefois, là, une respiration lente, tiède qui semblait souffler derrière lui.


Il tourna la tête, l’os toujours dans la bouche puis ses yeux firent une syncope quand il vit cette tête de smiley sinistre. Égorgé par la lame tranchante, en une seconde. L’homme s’écroula sans lâcher toutefois l’os avant que John Le Rouge ne tente de lui retirer. Et il y en a eu des tentatives, s’y acharnant pour lui expulser.


-C’est la poisse avec lui!Qu’est-ce qui m’a pris de le choisir comme victime en le suivant depuis chez lui?! Un timbré de plus dans la nature. J’en avais marre, j’ai voulu changer et voilà le résultat.


Quelle ironie!


-Tu vas le cracher ton os, bordel!


En forçant davantage comme un forcené, celui-ci fut éjecté, atterrissant sur une nappe terreuse, gloutonne qui l’engloutit d’une traite. Néanmoins, ne se déroulant pas comme il aurait fallu, son mode operandi saboté, la suite des opérations furent contrecarrée quand il entendit la voix de Columbo appeler son chien qui était sorti dans le jardin par la chatière.


-Merde!


Le zigouillé fut poussé alors, roulant jusqu’à l’endroit où le corps fut retrouvé, le tueur en série disparaissant comme un spectre. Par son flair de super canin, celui-ci le conduisit sur sa piste, informé par le molosse doberman en passant devant la propriété.


-Ouf, ouf, ouf, ouf!


En décodé; Tu n’aurais pas vu un humain à quatre pattes avec un os dans la gueule?


-Ouf, ouf, ouf, ouf, ouf, ouf.


-Si, je lui ai couru après mais je l’ai perdu de vue. Va voir plus loin.”


S’abstenant de dire qu’il aurait bien piqué son os, la bave suspendue encore au coin de la bouche.


Le mignon toutou repartit en trottinant, son odorat le guidant peu après vers la maison de Columbo puis s’approcha du périmètre où l’os avait été avalé.


Le désirant plus que tout, le courageux cabot, plongea dedans après avoir attaché un bandana rouge autour de sa tête, une petite pelle à la patte, ces deux apparaissant comme par magie comme dans un cartoon.


Prêt au combat! L’os est à moi!”


Et hop! Exploration souterraine, guidé ensuite par la torche d’une taupe, totalement abracadabrant comme aventure, farfelue mais drôle à imaginer. Les animaux sont très intelligents.


En racontant cette péripétie absurde, le regard des collègues en devienne hébété de nouveau jusqu’à ce que Rigsby réagisse.

-Ça m’a donné faim.


-Un os t’a donné faim?! se stupéfait à son tour Cho, grimaçant, n’étant le seul.


-Ouais.


-Faut que t’ailles consulter mon vieux!


Rigsby hausse les épaules, s’en foutant. Columbo revient alors à cet instant afin de savoir si il y a du nouveau, l’essentiel de la résolution de l’affaire lui étant résumé tandis que l’estomac du gaillard le pousse à insister sur son petit creux.


-Je mangerais bien quelque chose. Non mais sans blague.


-Ah, ben ça tombe bien! Tenez, j’ai trouvé ça. C’est mon chien qui me l’a ramené il y a cinq minutes. C’est quoi à votre avis?


-Oh! Quelle horreur! C’est un doigt, non?


La vision de cette horreur violente fait tourner par contre l’estomac de Lisbon qui a bien deviné ainsi que celui de Van Pelt, Jane, Cho sauf celui de leur ami qui le prend, l’inspectant sous toutes les coutures.


-Ma foi!


Le doigt est alors pris dans la bouche, tenu entre les dents également, puis subitement décampe sur ses quatre membres, suivi par le chien de Laroche, Columbo sans oublier le doberman qui prend la course au vol en les voyant passer devant chez lui.


-Votre collègue est en grande forme.


-Oui. Il a besoin de se défouler. répond avec normalité le consultant.


Un comportement de tout ce qu’il y a de banal.


-Merci d’avoir résolu l’affaire.


-De rien, monsieur Columbo.


Lisbon et l’inspecteur se serrent la main puis l’équipe repart tranquillement, n’ayant l’air de se préoccuper de leur coéquipier qui continue à courir comme un jeune fou. Ridicule, vous avez dit ridicule? …


La conclusion de cette histoire? Aucune. Ce fut juste une folie délirante [les hommes majoritairement touchés.]


Pouvoir aux chiens! Qu’est-ce qu’on ne ferait pas faire aux humains! Bande d’idiots!



Bonus!


Il y en a toujours. Scène inédite non diffusée ...

Réconciliés, si on veut, les deux consultants, genoux à terre se mirent en compétition afin de tirer une constatation officielle. Qui l'un des deux étaient le plus malheureux?

En pleurs, Monk Et Jane crièrent le prénom de leur défunte épouse, une démonstration que l'on aurait pu juger de pathétique, le jeu caricaturalement surjoué, se parodiant eux-mêmes.


-Trudy!


-Angela!


[ Excès de pleurs, repliés sur leurs genoux, mains sur la terre. Et ça dure pendant des minutes sous le regard consterné du C.B.I ainsi que de Columbo, Nathalie et des deux chiens restés présents.]


Monk, le visage trempé, relève la tête, observe ensuite la paume de ses mains, grimace en abus qui se dessine avant de se retourner vers son assistante.


-Pitié! Une lingette.


-Lisbon …


Les deux implorent leur pilier de soutien émotionnel, n'éprouvant étrangement d'un coup de l'empathie, compassion, en ayant ras-la-cafetière. Girl Power! Synchrones.


-Oh! Vous avez qu'à vous démerdez! On en a marre de vos pleurnicheries. Démerdez-vous!


Une lingette est toutefois balancé comme le magazine, les filles s'en allant bras dessus, suivies de l'équipe, Columbo chronométrant comme proposé par les deux enfants de la tragédie vécue.


-Qui a gagné alors? demande-t-ils ensemble.


-Aucun. Vous êtes lamentables tous les deux.


Le chronomètre est jeté à terre, regardant l'inspecteur rentré ensuite, tous deux encore à genoux avant de se mettre à creuser sans raison. Ou si. En signe de solitude éprouvée. Et ils creusent profondément.


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We all have a weakness/Nous avons tous une faiblesse

But some of ours are easy to identify. Look me in the eye,/Mais il est facile d'en identifier certaines. Regarde-moi dans les yeux,



And ask for forgiveness./Et demande la rémission.

We'll make a pact to never speak that word again./Nous ferons un pacte pour ne plus jamais parler ce mot encore une fois./

Yes, you are my friend./Oui, tu es mon ami.

We all have something that digs at us,/Nous avons tous quelqu'un qui creuse en nous,

At least we dig each other./Au moins nous nous creusons.

So when weakness turns my ego up/Ainsi quand la faiblesse monte en moi

I know you'll count on the me from yesterday./Je sais que tu compteras sur le moi d'hier.



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Note: Incubus Dig. Oui, encore alors que c'était pas prévu mais j'ai trouvé que le texte allait bien pour le bonus. Une gaieté liée à un peu d'émotion.😁

N'hésitez pas à dire ce que vous avez pensé de cette parodie.